Lecture / Ecriture
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La douce colombe est morte de Barbara Pym

Barbara Pym
  Des femmes remarquables
  Une demoiselle comme il faut
  Crampton Hodnet
  Adam et Cassandra
  Un brin de verdure
  La douce colombe est morte
  Comme une gazelle apprivoisée
  Jane et Prudence
  Quatuor d'automne

Barbara Mary Crampton Pym est une écrivaine britannique née en 1913 et morte en 1980.

La douce colombe est morte - Barbara Pym

Atout charme
Note :

   Titre original: The Sweet Dove Died
   
   Léonora, quasi quinquagénaire, londonienne, mène une vie douce et protégée, indépendante et sans soucis d'argent. Avec elle, les messieurs (y compris les chauffeurs de taxi) sont "adorables". Séduisante, sachant s'habiller, la classe, quoi. Lors d'une vente aux enchères elle rencontre Humphrey, la soixantaine, propriétaire d'un magasin d'antiquités, et son neveu James. Une "affaire" entre Léonora et Humphrey serait plausible, mais Léonora prend plaisir à la fréquentation de James... Le beau James trop gentil qu'elle manipule à loisir, se rendant coupable pour l'avoir près d'elle d'une méchanceté (qui se révélera gratuite et inutile) mais saura-t-elle le garder pour elle?
   
    "Maintenant, il [Humphrey] pouvait s'avouer qu'il avait toujours eu des doutes quant au sexe des amants de James. (...) Or cette personne était indiscutablement une fille. Il avait mis ses lunettes pour s'en assurer, car ce n'était pas toujours facile à dire à l'époque où l'on vivait."

   Un héros plutôt bi, comme ne le dit pas Barbara Pym, qui l'eut cru, dans cet univers douillet et feutré où les tasses de thé se remplissent à grande vitesse...
   
   Encore une fois chez Barbara Pym, l'on se demande bien où elle nous mène; l'héroïne est une femme seule, même si elle possède de nombreux amis et a eu vraisemblablement une vie amoureuse. Se sentir adulée et choyée lui suffit et elle désire bien égoïstement que cela dure, quitte à éliminer en douceur les obstacles. Léonora n'est pas si sympathique, mais de beaux et courts passages révèlent que son refus de reconnaître qu'elle vieillit ne pourra être complètement tenu à l'écart. Ce roman feutré et doux en apparence contient pas mal de cruauté, que ce soit de la part de Léonora ou de Ned (beau duel entre eux)
   
    Très british "Il avait pensé que ce n'était peut-être pas l'endroit où l'on souhaitait voir habiter sa mère." (à Putney)
   
    Dans sa préface René de Ceccaty écrit:
    "La jubilation que le lecteur ressent à la lecture des romans de Barbara Pym s'explique, bien sûr, par leur humour et leur finesse psychologique, mais aussi par cette structure spécifique de l'analyse intérieure : avec un art subtil de la dérision, Barbara Pym fait sombrer ses protagonistes dans un brouillard, dont de menues révélations les délivrent. Cela implique que la trame anecdotique soit infime, mais que les coups de théâtre psychologiques soient innombrables, un peu à la manière d’une romancière américaine qui lui doit beaucoup, Alison Lurie, ou encore de sa contemporaine Elisabeth Taylor
."
   
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critique par Keisha




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L’art de la dérision
Note :

   Mon numéro deux c’est une Douce colombe à qui la vie joue un mauvais tour, lors d’une vente aux enchères elle fait la connaissance de deux hommes : James et Humphrey, deux antiquaires.
   
   Léonora est une belle femme qui aime le luxe, la beauté, la cuisine raffinée et les fleurs.
   
   Elle a du goût Léonora, il n’y a qu’à voir son appartement, ce qui est bien pour plaire à ses deux chevaliers servants.
   
   Seulement voilà, chez Barbara Pym rien n’est jamais parfait alors les sentiments se portent souvent là où il ne faut pas, entre un Humphrey de sa génération et le un peu trop jeune James, pour qui croyez vous que Léonora a un penchant ?
   
   Cette douce colombe va se révéler machiavélique, manipulatrice et un rien perverse, prête à affronter Ned qui a pris une place bien trop importante dans le cœur de James.
   
   Tout l’art de la dérision et du sous-entendu où excelle dame Barbara.

critique par Dominique




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