Lecture / Ecriture
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Le maître des illusions de Donna Tartt   

Donna Tartt
  Le maître des illusions
  Le petit copain

Le maître des illusions - Donna Tartt

Thriller
Note :

   Difficile pour moi de qualifier ce roman de «policier» car s’il y a bien intrigue, il n’y a pas signe de police avant les dernières pages. Je le qualifierais de «thriller».
   
   Tout commence bien gentiment par la petite vie plate et routinière de Richard, qui en a assez de cette vie justement et qui profite de l’occasion de son entrée à l’université pour s’éloigner le plus possible de son environnement natal. Sans grands moyens financiers, mais avec un bagage intellectuel assez probant il se retrouve boursier dans une grande université californienne.
   
   Ses facultés intellectuelles lui ouvriront les portes d’un cercle très fermé d’étudiants issus de la grande bourgeoisie et d’un professeur reconnu mais mis à l’écart par ses collègues. Cette place tant espérée lui faire découvrir un monde fait de drogue, d’alcool et d’étranges pratiques. Richard va finir par être soupçonneux, persuadé qu’on lui cache des faits terribles et inavouables. Il va chercher à tous prix à savoir ce qu’on lui cache, quitte à en perdre son innocence. Il va se retrouver entraîné malgré lui dans un engrenage sans issue, aussi captivant qu’effrayant.
   
   Toute l’histoire est menée d’une façon très soutenue avec sans cesse de nouveaux rebondissements. Les personnages sont très troubles et très difficiles à cerner, on ne sait jamais à qui se fier. Ce roman est teinté de trahison, de suspense, d’inattendu, de retournements de situation, bref on ne peut pas s’ennuyer en le lisant même s’il fait plus de 700 pages.
   
    Encore un thriller très prenant, très captivant et très dérangeant, avec une intrigue vraiment très recherchée et bien construite, on n’y trouve aucune faille…
   
   Effarant de sournoiserie et palpitant, au sens propre du terme…
   ↓

critique par Mme Patch




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De l’encre distillée au scalpel :
Note :

   Anatomie de l’esprit, nécessité de l’impensable.
   
   Ma passion pour la littérature américaine contemporaine est particulièrement vivace en ces temps estivaux. Le soleil, le sable fin, les vagues qui écument les illusions, la corrosion des masques… L’été se prête aux lectures qu’automne ou hiver n’auraient pas permis de tenter, prudents qu’ils sont ; des pluies diluviennes d’octobre aux gelées de mars, seuls les érudits ont leur place sur mon chevet d’étudiant.
   
   Le mois d’août emportant avec lui toute mauvaise conscience – pourquoi un nouveau roman alors que ces colossaux traités de théorie du droit attendent depuis des siècles sous un amas de poussière ? – me voici lancé dans ce roman, déniché par le plus grand des hasards. Un titre accrocheur, une quatrième de couv’ pour une fois présentable.
   
   En aparté : quand la maison Folio se décidera-t-elle à comprendre que quelques lignes prises au hasard, aussi brillantes fussent-elles, placées derrière un livre inconnu n’attireront jamais de nouveaux lecteurs vers des pages qui leurs sont étrangères ?
   
   Trêve de digressions : Donna Tartt est une plume brillante. Voilà qui est dit, tout de go. Et cela pourrait me suffire à sauter sur le bouquin. Pas vous ? Bien, j’insiste alors.
   «Le maître des illusions» nous présente une bande d’étudiants un peu particulière du campus d’Hampden, dans le Vermont. Ils ont cela de particulier qu’ils sont sept disciples d’un unique professeur chargé de les conduire vers un diplôme de grec ancien. Sept étudiants, un professeur, un bureau. L’histoire est narrée par Richard, un brave Californien innocent, tout de blanc immaculé, à qui il faudra un temps infini pour comprendre que les façades qui l’entourent ne sont que de paille, un monceau d’illusions.
   
   Qui tire les rennes ? Julian, le prof un peu étrange – on ne peut s’empêcher de penser à Robin Williams dans Le cercle des poètes disparus. Henry, l’énigmatique tête du groupe, riche, généreux mais impénétrable ? Francis, la bonne épaule sur qui chacun se repose un peu ? Charles et Camilla, les jumeaux dont la beauté est sans pareille et les manières irréprochables ? Bunny, le cancre gouailleur que tout le monde aime bien malgré tout ?
   
   Il faut reconnaître que l’exposition est un peu longue. Richard, le narrateur un candide, débarque sur le campus en cursus normal avant de rejoindre ce groupe. Une étude approfondie du climat et des habitudes autochtones nous offre une comparaison très fournie Californie / Vermont. Et les caractères se dessinent. Avec précision mais aussi avec confusion parfois. Sept protagonistes, c’est beaucoup. Et une foultitude de personnages secondaires récurrents – il faut bien tout ce monde pour remplir sept cents pages. Il ne faut pas attendre ce que l’analyse stylistique désigne schématiquement comme « l’élément modificateur » de la situation initiale avant un très gros quart du bouquin. Et s’y repérer parmi les portraits avant ce moment peut s’avérer ardu mais s’accrocher vaut le coup : l’intrigue se révèle passionnante, haletante.
   
   Donna Tartt décrypte avec une minutie inégalée les rouages du crime – lequel, ne comptez pas sur moi pour vous le dire ! L’indicible devient le nécessaire, l’impensable se révèle incontournable, inexpugnable. Et tout cela pratiquement en temps réel, sous sept points de vue au moins et à travers les yeux d’un narrateur irréprochable : au départ neutre, parfaitement innocent, un tantinet manipulé, un chouya couillon sur les bords.
   
   C’est une œuvre magistrale dont l’adaptation cinématographique, prévue depuis un moment, se fait attendre. Un grand moment de lecture, une épopée moderne intelligente et longtemps mûrie – l’auteur aura mis dix ans à l’écrire. N’en mettez pas autant à le lire.
    ↓

critique par Kassineo




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Bis repetita placent
Note :

    Résumé
   "Introduit dans le cercle privilégié d'une université du Vermont, un jeune boursier Californien s'intègre peu à peu à un petit groupe d'étudiants de la grande bourgeoisie.  Il découvre un monde insoupçonné de luxe, d'arrogance intellectuelle et de sophistication, en même temps que l'alcool, la drogue et d'étranges pratiques sataniques. Très vite, il pressent qu'on lui cache quelque chose de terrible et d'inavouable, un meurtre sauvage et gratuit qui l'entraîne, lui et ses camarades, dans un abîme de chantage, de trahison et de cruauté".
 
    
   
   Commentaire
   Je le dis et je le répète, ce livre reste mon livre préféré! Bon, il reste qu'il est tout plein de souvenirs, qu'il me rappelle l'époque de ma vie où je l'ai lu 22 fois dans l'année. Je ne sais pas si je ressentirais la même chose si je le lisais pour la première fois maintenant mais à chaque fois, ça fonctionne!! Bon, ok, à ma première tentative, j'avais abandonné après 30 pages! Mais quand j'ai poursuivi, quelle découverte!!
   
   Richard Papen est un jeune homme de 20 ans, déçu par sa vie monotone où rien ne semble avoir de sens, au sein d'une famille qui s'en fiche un peu... ou beaucoup. Il s'inscrit sur un coup de tête à l'université de Hampden dans le Vermont - parce qu'il aime la brochure - petit collège privé libéral, bien éloigné de sa Californie natale. Il se trouve bien vite sorti de la vie universitaire "ordinaire" pour être admis dans le petit club sélect qu'un professeur de grec ancien, Julian Morrow, choisit selon ses propres critères pour être admis dans ses cours. Tout de suite au début du roman, on sait qu'ils ont tué l'un des leurs. On sait pas mal comment. Reste à savoir ce qui les a menés là. 
   
   Le roman est baigné d'une atmosphère sombre, hautement romanesque. Richard Papen, le narrateur, a inscrit ces événement dans une bulle verdoyante et chatoyante qui s'assombrit terriblement mais qui le fascine toujours. Si la première partie raconte les évènements qui mènent au meurtre, la seconde évoque la descente aux enfers des personnages torturés, leur combat contre la culpabilité, leur tentative de retour à la vie normale après l'intensité ressentie auparavant, alors qu'ils avaient ce sentiment d'être éternels.
   
   Aucun de ses personnages n'est le jeune adulte typique, d'ailleurs. C'est Bunny qui était le plus "normal" d'entre eux. Et peut-être Richard, malgré son mal-être mais il nous semble étrangement extérieur vu qu'il n'arrive qu'un an après les autres au sein de ce petit groupe. Henry, Francis, les jumeaux Charles et Camilla... tous ont un côté hors-norme, vulnérable (sinon bon, Julian n'aurait pas eu tant d'influence sur eux) et un désir d'extraordinaire qui me fascine à chaque fois. J'ai été triste pour chacun d'eux, marqués à jamais par cette année universitaire qui sépare d'un gouffre l'avant et l'après et tentant tant bien que mal de reprendre pied dans le présent qui semble bien terne.
   
   Ce genre de roman-bulle me plaît à chaque fois. De plus, le style de Donna Tartt, très visuel et descriptif, me plaît beaucoup, ce qui n'est pas le cas de tous . À chaque lecture, je me désole de l'avoir fini et, comme je le disais, j'ai besoin de quelques jours à m'en remettre tellement les désillusions et la mélancolie viennent me chercher! C'est que j'avais l'impression de connaître un peu chacun d'entre eux...
   
   Bref, ça reste et ça demeure un coup de cœur!!  
   Définitivement le livre que j'ai le plus lu dans ma vie. À chaque fois que je le rouvre, je vis littéralement dans cette illusion de monde où cette petite communauté de quelques personnes ont élu domicile. Chaque personnage me fascine et l'atmosphère m'envoûte. Le style d'écriture me plait particulièrement; les détails réalistes nous portent à croire que ce sont de réels souvenirs. Chaque personnage est marqué, à sa façon par les évènements et jonglent avec leur culpabilité et leurs motifs comme ils le peuvent. Aucun d'eux n'est vraiment sorti de cette année intense à côté de laquelle le reste de leur vie semble morne...
   
   A chaque fois que je le referme, j'ai besoin de quelques jours pour sortir complètement de cette mélancolie. Je me sens un peu comme dans le roman, quand le narrateur est sorti de ce petit monde clos dans lequel il vivait depuis tout ce temps et qui se dit "et après??". Je crois avoir un goût particulier pour ce genre de narration au "je" qui relate des souvenirs et une époque regrettée. Roman noir, désillusionné...  J'ai adoooooooré!!!!!
   
   Titre original: The secret history

critique par Karine




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