Lecture / Ecriture
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Les prostituées de Guy De Maupassant

Guy De Maupassant
  Boule de suif
  Le rosier de Madame Husson
  Le parapluie et autres nouvelles
  Mademoiselle Fifi et autres nouvelles
  Clair de Lune et autres nouvelles
  Pierre et Jean
  Bel-ami
  Le Horla
  Toine et autres contes
  L'héritage
  Chroniques cauchoises
  Monsieur Parent
  M comme: Le Horla
  Les prostituées

* On peut voir la fiche "Du roman considéré comme un des beaux-arts"

* J.S Bordas a fait une adaptation en bande dessinée de la nouvelle de Maupassant "Le Docteur Héraclius"

Les prostituées - Guy De Maupassant

Les fleurs du mal
Note :

    Lire ou plutôt relire Maupassant, les fidèles lecteurs de mes chroniques se poseront la question du pourquoi. Pourquoi pas ? J’adore les nouvelles et cet auteur est un des maîtres français de ce genre littéraire.
    En plus il me semble que sous ce titre se cachent des histoires qui ne doivent pas être très éloignées dans l’esprit de celles que contenaient les "Contes grivois" lus il y a très longtemps.
   
    Un ouvrage très complet, avec une préface de Daniel Grojnowski, une chronologie, une bibliographie sélective, des notices et notes.
   
    Onze textes dans un recueil divisé en trois parties, "Duos", "Ensembles", "Partenaires". Mademoiselle Fifi, L’Odyssée d’une fille, Le lit 29, L’Armoire, Le Port, Boule de suif, La Maison Tellier, L’Ami Patience, Ça ira, Nuit de Noël et Les Vingt-Cinq Francs de la supérieure.
   
   "Mademoiselle Fifi" est le premier texte présenté, la demoiselle en question est un peu ambiguë, et la fille de joie résistante pleine de courage.
   
   "Le Lit 29" raconte l’histoire d’un militaire et de sa maîtresse… Or celle-ci a tué plus de Prussiens que son amant !
   
   "L’armoire", la triste histoire d’une fille de joie qui habite un petit logement mais qui a un jeune garçon de 12 ans… pas évident lorsque l’on a un client pour la nuit !
   
   "Boule de suif", nous parle de l’ingratitude humaine vis-à-vis de cette jeune prostituée, une histoire universelle et hélas tellement courante ! Pauvre fille qui est malgré tout le personnage le plus logique avec elle-même de cette tragédie.
   
   "La maison Tellier" nous transporte à la campagne à la suite des pensionnaires d’une maison close en route pour une communion ! Un voyage plein de surprise et de gaieté !
   
   "L’ami Patience" a réussi dans la vie, et pourtant il a commencé petit son entreprise… mais il a trouvé du personnel dans sa propre famille.
   
    Des femmes plutôt sympathiques et attachantes malgré leur vie souvent dissolue. Je préfère par exemple Irma à ce militaire prétentieux dans "Lit 29", on ne peut qu’être attristé par cette pauvre jeune fille prématurément usée qui raconte son "Odyssée"avec une résignation désarmante. Un frère et une sœur se retrouvent dans "Le port", endroit de débauche s’il en est ! Une marchande de tabac qui retrouve un ami de jeunesse, un homme qui ne veut plus fêter le réveillon de Noël et cela peut se comprendre, tous les natifs de cette nuit ne sont pas de divins enfants !
   
    C’est très bien écrit et très agréable à lire. Un retour dans le passé, autres temps, autres mœurs !
   
    Le classement des nouvelles par thèmes est en soit discutable, car cela donne des recueils manquant souvent de diversité, malgré la qualité des textes proposés.
   
    Extraits :
   
   - Il galantisait en français du Rhin ; ces compliments de taverne, expectorés par le trou des deux dents brisées, arrivaient aux filles au milieu d'une mitraille de salive.
   
   - Une poussière d'eau voltigeait plutôt qu'elle ne tombait, voilant les becs de gaz, attristant la rue. Le trottoir lui-même, gluant plus que mouillé. Les gens pressés ne regardaient rien.
   
   - Il présentait vraiment le type du bel officier des hussards.
   
   - Un soir de l'hiver dernier, je fus pris soudain d'une de ces lassitudes désolées, accablantes, qui vous saisissent l'âme et le corps de temps en temps.
   
   - La fête fut complète ! Quatre heures durant, les dix matelots se gorgèrent d'amour et de vin. Six mois de solde y passèrent.
   
   - Pendant plusieurs jours de suite des lambeaux d'armée en déroute avaient traversé la ville. Ce n'était point de la troupe, mais des hordes débandées.
   
   - La Comtesse surtout montra cette condescendance aimable des très nobles dames qu'aucun contact ne peut salir, et fut charmante.
   
   - On allait là, chaque soir, vers onze heures comme au café, simplement.
   
   - La pièce était richement meublée, mais avec une prétention de parvenus polissons.

critique par Eireann Yvon




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