Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Les Pincengrain de Marcel Jouhandeau

Marcel Jouhandeau
  La jeunesse de Théophile
  Les Pincengrain
  Chaminadour
  La Vie comme une fête : entretiens

Marcel Jouhandeau est un écrivain français né en 1888 et mort en 1979.

Les Pincengrain - Marcel Jouhandeau

Chaminadour, la suite
Note :

   Jouhandeau semble ici chercher sa voie. Il abandonne l'autobiographie amorcée dans La jeunesse de Théophile, cède encore une fois à la tentation du récit fractionné en petits éclats mais tourne son regard vers les autres. Il commence à utiliser les carnets pleins de notes, croquis et photos de ses contemporains qu'il a remplis au cours de sa jeunesse guérétoise. Les Pincengrain est une galerie de portraits, une succession de récits plus ou moins réussis qui ont donc en commun le cadre provincial de la petite ville de Chaminadour et une population fruste, grossière, sale, inculte dont le traitement, c'est sûr, n'a pas dû plaire aux Guérétois. C'est avec Les Pincengrain d'ailleurs que le scandale a commencé (Max Jacob écrit à l'auteur qu'il a vu des "hordes de paysans groupés devant la maison" de son père), et on irait bien voir à Guéret aujourd'hui si les livres de Johandeau sont en vitrine des librairies. Jouhandeau raconte toujours la même histoire : du fumier de Chaminadour parvient à émerger une fleur, un humble (un fou, une fille à cent sous, une innocente, une pauvre vieille) parvient à la grâce, à la sainteté au grand dam des voisins, parents, amis et bigots de l'entourage. C'est, répétons-le, assez inégal, Jouhandeau ne parvient pas toujours à éviter le mysticisme échevelé qui a marqué ses premières années mais certaines histoires sont très réussies et, parmi celles-ci, "Mademoiselle Zéline" est une pure merveille. Jouhandeau y abandonne son style haché, y laisse courir sa plume et livre un récit qui aurait sa place dans un recueil de Maupassant.
   
   Extrait.
    "Un jour, Eliane vient vers sa mère et lui dit : "Je veux être religieuse."
   Sa mère pensa : "En voici une qui ne mourra pas de faim."
   
   Elle lui répondit : "Choisis plutôt un ordre cloîtré. On ne voit pas clair avec ces cornettes. Je ne serais pas tranquille. Tu te ferais écraser par une auto."

critique par P.Didion




* * *