Lecture / Ecriture
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La mort du Petit Cœur de Daniel Woodrell

Daniel Woodrell
  Chevauchée avec le diable
  La mort du Petit Cœur

Daniel Woodrell est un écrivain américain de romans policiers, né en 1953 dans le Missouri.

La mort du Petit Cœur - Daniel Woodrell

Le cœur gros !
Note :

    Après la lecture de "Chevauchée avec le diable", roman que j’avais bien aimé (western se déroulant pendant la Guerre de Sécession), j’attaque un nouveau titre de cet auteur. Le contexte est très différent ; il s’agit d’un roman contemporain se déroulant dans la région du Plateau des Orzark.
   Shug, une fois la frontière de l’Etat passé, doit repeindre le camion de Red, qui n’est pas très content de lui, le gros lard comme il l’appelle. Red s’apprête à le corriger mais Glenda fait un rempart de son corps pour éviter que son fils soit frappé, même si elle doit s’offrir pour que les choses rentrent dans l’ordre…
   
   Shug et sa mère habitent près du cimetière où elle travaille. Red passe de temps en temps, Shug n’est pas son fils qui se nomme Morris, le vrai géniteur de l’enfant était surnommé "Le Baron".
   Shug est pour le moins enveloppé et surnommé "Gros lard". Sa mère par contre l’appelle "Petit cœur" et a un comportement ambigu à son égard pour son âge. Ses tenues et ses gestes sont parfois troublants, ses shorts sont trop courts…
   
   "Petit cœur" est contraint d’accepter de cambrioler des logements vides, de voler tout ce qui a une quelconque valeur, en particulier les drogues et autres médicaments qui se trouvent sous sa main ! Et pour cela il n’est jamais récompensé !
   
    Mais un jour il se fait prendre en flagrant délit par la police… Un homme élégant, Jimmy Vince, avec une superbe voiture, bien sous tous rapports apparaît dans le paysage.
   
    Red revient d’une mystérieuse virée, il offre à Glenda une superbe chemise en pure soie, les poches pleines d’argent. Il les invite au restaurant, mais il s’arrête avant dans un tripot où il perd tout… même le chemisier… qu’il arrache des épaules de Glenda.
    Celle-ci téléphone à Jimmy qui s’empresse de venir les chercher.
    Et entre lui et Glenda ce qui devait arriver arriva, surtout que Red a disparu bien opportunément !
    Glenda et Jimmy décident de partir ensemble laissant Shug à sa grand-mère.
    Sauf que….
   
   Shuggie Morris, le narrateur, a une vie familiale pour le moins compliquée, une mère sexy mais dépassée par les évènements. Il est le souffre douleurs de Red, compagnon de sa mère.
    Celle-ci, Glenda Atkins, est le genre de femme qui choisit toujours le mauvais amant, qui l’engrosse, la cogne ou qui la plaque.
    Son père "Red" est le genre mauvais garçon, sans envergure, éternel perdant devant l’éternel.
    Basile Powney, complice de son père, est un des seuls qui, à part sa mère, montre de la gentillesse à son égard.
    Jimmy Vince Pearce, belle voiture, parlant et présentant bien, enfin une chance pour Glenda et Shug ?
   Le monde des "petits blancs" minables des contrées misérables des États-Unis. On pense bien évidement à des auteurs comme Eskin Cadwell plus au Sud ou John Steinbeck pour la Calfornie.
    Agréable à lire mais je pense vite oublié.
   
   
    Extraits :
   
   - Glenda est restée plantée là, statufiée, comme obéissant à une voix qu'elle était seule à entendre. Aux ordres qu'une voix inaudible aurait aboyé dans son oreille.
   
   - Ce regard qui vous promet une mort rapide, une mort rapide qui durera une éternité.
   
   - L'eau faisait ce bruit de voix, ce doux murmure de femmes amicales qui ne me voulaient aucun mal. Une sorte de bavardage, de conversation à laquelle j'aurais pu me joindre sans risque.
   
   - Entre rêve et envie, il y a une grosse différence. Je ne sais pas trop lequel des deux risque d'être exaucé en premier.
   
   - C'était un bout de barbaque arrachée à un être humain. Une lèvre, peut-être. Ou une oreille. Presque une paupière, mais probablement pas.
   
   - Ma claque l'avait obligée à se hisser sur la pointe des pieds, le corps en extension et les muscles tendus, et cette posture avait davantage retroussé son short. Déjà qu'il n'était pas très maternel au départ. Il est remonté plus haut sur son cul puis s'est arrêté.
   
   - La bouteille dans laquelle j'avais planqué mes hurlements toute ma vie durant a explosé. Mes cris se sont libérés là où personne ne pouvait les entendre.
   

    Titre original: The Death of Sweet Mister (2001)

critique par Eireann Yvon




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