Lecture / Ecriture
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Avant l’orage de Jim Thompson

Jim Thompson
  1275 âmes
  Le démon dans ma peau
  Rage noire
  Nuit de fureur
  Liberté sous condition
  Le lien Conjugal
  Le criminel
  Ici et maintenant
  Des cliques et des cloaques
  Avant l’orage
  Cent mètres de silence
  Un meurtre et rien d'autre
  Pottsville, 1280 habitants

Jim Thompson est un auteur américain de romans policiers, né en 1906 dans l'Oklahoma et mort en 1977.

Avant l’orage - Jim Thompson

Après moi le déluge!
Note :

    J'ai trouvé ce livre je ne sais plus où, mais il est plein d'annotations calligraphiques auxquelles je ne comprends rien. Je ne suis pas non plus censé comprendre !
   
    Second roman de la bibliographie de Jim Thompson après "Ici et maintenant" et donc avant ses futurs chefs d’œuvre !
   
    Nous sommes à Verdon, bled paumé du Nebraska, état paumé du trou du cul de l'Amérique pauvre et profonde.
   
    Un train arrive en gare, une femme en descend, ou plutôt elle chute et s'en prend aux chemins de fer, chose qui parait courante en ce lieu. Elle se nomme Mme Dillon, elle est avec son fils Robert. Son mari est quelque part loin. Où ? Personne ne le sait !
   
    Au chapitre 18, à la 193e page, Jim Thompson nous fait quand même un bref résumé que je vous livre intégralement.
   "Il y eut largement de quoi alimenter les commérages cette année-là à Verdon : Alfred Courtland reprit la banque, Philo Barkley lança une affaire de courtage et de petits prêts dont il s'occupait à son domicile.
    Jeff Parker se vendit aux chemins de fer (la preuve en fut enfin donnée).
    LinkFargo eut une attaque qui l'obligea à garder le lit pendant plusieurs mois.
    Edie Dillon devint propriétaire de l'hôtel.
    Et Grant Fargo se mit à travailler pour un journal de Verdon, l'Eyes."

   
   Une foule de personnages, une famille : les Fargo, du patriarche Lincoln aux rejetons pas trop bien réussis et aux suivants encore moins gâtés par la nature tous peu ou prou tarés. On boit, on fornique, on cogne et on fouette les moins forts qui soit, de préférence, même s'ils ne sont pas exclus eux-mêmes de toutes fautes.
   
    A noter que ce livre a été écrit avant ma naissance... ce qui me rajeunit considérablement !
   
    La quatrième de couverture annonce la couleur ; on pense immanquablement aux œuvres d'Eskin Caldwell en particulier au roman "Le petit arpent du Bon Dieu" lu il y a très, très longtemps.
   
    Une écriture très classique, trop à mon goût. On est encore très loin des futurs chefs d’œuvre à venir. On sent dans cette saga familiale une forte influence sudiste, tous les ingrédients sont bien présents, trop présents, trop de personnages d'une même famille, ce qui fait que j'ai eu du mal à finir ce livre.
   
    Un avis des plus mitigés donc... espérons que le prochain de la série me plaira plus !
   
   
    Extraits :
   
   - Ma famille a plus ou moins bâti cette ville. C'est ma famille et moi... ma famille et ses amis qui ont construit la ville, en bas, là où devrait se trouver la gare, au lieu d'être perchée ici, à près d'un kilomètre.
   
   - De toute façon, il se fichait plus ou moins de ce qu'il mangeait. On ne peut pas éprouver beaucoup de plaisir quand on mange sans dents.
   
   - La vie, il n'en avait rien à faire. En tout cas, plus grand-chose.
   
   - Telle était son histoire, et elle ne comportait probablement pas d'exagérations démesurées.
   
   - Il n'ignorait pas ce qu'était l'abjection totale. Et pourtant, il ne comprendrait jamais l'attitude que ces gens avaient les uns envers les autres. On pouvait voler un parent - il l'avait fait - mais escroquer ouvertement quelqu'un en considérant qu'il s'agissait d'une bonne affaire voilà qui le dépassait.
   
   - Bon ! Ça lui avait permis de retenir la leçon. Aujourd'hui, beaucoup de gamins s'en trouveraient mieux si on leur arrachait plus souvent la peau des fesses.
   
    - La saison hivernale s'abattit sur le vallon comme une fille de joie.
   
   - Ce n'est pas le sort des immigrés qui nous préoccupent, mais nous ne voulons pas que la famille soit impliquée dans un meurtre.
   
   - Mais ce hasard n'était peut-être pas si heureux que ça.
   
   - La saison printanière se glissa comme une vierge dans le lit du vallon. Tantôt disposée à combler, tantôt rebelle, elle luttait et pleurait, pressée contre le géant brun.
   

    Titre original : Heed the Thunder (1946)

critique par Eireann Yvon




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