Lecture / Ecriture
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New York, esquisses nocturnes de Molly Prentiss

Molly Prentiss
  New York, esquisses nocturnes

New York, esquisses nocturnes - Molly Prentiss

New York des années 80
Note :

   Rentrée littéraire 2016
   
   "Le milieu, l'esbroufe, l'envie de gloire, les conversations blasées ou les interminables discussions critiques ne l'avaient pas encore polluée."
   

   Raul Engales, peintre argentin en exil, bourré de talent mais qui tire le diable par la queue et tente d'oublier ceux qu'il a laissés derrière lui, Lucy, jeune banlieusarde de l’Idaho, émerveillée par Manhattan et sa faune et James Bennett critique d'art qui fait la pluie et le beau temps, tels sont les personnages dont les destins vont se croiser grâce à un tableau.
   
   Tous trois portent des regards différents sur le New York de cette époque, New York qui est un personnage à part entière de ce roman et qui leur offre le succès mais aussi des épreuves terribles. En effet, pour l'un d'entre eux, il faut "Supplier New York de lui donner une chance en enfer."
   
   Entremêlant les points de vue, Molly Prentiss brosse un portrait plein de vie du microcosme artistique du New York des années 80.
   
   On sent beaucoup d'empathie de l'auteure pour chacun des personnages principaux et secondaires , dont elle aime peindre les particularités et les vies, sans jamais les juger. Elle parvient particulièrement bien à rendre compte des synesthésies que connaît James Bennett, qui lui assurent des critiques particulièrement originales et prisées.
   
   Un premier roman brillant et sensible qu'on ne lâche pas. Un coup de cœur !
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critique par Cathulu




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A l'époque de Basquiat
Note :

   "Un jour, ces toiles deviendraient quelque chose. De ça, ils étaient certains."
   

   Trois personnages très différents, et pourtant liés par leur goût pour l'art, arpentent le New York des années 80. Raul Engales, jeune peintre venu d'Argentine, qui vit dans un squat et tente de mener la vie d'artiste dont il rêvait enfant (Sa sœur, Franca, restée en Argentine, hante parfois ses pensées). James Bennet, critique et collectionneur d'art, atteint d'une forme étrange de synesthésie qui lui permet d'écrire des papiers rocambolesques et précis dont le New York Times raffole (Sa femme, Marge, enceinte de quelques semaines, est le pivot du couple, celle qui paye les factures quand son mari investit tout dans des tableaux). Et puis il y a Lucy, une jeune fille enthousiaste et rêveuse, fraichement débarquée de sa campagne, qui croit en tous les signes que le destin lui envoie, et est persuadée qu'elle doit vivre avec des artistes. Elle tombe amoureuse de Raul, à ses risques et périls...
   
   Ce premier roman de Molly Prentiss est à l'image de sa couverture, coloré et plein de vitalité. La peinture est le véritable personnage principal de ce récit que j'ai apprécié pour son écriture assez originale et sa trame narrative qui m'a tour à tour enchantée et surprise. J'ai aimé plonger ainsi dans un New York que je ne connaissais pas vraiment, celui des débuts de Jean-Michel Basquiat, que l'on croise d'ailleurs dans ce livre. D'un côté, on assiste à la vie des squats, à l'effervescence d'une création en marge. D'un autre côté, navigue autour de ces artistes en devenir tout un monde de galeristes, de collectionneurs, d'investisseurs et de critiques, tout un monde d'argent. La qualité d'un artiste se révèle alors lors d'enchères organisées chez Sotheby's. Mais le lecteur est très vite embarqué ailleurs, dans la vie intime de chacun, souffrant avec chaque protagoniste de ses défaites, espérant avec lui que tout s'arrange, que les cartes au final ne se soient pas trompées, et que l'affection reste.
   
   Un roman éblouissant, et un Coup de cœur hautement intéressant de cette rentrée !

critique par Antigone




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