Lecture / Ecriture
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Voici venir les rêveurs de Imbolo Mbue

Imbolo Mbue
  Voici venir les rêveurs

Voici venir les rêveurs - Imbolo Mbue

Rêve américain
Note :

    Rentrée littéraire 2016
   
   "Quels étaient ses choix ? Que faire pour rester ? Rien, sauf implorer la clémence du juge, lui avait dit Boubacar."
   

   Jende et Neni sont prêts à pas mal de sacrifices pour pouvoir rester en Amérique. Venus du Cameroun avec un visa pour trois mois, leur rêve est d'obtenir la Green Card et d'offrir à leur fils Liomi un avenir. Jende trouve finalement un travail de chauffeur chez les Edwards, tandis que Neni entreprend des études avec brio et ténacité, son objectif étant de devenir pharmacienne. Les Edwards, les employeurs de Jende, s'avèrent généreux et agréables. Une complicité particulière, mêlée de pudeur et de respect, nait peu à peu entre ces personnes que tout oppose. Jende et Neni gardent leurs distances mais s'attachent au fil du temps aux fils du couple Edwards et entrevoient peu à peu l'avenir sous un jour heureux. Le rêve américain ne serait donc pas un mythe ? New York offre à Jende et Neni ses plus beaux atours. Et puis la crise des subprimes arrive, et Monsieur Edwards, employé chez Lehman Brothers, est touché de plein fouet. Tout s'écroule. C'est la sidération. Mais les prémices étaient déjà là, dans les conversations entendues, dans la fragilité de Madame Edwards, dans les envies de fuite de leur fils Vince et la tendresse désespérée de Mighty. Comment rêver encore d'Amérique alors que le service de l'immigration profite de ce moment tendu pour toquer à la porte de Jende et Neni ?
   
   Ce premier roman, traduit de l'anglais (Cameroun), est une des bonnes surprises de cette rentrée littéraire. L'éditeur l'inscrit dans la lignée d'Americanah de Chimamanda Ngozie Addichie (que je n'ai pas encore lu mais qui a connu un grand succès). C'est un roman qui se lit avec facilité et enthousiasme, le lecteur se sentant galvanisé par la détermination de ce couple qui œuvre pour son avenir et est persuadé de trouver à New York un destin meilleur que celui qui l'attendait au pays. J'ai aimé qu'Imbolo Mbue sache à la fois accorder une certaine réalité au rêve américain, elle qui a suivi le même chemin que ses personnages et a pu faire ses études aux Etats-Unis, et en montrer avec lucidité les travers et limites. On s'attache aux personnages, à leur tendresse, à leurs défauts, à leurs erreurs. J'ai particulièrement eu de l'empathie pour Neni et sa volonté farouche de ne pas baisser les bras quoiqu'il arrive. Une lecture pleine de richesse !

critique par Antigone




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Le rêve américain
Note :

   Jende Jongaé, qui vit au Cameroun, a toujours rêvé de partir aux Etats-Unis. Il veut devenir un vrai américain, afin d’assurer à son fils un avenir où il puisse devenir quelqu’un d’important. Il va y décrocher un job inespéré : celui de chauffeur de Clark, un "grand homme", riche banquier chez Lehman Brothers. Sa femme, de son côté, rêve de devenir pharmacienne et elle engage des études pour réaliser ce projet.
   
   En faisant ce travail, Jende participe en quelque sorte à la vie de son patron, puisqu’il le transporte un peu partout et il devient le témoin (silencieux) de sa vie et de ses conversations téléphoniques. Il participe aussi à la vie de la famille, en emmenant par exemple le fils ainé chez le dentiste. Ce dernier s’apprête d’ailleurs à annoncer à ses parents qu’il va partir en Inde… Mais la chute de la célèbre banque va avoir des conséquences désastreuses sur cette famille américaine, mais aussi sur Jende et les siens.
   
   J’ai beaucoup aimé ce premier roman, qui dresse un portrait saisissant de la condition d’immigré et des différences de vie entre les nantis et ceux qui rêvent d’obtenir une Green Card et devenir ainsi citoyen américain. Mais loin d’être misérabiliste, ce récit est au contraire plein de sensibilité et de justesse. Il montre parfaitement bien les difficultés que rencontrent les uns et les autres dans leur vie et aussi les liens parfois plein d’empathie qu’ils tissent. Un très bon cru dans cette rentrée littéraire 2016.

critique par Éléonore W.




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