Lecture / Ecriture
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Cher Monsieur M de Herman Koch

Herman Koch
  Le dîner
  Villa avec piscine
  Cher Monsieur M

Herman Koch est un écrivain hollandais né en 1953, également chroniqueur, acteur, scénariste et réalisateur de télévision.
Il a également publié sous le pseudonyme de Menno Voorhof.

Cher Monsieur M - Herman Koch

Lettres...
Note :

    Herman Koch nous revient avec un nouveau roman hargneux, à l'humour froid où les personnages restent complexes et souvent antipathiques.
   
    Comme toujours les adultes sont affligeants et les adolescents magnifiquement cruels, mais comme toujours la vie passe quand même sur ces dérapages et inconvenances.
   
    A la manière d'un règlement de compte Herman Koch pose des questions judicieuses sur la création littéraire et le droit de la fiction d'utiliser des faits divers réels.
   
    Monsieur M est écrivain, un vieux beau sur le retour dont le talent et surtout la notoriété s'émoussent petit à petit. Dur de rester dans le coup, de plaire toujours mais heureusement Monsieur M est marié à une toute jeune femme. Alors l'illusion demeure.
   
    Et puis c'est le voisin, Herman le même prénom que l'auteur, qui écrit des lettres percutantes et troublantes à Monsieur M. Des lettres qu'il n'envoie pas mais qui expliquent le fond de l'histoire, le véritable drame.
   
    Alors adolescent Herman avait été accusé du meurtre de son professeur qu'il harcelait lui et sa petite amie de l'époque qui un temps, avait été la maîtresse du professeur.
   
    Monsieur M en avait fait un best seller en insistant sur une culpabilité et modifiant ainsi la vérité pour plaire au public et faire vendre.
   
    Un livre qui interroge sur la morale d'un écrivain quand la réalité est à l'origine de son roman.
   Qu'en est-il du droit à la fiction quand les protagonistes ont souffert et souffrent encore du drame ?
   
    Herman Koch dresse comme à son habitude le portrait d'adolescents impitoyables et de parents absents et pathétiques sans oublier les professeurs ratés.
   
    Le nombre de personnages, un peu trop à mon avis, rend la construction littéraire un peu lourde mais il n'en reste pas moins des passages sur la création littéraire et sur le portrait d'un auteur qui sont savoureux.
   
    La confrontation entre adultes (parents-professeurs) et adolescents est grinçante.
   
    A lire même si le livre a quelques longueurs, il nous plonge dans un vrai suspense psychologique.
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




* * *



Allée jusqu'à la fin, en passant beaucoup de pages
Note :

   D’abord, nous lisons une lettre (non envoyée) d’un narrateur à un certain Monsieur M., écrivain presque octogénaire. le genre d’écrivain qui sait trousser une intrigue, mais ne se pique pas de littérature, suppose-t-on.
   
   Le narrateur de la lettre est le voisin du dessous de M. On croit comprendre qu’il ne l’est pas par hasard. Il le surveille. Il le hait et veut se venger.
   
   Il ressasse son passé de lycéen sa liaison avec une autre élève Laura, prenant ainsi la suite du professeur d’histoire Grein (jeux de mots lourdement appuyés sur graine) . Ce premier chapitre porte comme titre "Morts en série chez les professeurs". En effet, l’auteur de la lettre raconte les décès simultanés de plusieurs enseignants de cette classe, dans un temps très bref. On a l’impression que l’auteur de la lettre est pour quelque chose dans ces décès. En tout cas, il prend plaisir à le suggérer… les enseignants sont caricaturés ; ça se veut drôle, et ne l’est pas…
   
   L’auteur de la lettre en arrive à son sujet principal après beaucoup de circonlocutions cyniques et haineuses envers M., et tout le reste du monde d’ailleurs. Il est aigri.
   
   M. a écrit un roman "Règlement de compte". Dans ce récit, Laura et son copain ont tué le professeur, ex-amant de Laura, qui s’était rendu dans la maison de vacances où elle passait noël avec son nouvel amant.
   
   dans la réalité, on ne sait pas ce qui s’est passé… le pauvre Grein a disparu.
   
   Le deuxième chapitre "Pourquoi écrivez-vous" est narré par M. l’écrivain lui-même. Nous apprenons à le connaître. Il écrit surtout des romans historiques influencé par l’extrême droite, (son père était collaborateur et il l'apprécie) M. est vraiment antipathique.
   
   Il parle de son travail, des ventes qui ont baissé, des séances de dédicaces, d’une certain Marie-Claude qui l’enregistre pour une interview. Il ne se gêne pas pour dire des choses très choquantes. Il déteste tout le monde (un peu comme le premier narrateur…). Il est très bavard et nous ennuie aussi. Bref, c’est dommage, mais on n’a pas envie d’en savoir plus !
   
   Pourtant, j’ai continué : Le troisième chapitre (la Vie avant la mort) met en scène Laura à l’époque du lycée et sa rencontre avec Herman (l’auteur de la lettre). Nous faisons connaissance avec le groupe des amis de Laura ; nous partageons sa liaison avec le professeur Grein, puis Herman. Nous apprenons qu’il se livrait à des blagues extrêmement douteuses… Ce chapitre est plutôt bon. Les adolescents sont bien mis en scène, chacun avec ses préoccupations. Le professeur est ridicule, Herman est odieux et infantile, Laura n’est pas trop sympathique non plus. Il faut les supporter, tout de même…
   
   Hélas le roman ne s’arrête pas là ! le dernier et très long chapitre revient sur les élucubrations et déboires du romancier détestable ! Interviews, séances de dédicaces à nouveau… je n’en peux plus ! je vais directement aux ultimes pages (on veut savoir ce qui est réellement arrivé au professeur...)
   
   Dommage j’avais aimé "Le Dîner" et "la Piscine". Mais lorsqu’un auteur se met à tirer à la ligne, ça passe ou ça casse ! Cette histoire aurait été intéressante avec deux fois moins de pages…

critique par Jehanne




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