Lecture / Ecriture
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Le testament américain de Franz Bartelt

Franz Bartelt
  Le bar des habitudes
  Le costume
  Simple
  Les bottes rouges
  Le grand bercail
  Terrine Rimbaud
  Charges comprises
  Le jardin du bossu
  Chaos de famille
  Pleut-il?
  La belle maison
  La mort d’Edgar
  La Fée Benninkova
  Le testament américain
  Le fémur de Rimbaud
  La bonne a tout fait
  B comme: Sur mes gardes
  Facultatif Bar

AUTEUR DES MOIS D'AOUT & SEPTEMBRE 2016

Franz Bartelt, fils d'ébéniste originaire d'Europe centrale, est né en Normandie en 1949, mais il n'avait que quatre ans quand la famille emménagea dans les Ardennes où il fixera définitivement ses racines et celles de ses romans.

Il commence à écrire sérieusement à partir de 1980 et cesse toute autre activité cinq ans plus tard.

Il produit des romans, des nouvelles, des poèmes, des pièces de théâtre, des scenarii, des chroniques journalistiques... tout ce qui s'écrit est susceptible de l'intéresser.

Le testament américain - Franz Bartelt

Loufoquerie
Note :

   Franz Bartelt a l’art et la manière de choisir des idées de départ des plus loufoques et d’en faire son miel ; dérouler une histoire hautement improbable et faire passer ce faisant des considérations pas forcément loufoques, elles. "Le testament américain" n’échappe pas à la règle.
   
   Quelle est l’idée de départ ? Un milliardaire américain a vu le jour dans des conditions rocambolesques (forcément !) ; un atterrissage d’urgence du petit bimoteur de ses parents dans les prés de Neuville, avec accouchement à suivre dudit milliardaire, Clébac Darouin (le nom !), depuis le ventre de sa mère sur "le comptoir de l’épicerie, entre des sacs de grains, des bidons d’huile et des kilos de farine". Et ceci s’est déroulé à Neuville, "un coin redoutablement perdu", un bout du monde. Il se sent du coup redevable de ce village et il l’a couché sur son testament.
   "…, le notaire, qui était de la ville, rassembla tous les habitants sur la place du village, devant le bistrot Matouillet. Des tables avaient été installées dehors et, comme il faisait beau, chacun était venu avec son siège. Il n’y avait pas de mystère, car plus d’une fois et pendant près d’une décennie, Clébac Darouin avait affirmé, oralement comme par écrit, qu’il n’avait oublié personne sur son testament et que sa fortune serait équitablement partagée entre chaque citoyen de Neuville, son village natal."
   

   Et de quoi va-t-il s’agir ? Tout simplement de la création aux frais du milliardaire d’un incroyable cimetière ; un tombeau pour chaque famille d’un luxe inouï, "mêlant le marbre et les matériaux rustiques du pays, comprenant chacune autant de chambres mortuaires que les familles comptaient de membres, le tout bâti sur vide sanitaire et coiffé d’une toiture en ardoises vernissées ou gravées à la main."
   Des tombeaux infiniment plus spacieux, "accueillants", que les misérables masures des misérables Neuvillois.
   
   Le cadre étant posé, Franz Bartelt se régale à digresser sur ce qui pourrait potentiellement survenir en pareille occasion. Notre écrivain est un rural, vivant dans les Ardennes et les mœurs rurales, il connait. Alors il nous en fait profiter, dans une veine type "Clochemerle", du regretté Gabriel Chevallier. Même truculence et absence d’inhibition.
   
   Je me demande vraiment, au cas où Franz Bartelt serait traduit, comment des Américains, des Chinois ou des Indiens nous perçoivent après une telle lecture ?! Bonjour dans la France profonde !

critique par Tistou




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