Lecture / Ecriture
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Le violon noir de Maxence Fermine

Maxence Fermine
  Opium
  Billard Blues
  Le violon noir
  Neige
  L'apiculteur
  Le tombeau d'étoiles
  Dès 09 ans: La petite marchande de rêves
  Zen
  Chaman
  Noces de sel

Maxence Fermine est un écrivain français né en 1968.

Le violon noir - Maxence Fermine

Violon à voix.
Note :

   Un livre court, ramassé. De petits chapitres d'une page et demi, deux tout au plus. Dans l'esprit ça fait penser à un procédé à la Candide ou Zadig, de Voltaire, avec de petits chapitres qui se succèdent les uns aux autres, font progresser l'histoire mais ont un peu leur existence propre. Il faut sacrément bien écrire, quand même, pour écrire aussi court. Pas d'effet de manche chez M. Fermine, du sobre, du simple.
   
   Trop sobre, trop simple diront certains.
   
   Johannes Karelsky est un musicien singulier. Instrumentiste depuis sa tendre enfance, c'est un surdoué du violon, avec tous les défauts qu'on peut attendre d'un être qui sort de la normale. Enrôlé dans les troupes napoléoniennes, il est amené à « occuper » Venise, logé chez un luthier, un luthier singulier lui aussi, qui possède un violon noir, fort singulier au demeurant. Il y aura aussi Carla Ferenzi, à la voix singulière?
   
   On est à la frontière du conte, où la singularité serait la règle et où le merveilleux ou le terrible n'est pas absent.
   
   Voilà comment, à l'avant dernière page, M. Fermine expédie les 31 dernières années de Johannes :
   «Quelques jours plus tard, Johannes quitta Venise avec l'armée française et rentra à Paris.
   Il ne devait plus jamais revoir l'Italie.
   Johannes Karelsky mit trente et un ans à composer son unique opéra. Trente et un ans à tenter de se libérer d'une voix, d'un rêve, et à tenter d'oublier l'histoire d'Erasmus et du violon noir.
   Et pendant toutes ces années, jamais il ne joua du violon?»

   Quand je vous dis que c'est ramassé!
   
   On peut ne pas aimer mais qui peut laisser de côté la rationalité des choses peut trouver grand plaisir à ce violon noir.
   ↓

critique par Tistou




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Musique du Diable
Note :

   Au XVIIIe, un jeune prodige devient violoniste de renom avant de se retirer de la scène pour se consacrer à son art et composer. Mais Napoléon et ses désirs de conquête conduisent Johannes Karelsky devenu simple soldat en Italie puis à Venise. Hanté par une voix céleste qui l’aurait sauvé de la mort sur le champ de bataille, Karelsky découvre que le Vénitien chez qui il est logé a lui aussi été poursuivi par le souvenir d’une femme à la voix enchanteresse. Au point de concevoir un violon à l’image de la Vénitienne, un violon qui semble depuis porteur d’une malédiction. Chaque soir, au cours de parties d’échecs, les deux hommes communient à travers leur amour pour la musique.
   
    Texte court et très poétique au style épuré, "Le Violon Noir" rappelle "Faust" ou encore "Le Joueur d’Echecs" et la folie inhérente à ce jeu. La construction du récit, avec une histoire au sein de l’histoire, est classique mais bien articulée, les péripéties vécues par les deux personnages ayant finalement une importance égale, le tout s’achevant à la manière d’un conte. Le fantastique est de mise, avec cette âme qui peut être emprisonnée dans un objet, tandis que les meilleures intentions ont finalement des conséquences très malsaines, la frontière entre le divin et l’infernal n’étant finalement pas évidente.
   
   Un joli tour littéraire qui fait passer au lecteur et aux mélomanes un excellent moment.
   ↓

critique par Lou




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Le Grand Amour !!
Note :

    Résumé
   
   "Blessé lors de la campagne d'Italie, le talentueux violoniste Johannes Karelsky trouve refuge à Venise, dans l'atelier de l'étrange Erasmus, luthier féru d'échecs. Une intense complicité, faite de silence et de musique, se noue entre les deux hommes. Au point qu'Erasmus souhaite partager son secret: un violon noir qui reproduirait le son envoûtant d’une voix de femme."

   
   
   Commentaire

   
   Je dois avoir l'esprit particulièrement disposé à être touché ces temps-ci parce que plusieurs passages de ce court conte m'ont émue aux larmes. Il faut dire que quand on parle de musique, je suis généralement facilement touchée, emportée, et ce fut le cas cette fois-ci, encore une fois. Les mots de l'auteur se font musique et la poésie qui s'en dégage fait résonner l'histoire de façon magique. Les chapitres sont courts, les phrases simples mais fortes à la fois. Un très beau moment de lecture.
   
   On y rencontre Johannes Karelsky, qui n'avait d'autre objectif que de "changer sa vie en musique", musicien prodige qui savait lire entre les notes et qui les ressentait avec son cœur. C'est dans le décor enchanteur de Venise, belle même pendant l'occupation française, que le soldat qu'il est devenu par obligation rencontre Erasmus, mystérieux luthier qui possède un jeu d'échecs magique et un violon noir.
   
   On y parle d'amour, du grand amour qui résiste au delà de la mort et qui n'éclaire la vie qu'une fois. Cette voix de femme, envoûtante, guidera les deux hommes vers leur rêve. Une belle parenthèse poétique à travers les pages de laquelle je me suis enfuie dans un autre monde!
   
   Sauf que là... je veux apprendre le violon!!! Et jouer bien tout de suite!!!

critique par Karine




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