Lecture / Ecriture
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Yaak Valley, Montana de Smith Henderson

Smith Henderson
  Yaak Valley, Montana

Yaak Valley, Montana - Smith Henderson

575 pages qui bousculent
Note :

   Rentrée littéraire 2016
   
   Années 80, Montana. Pete Snow est assistant social et s’occupe d’enfants. Parents alcooliques, drogués, laissés pour compte et des enfants, adolescents cabossés sans repères qu’il veut aider. Et il a des cas très difficiles : Cecil un adolescent qui touche le fond et Benjamin qu’il a rencontré par hasard. Maltraité par son père Jeremiah Pearl, illuminé et mystique qui lui interdit tout contact avec l’extérieur. De quoi être lassé, désabusé passer pas des phases où l’on se dit que son boulot ne sert pratiquement à rien devant tout ce qu’il y a accomplir. En plus, Pete a ses problèmes personnels : son divorce avec son ex-femme portée sur la bouteille et les hommes, son frère qui fuit la justice. Et en bonus, sa fille de treize ans fugue.
   
   Si au départ, j’ai eu du mal à entrer dans ce livre c’est-à-dire à être vraiment intéressée par l’histoire, la grande empathie de Pete a été le déclic car il veut vraiment faire de son mieux pour ces enfants. Sur fond de nature sauvage, où l’on craint le pire avec Jeremiah Pearl, l’auteur n’épargne pas le lecteur (attention aux âmes sensibles) et certaine passages sont très durs car ils concernent des enfants. Smith Henderson n'a pas choisi de nous décrire Pete comme un saint et c'est un des points forts de ce roman.
   
   Cette peinture sombre des exclus, de la misère et de la violence m’a plus que touchée tout comme la plupart des personnages.
   
   Bien tramé malgré quelques longueurs, ce premier roman bouscule et pas qu’un peu (vous êtes prévenus).
   
   "Ici aussi les gens avaient des secrets. Un voleur. Un homosexuel. Des parents qui maltraitaient leurs enfants et dont les maisons ressortaient sur sa carte mentale de la ville tels des gyrophare orange, parce qu'il savait. Dépositaire de leurs secrets."

    ↓

critique par Clara et les mots




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Rude !
Note :

   Titre original : Fourth of July Creek
   
    Lors du festival America, l'auteur était là, souriant, disponible, ainsi qu'une amie, qui m'a chaudement recommandé cette lecture. Pouvais-je résister?
    J'ai donc vite acquis un exemplaire, mais en VO (histoire de justifier un achat non prévu) et obtenu une dédicace! J'avais déclaré auparavant que la traduction se ferait dans ma tête au fur et à mesure; en fait quand je lis, j'ai plutôt du global comme en français, sauf quand un mot est inconnu. Mais là, je devais parfois relire, c'est souvent ramassé, comme si on réfléchit ou parle vite, pas toujours de ponctuation dans une phrase, ou pas de verbe, ça doit se voir en version française. Brut de décoffrage parfois. Mais c'est le style de l'auteur, adapté à l'histoire, et cela ne gêne pas. Pour en terminer avec la VO, quand il s'agissait de gamins maltraités ou abusés, j'étais fort aise de ne pas comprendre TOUS les mots.
   
    Bon, de quoi ça parle?
   Montana, dans les années 80, Pete Snow est travailleur social, son job, garder un œil sur les enfants de familles à problèmes (alcool, drogue, prostitution, maltraitance, abandon, pas d'école, pas de repas, j'en passe des plus terribles). Parmi eux, Cecil, un adolescent pétant vite les plombs et sa sœur Katie l'adorable bout'chou, et puis Benjamin le fils de Jeremiah Pearl, une sorte de parano vivant dans les bois avec sa famille en attendant l'apocalypse.
   
    Pete lui aussi a des problèmes avec l'alcool, son père qu'il ne voit plus, son frère qui fuit l'officier de probation qu'il a cogné, sa femme qui veut divorcer et file au Texas avec sa fille Rachel. Pete reconnaît ne pas être un bon père, mais sa femme n'offre pas vraiment à sa fille un environnement stable, et Rachel finit par fuguer, son père la cherchant dans plusieurs états. Des dialogues entre Rachel et un interlocuteur non identifié permettent dès le début de connaître l'histoire vue par Rachel.
   
    Quoi d'autre? Oui, Pete fréquente pour un temps une collègue prénommée Mary, avec pas mal de casseroles de son enfance.
   
    Alors oui, c'est dur. Les rayons de soleil sont rares, quelques incursions dans la nature, l'apprivoisement de Benjamin, les Cloninger, à part ça rien de choupi à se mettre sous la dent.
    Mais franchement quel roman! Qui vous bouscule et ne laisse pas indemne.

critique par Keisha




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