Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le bal mécanique de Yannick Grannec

Yannick Grannec
  La déesse des petites victoires
  Le bal mécanique

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Yannick Grannec n'est pas un écrivain français passionné de mathématiques, c'est une écrivaine passionnée.

Le bal mécanique - Yannick Grannec

Bauhaus
Note :

   Rentrée littéraire 2016
   
    Graphiste et auteur de jeunesse, Yannick Grannec vit à Saint-Paul-de-Vence. Passionnée de mathématiques, elle écrit en 2013, "La déesse des petites victoires" (prix des libraires) dans lequel elle raconte, par la voix de sa veuve, le destin de Kurt Gödel, génial mathématicien allemand. Elle revient avec "Le bal mécanique".
   
   Deux parties pour ce grand roman qui nous plonge dans le monde de l’Art et du Bauhaus, mouvement architectural et artistique qui marqua les années 20, mouvement qui a prôné une nouvelle architecture et la production en série pour que le plus grand nombre bénéficie des bienfaits de la standardisation.
   
   Carl et Josh, un père et un fils que tout oppose. Josh vit à Chicago. Animateur d’une émission de télé-réalité, il a rompu tout contact avec son père. Colère, haine, ressentiment pour ce père égoïste qui a toujours méprisé son travail. Carl Schors, peintre renommé, s’est retiré à Saint-Paul-de-Vence où il vit avec sa gouvernante. La peinture, seul lien qui le retient à la vie malgré le déclin de ses forces. L’arrivée d’une lettre de son avocat le replonge dans un passé qu’il avait occulté. Une des toiles de son père Theodor Grenzberg, galeriste avant la guerre disparu dans la tourmente nazie, a été retrouvée chez Cornélius Gurlitt. En 1938, les œuvres spoliées à des particuliers avaient été revendues et Gurlitt père avait profité de ce décret en achetant à bas prix des œuvres de maîtres. Ce nom de Grenzberg avait été le sien avant que son père ne le confie à ses amis suisses devant la montée de l’antisémitisme. Carl ne l’avait jamais revu et avait adopté le nom de ses protecteurs. Mais pour clore ce dossier de restitution, il faut retrouver sa sœur, Magda. Carl n’a jamais eu de sœur !
   
   La deuxième partie renvoie aux années vingt et dévoile le passé de la famille Grenzberg dans une grande fresque qui mêle personnages réels et imaginaires. Aux côtés de Klee, Meyer, Kandinsky, Dix, nous pénétrons dans le monde effervescent de cette nouvelle Rome, le Bauhaus.
   
   Un roman passionnant, celui d’une époque et des mouvements intellectuels et artistiques qui ont fleuri sur les décombres de la Grande Guerre.
   ↓

critique par Michelle




* * *



Ca aurait pu être bien
Note :

    A Chicago, Josh dirige une émission de télé réalité mêlant relooking total de maison et mise à plat des tensions familiales. Entre la famille Carter et ses mensonges, sa propre famille dont sa femme Vikkie, enceinte, sa mère, et son père, Carl, peintre installé à Saint Paul de Vence, Josh a des sources de tension.
   
    Carl, fils du marchand de tableaux berlinois Theodor Grenzberg, adopté durant les années 30 par un couple devenu américain, apprend l'existence de tableaux volés par les nazis, et qui lui reviendraient, dont un portrait de Theodor par Otto Dix. Une enquête démarre, longue et difficile; que s'est-il exactement passé au cours de ces années 30 en Europe? Qu'est devenue Magda, fille de Theodor?
   
   Cette première moitié du roman est une réussite totale, j'ai adoré, c'est vif et plaisant à lire, les personnages sont attachants, on en redemandait pour la suite.
   
    Mais, dommage, la seconde partie m'a plutôt ennuyée. L'histoire de Theodor, sa femme Luise et leur fille Magda semble prétexte à évoquer les années 20 et 30 en Allemagne, particulièrement les milieux artistiques ayant produit ce que les nazis ont traité d'art dégénéré. Paul Klee, ami de Theodor, est aussi parrain de la petite Magda. J'ai eu un renouveau d'intérêt lorsque Magda est devenue étudiante au Bauhaus, hélas vite éteint lorsque ladite Magda s'est transformée en porte parole soviétique. Même si je reconnais sa sincérité, son désir de liberté, son refus du Kinder Kirche Küche et sa déception à réaliser la misogynie du Bauhaus, hé oui.
   
    Mais où était passé l'humour et l'empathie pour les personnages de la première partie? Ma déception est à la hauteur de mon enthousiasme originel. Allons, retenons l'approche de l'architecture et de la peinture, bien mises en valeur.
   
    J'ai aussi beaucoup aimé le dernier chapitre, l'intervention de l'auteur (qui habite à Saint Paul de Vence), et imaginer ces nuages sous les pieds, quelle magnifique idée!
   
    Que mon avis ne vous dissuade pas de lire ce riche roman, voir l'avis ci-dessus!

critique par Keisha




* * *