Lecture / Ecriture
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L'histoire de l’amour de Nicole Krauss

Nicole Krauss
  L'histoire de l’amour

Nicole Krauss est une romancière américaine née en 1974 Elle est mariée à l'écrivain Jonathan Safran Foer.

L'histoire de l’amour - Nicole Krauss

L’impossible oubli
Note :

   Prix du Meilleur livre étranger 2006.
   
   Une des plus grandes craintes de Léo est de mourir seul et abandonné. Ainsi il porte toujours sur lui cette étiquette : « Mon nom est Léo Gursky je n'ai pas de famille je vous prie d'appeler le cimetière de Pinetawn j'ai une concession là bas dans la section juive merci pour vos égards ».
   
   Serrurier à la retraite, Léo écrit un livre sans titre car « à quoi sert le titre d'un livre que personne ne va lire » . Il vit donc seul mais pendant la guerre, alors qu'il était un jeune adolescent, il avait fait un serment avec sa fiancée qui s'apprêtait à partir pour New York : celui de ne jamais s'oublier. Ce qu'il ne sait pas et ne découvrira que trop tard, alors qu'elle a refait sa vie, c'est qu'elle était enceinte de lui et qu'il a donc un fils qu'il ne connaîtra jamais.
   
   Parallèlement à cette histoire, nous découvrons Alma Singer qui perd son père lorsqu'elle est âgée de sept ans « Ma mère n'a jamais cessé d'être amoureuse de mon père. Elle a conservé son amour pour lui aussi vivant que l'été où ils se sont rencontrés. Pour y parvenir elle a écarté la vie. » « L'histoire de l'amour » est le livre en souvenir duquel ses parents lui ont donné le prénom qu'elle porte : Alma.
   
    Enfin, Zvi Litvinoff, écrivain peu connu, a fui la Pologne pour le Chili en 1941. Son unique oeuvre publiée est justement intitulée « L'histoire de l'amour ».
   
   Car ce livre est bien le personnage principal de ce roman. Autour de lui, toute une intrigue se noue et le destin de ces trois personnages va bien sûr s'y croiser. Livre sur la perte et l'oubli ou plutôt l'impossible oubli ce récit est magnifique. On y parle d'amour bien sûr, mais aussi de solitude et de l'impossibilité parfois de rendre les gens heureux. La construction est originale : chaque protagoniste s'exprime tour à tour et pour ne pas se perdre dans le fil du récit un dessin au début de chaque chapitre nous permet de repérer qui parle, l'histoire est bouleversante et l'intrigue se tisse tout doucement.
   
   J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce livre qui était en piste pour de nombreux prix littéraires notamment le Fémina qu'il n'a pas remporté. J'ai failli passer à côté à cause d'un titre qui me paraissait trop mielleux, c'est pourtant à mon sens un des meilleurs livres de la rentrée littéraire 2006.
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critique par Clochette




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La musique de ces voix
Note :

   Alma 15 ans qui essaie de sauver sa mère d’un deuil sans fin tout en essayant de composer avec la mort de ce père tant aimé, Léopold le vieil homme qui écrit à ce fils qui ne l’a jamais connu, Bird l’enfant qui se prend pour un Juste, Litvinoff l’écrivain exilé, Bruno l’ami fidèle et les autres. Des enfants, des adolescents, des adultes dans la force de l’âge ou vieillissant qui se croisent, chacun luttant contre ou avec la solitude qui les accompagne, les pertes. Tous unis par un roman L’histoire de l’amour, si peu connu mais qui a changé leurs vies.
   
   L’histoire de l’amour est un roman profond, à la fois infiniment désespéré et éclairé par l’espoir et une force de vie intense. C’est aussi un roman sur l’écriture et la force de la littérature. La littérature qui exprime si bien ce que nous sommes incapables de dire et de transmettre: amour, haine, regrets, désespoir. La littérature qui est un moyen de se retrouver, de faire comprendre à ceux qui le peuvent ou le veulent ce qui est et aurait dû être. Tous les personnages à leur échelle sont bouleversants. Alma qui essaie de faire face à cette mère perdue dans son deuil et à ce frère qui frôle la folie, qui tente de déchiffrer le message contenu dans ce roman que son père décédé aimait tant qu’il l’avait offert à sa femme et avait prénommé sa première née d’après son héroïne. Léopold surtout, ce vieil exilé qui a tout perdu, amour, enfant, espoir d’une vie «normale» et qui fait tout ce qu’il peut pour ne pas mourir un jour où personne ne l’aurait remarqué, allant jusqu’à poser nu pour être vu.
   
   Ce n’est pas un roman facile: on se perd un peu, on s’interroge sur l’endroit où nous amène l’auteur en nous égarant dans les plis et replis d’une histoire d’autant plus complexe qu’elle se déroule entre Pologne, Chili, Israël et Etats-Unis. Mais finalement, nous ne sommes pas plus perdus que ces personnages qui tentent de trouver tout simplement l’amour et qui se perdent dans les méandres de vies qui ne sont jamais celles qui étaient rêvées. Pour finalement retrouver le sens des choses quand les voix des personnages se rejoignent enfin et que les fils de l’intrigue se nouent.
   
   Amour, fidélité, souvenir, oubli sont au centre du roman. Les personnages de Nicole Krauss doivent finalement tous composer avec la Shoah, le souvenir douloureux, l’impossible oubli. Quoi qu’ils cherchent, c’est ce qu’il s’est passé pour eux, individus à partir de cette période qui a été le point de départ.
   
   La musique de ces voix résonne longtemps après que la dernière page de ce roman dense, intelligent, infiniment nostalgique et fort ait été tournée.
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critique par Chiffonnette




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Quel ennui!
Note :

   J’abandonne! Après trois cents pages, je jette l’éponge parce que c’est définitif, cette histoire ne m’intéresse pas. Et pourtant, quand j’ai senti que je lâchais l’affaire, j’ai relu, sur divers blogs, tous ces billets dithyrambiques qui m’ont donné très envie de la lire aussi. Mais rien à faire, je n’y arrive pas, d’un jour à l’autre je ne me souviens de rien et je ne trouve aucun élément pour retenir mon attention.
   
   On a au départ trois personnages principaux. La jeune Alma Singer, new yorkaise de quinze ans, qui vit dans le souvenir de son père mort et voudrait que sa mère refasse sa vie. Un vieil homme solitaire d’origine polonaise, Leopold Gursky, qui a jadis aimé une femme dans son pays avant la guerre. Elle est partie aux Etats Unis et quand il l’a rejointe, il était trop tard, elle s’était mariée, le croyant mort. Depuis, il vit dans l’ombre de son fils qu’il n’a jamais pu reconnaître comme tel. Et puis il y a Litvinoff, un écrivain auteur de "L’histoire de l’amour", ce livre que la mère d’Alma doit traduire en anglais pour un mystérieux commanditaire. Et l’héroïne de ce roman s’appelle Alma. Et l’auteur de "L’histoire de l’amour" ne s’appelle pas Litvitoff… ou peut-être que si, je ne le saurai jamais… Quand autour de la page deux cents les différentes narrations s’emmêlent, j’ai repris intérêt à ma lecture, avant de refermer définitivement le livre cent pages plus loin.
   
   Pour moi, c’est un suprême ennui qui a dominé ma lecture harassante de ce livre.
   
   
   Titre original: The History of Love, parution aux Etats Unis: 2005

critique par Yspaddaden




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