Lecture / Ecriture
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Un meurtre et rien d'autre de Jim Thompson

Jim Thompson
  1275 âmes
  Le démon dans ma peau
  Rage noire
  Nuit de fureur
  Liberté sous condition
  Le lien Conjugal
  Le criminel
  Ici et maintenant
  Des cliques et des cloaques
  Avant l’orage
  Cent mètres de silence
  Un meurtre et rien d'autre
  Pottsville, 1280 habitants

Jim Thompson est un auteur américain de romans policiers, né en 1906 dans l'Oklahoma et mort en 1977.

Un meurtre et rien d'autre - Jim Thompson

1 roman = 2 titres
Note :

    J'ai laissé passer quelques titres avant cette lecture... La cause ?
   
   Ce roman est la retraduction de "Nothing More Than Murder" (1949) déjà lu il y a peu sous son ancienne appellation "Cent mètres de silence". Silence le film commence !
    Les premiers romans de Jim Thompson n'ont pas bénéficié de traductions du texte intégral.
    C'est chose faite ici. Donc je remets mon précédent résumé.
    Joe Wilmot est exploitant dans le cinéma, ses relations avec Elisabeth, son épouse, ne sont rien moins qu’exécrables, surtout maintenant que Carol est entrée dans sa vie ! Et non pas par effraction car c'est la femme elle-même qui lui a ouvert la porte ! A première vue, la jeune fille ne paie pas de mine et pourtant ce qui devait arriver se produisit. Sous les yeux de l'épouse surgissant à l'improviste !
    Mais on s'achemine doucement vers un ménage à trois car les époux ont un mystérieux projet en commun ! Projet qui bien sûr leur rapportera une coquette somme d'argent.
    L'auteur nous raconte la rencontre entre Elisabeth et Joe et le couple pour le moins étrange qu'il forme pour le meilleur et pour le pire !
    La combine semble juteuse et porte sur vingt-cinq mille dollars et tous les protagonistes de l'affaire sont impliqués. Mais qui bernera l'autre ou alors les autres ? Car il est évident que chacun a une bonne raison de vouloir tout garder !
    Mais qui sera le, la ou les plus malins ? Ou alors un infime grain de sable va-t-il faire arrêter le film ?
    Il semblerait que la perdante soit Elisabeth Wilmot qui est morte brûlée dans l’incendie de sa maison, feu qui a pris dans l'atelier de montage des films...
    La bourgade est en grand deuil !
   
    Il m'a semblé, mais c'est un sentiment personnel que la lecture est plus fluide ici, plus aisée, mais rien ne me permet de dire que c'est, soit la nouvelle traduction, soit l'intégralité du texte d'origine qui m'a donné ce sentiment.
   
    Les personnages sont, bien entendu, les mêmes dans les deux versions !
    J'ai sélectionné quelques phrases au hasard pour juger de la différence entre l'ancien et le nouveau texte, l'ancien étant en italique :
   - Je savais bien qu'elle se moquait de moi. Elle m'avait amené Carol à la cabine que pour me narguer. Elle n'avait pas besoin de mon approbation, pour quoi que ce fut.
   Elle savait qu'elle disait cela pour rire. Elle m'avait amené Carol que pour me tourner en ridicule. Mon approbation, elle s'en passait largement.
   
   - Jusqu'ici, je l'avais trouvé gauche et lourde, mais merde, je voyais bien que ce n'était pas vrai du tout. Ses seins n'étaient pas trop gros. Bon Dieu, ses seins !
    Elle paraissait diablement rusée et drôlement gentille. Elle semblait venir de loin et s’être fait trousser en chemin.

   - Je l'avais trouvée empotée, je lui avais trouvé de trop gros seins, et, bon sang, je voyais maintenant que ce n'était pas du tout le cas. Ses seins n'étaient pas du tout trop gros. Seigneur, ses seins !
    Elle avait l'air craquant et fou, marrant et doux. Elle donnait l'impression d'avoir bien démarré et d'avoir été chiffonnée en cours de route.
   
   - Elle ne répondit pas immédiatement, mais je sentais qu'elle s'y préparait. Je savais, à un mot près, ce qu'elle allait dire parce que nous n'étions plus les mêmes. Si on ne recule pas devant un meurtre, on ne recule pas devant le mensonge ou la trahison.
   Elle a mis du temps à répondre, j'ai senti qu'elle se préparait. Je savais, presque au mot près, ce qu'elle allait me dire. Parce qu'on n'était plus les mêmes. Quand le meurtre ne vous fait pas reculer, alors le mensonge, la tromperie, plus rien d'autre ne vous arrêtera.
   
    Quelques différences, mais je n'ai pas les compétences nécessaires pour juger plus avant.
   
    Un petit mot sur le titre : "Nothing More Than Murder" me parait plus approprié ici que dans l'ancienne version. "Cent mètres de silence" !
   
   
    Extraits :
   
   - Les euthanasies, les pendaisons, les électrocutions, les suicides. Les gens qui n'avaient plus envie de vivre. Les gens qui méritaient d'être tués. Les gens pour qui la mort était un soulagement.
   
   - Les règles du jeu sont les règles du jeu jusqu'à ce qu'elles commencent à vous gêner aux entournures. Alors on les balance par la fenêtre.
   
   - Stupide. Oui, absolument stupide. Ça, en plus du reste. Prétentieux, vindicatif, menteur, malhonnête, coureur. Et stupide. Et pourtant...
   
   - J'ignorais pourquoi elle rougissait, ni pourquoi elle n'avait pas envie de parler. Oui, à ce moment-là, je l'ignorais. J'aurais dû comprendre, c'est évident, mais vous savez bien comment ça se passe. L'eau, on n'y pense pas quand on n'a pas soif.
   
   - C'était un grand type d'allure gauche du nom de Thomas ou Thompson ou quelque chose dans ce goût-là, et je suppose qu'il devait en avoir une sacrée expérience, parce que ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il a mis le paquet.
   

    Titre original : Nothing More Than Murder (1949).

critique par Eireann Yvon




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