Lecture / Ecriture
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L'homme qui vivait sous terre de Richard Wright

Richard Wright
  L'homme qui a vu l'inondation – Là-bas, près de la rivière
  L'homme qui vivait sous terre
  Les Enfants de l'Oncle Tom
  Un enfant du pays
  Black boy
  Le transfuge
  Une faim d'égalité
  Huit hommes
  Le barbare du 7ème jour

AUTEUR DES MOIS DE JUIN & JUILLET 2017

Richard Wright est un journaliste et écrivain américain, né en 1908 à Natchez (Mississippi) et décédé d'une crise cardiaque en 1960, à Paris. Il avait pris la nationalité française en 1947.

Petit-fils d'esclave, il connait une jeunesse très misérable à Memphis où sa mère l'élève seule, ainsi que son frère. Il n'est pas un enfant facile, mais il croit néanmoins à l'intéret des études (non favorisées au niveau familial) et parvient à assurer son éducation. Quand il partira pour Chicago, cela lui permettra de mieux vivre.

Il devient journaliste, adhère au Parti communiste pour quelques années. Il le quittera, ne s'y sentant pas assez libre.

"Un enfant du pays" sera le premier roman écrit par un Afro-Américain à être un bestseller et à intégrer la sélection du Book of the Month Club.

Il se consacre ensuite à l'écriture et ses livres sont des succès

Pour échapper au maccarthysme, Richard Wright s'installe en France en 1946 avec sa famille.

Il y rencontre Sartre et Camus et sympathise avec les Existentialistes. Il mènera encore plusieurs combats pour les droits des Noirs.

Il est mort d'une crise cardiaque à Paris à 52 ans. Il a été incinéré et ses cendres sont au Père-Lachaise

L'homme qui vivait sous terre - Richard Wright

A savoir sur l'Amérique du 20ème siècle
Note :

   Folio a extrait cette nouvelle du recueil "Huit hommes" pour nous la livrer seule ici dans sa collection Folio 2€, comme il l'a fait dans un autre opus avec "L'homme qui a vu l'inondation". Le but est atteint, je suis assez décidée maintenant à lire tout le recueil.
   
   Nous découvrons ici un homme noir, fugitif affolé, poursuivi en ville pour meurtre, par la police. Il est innocent, mais le traitement qu'il a subi au commissariat l'a obligé à signer des aveux avant de parvenir à s'échapper. Il pense que les flics savent qu'il n'a pas tué, mais a bien compris que cela ne changera rien. Il leur faut un coupable, de préférence noir. Il est parfait. Acculé, épuisé, il parvient à leur échapper de façon inespérée en se jetant dans un égout et en y découvrant un accès aux sous-sols du quartier. Une fois sous terre, il explorera l'une après l'autre les caves à sa portée, les pillant comme un gamin pillerait un magasin de jouets ou une pâtisserie, c'est à dire sans même se soucier de la valeur marchande des choses. Il considère par exemple, qu'il n'a aucun besoin d'argent, et utilise un magot qu'il a dérobé pour décorer les murs et le sol de son refuge.
   
   De sa cachette, il lui arrive aussi d'observer les humains et est ainsi témoin de certaines choses qu'il n'aurait pas dû voir... dont un meurtre.
   
   Parallèlement, comme nous le suivons tout au long de ce récit, nous assistons à l'écroulement mental de cet homme. On peut supposer qu'il a toujours été inculte et même ignorant, nous en venons peu à peu à penser qu'il est également psychologiquement fragile et sans doute au moins un peu intellectuellement débile. Et que ce qu'il a vécu depuis son arrestation, lui a fait perdre ses repères et son équilibre. Vraiment, un coupable idéal. Mais maintenant, un fugitif bien peu armé pour se sortir de cette situation. Si bien qu'alors qu'il avait des atouts dans son jeu, il finit par décider de retourner voir la police pour leur expliquer... vous découvrirez les conséquences.
   
   Richard Wright nous décrit une jungle urbaine où l'homme noir est gibier et chair à canon. Il y a quelque chose de dramatique au sens antique du terme dans ces destins d'hommes noirs que cet auteur nous présente avec tant de réalisme et de relief, quelque chose de l'ordre du fatum. L'homme blanc, violent ou simplement indifférent à l'injustice qui frappe, est l'environnement hostile. La situation qu'il nous dépeint ne pouvait qu'aboutir aux mouvements de révolte noirs. Il fallait qu'ils adviennent ; et certains faits divers récents nous amènent à nous demander si le travail est terminé. On en doute, malgré le paradoxe d'un président noir.

critique par Sibylline




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