Lecture / Ecriture
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Balzac et la petite tailleuse chinoise de Dai Sijie

Dai Sijie
  Balzac et la petite tailleuse chinoise
  Trois vies chinoises

Balzac et la petite tailleuse chinoise - Dai Sijie

La Chine des années 1970.
Note :

   J'avais entendu parler de ce livre il y a longtemps déjà, mais je n'avais jamais eu l'occasion de le lire. Alors, la semaine passée, en le trouvant dans les rayons de ma librairie, j'ai tout de suite voulu en savoir plus. Le résumé m'a accroché, et je suis reparti avec ce livre de Dai Sijie sous le bras.
   
   Et j'ai bien fait. Je me suis totalement laissé emporter par l'histoire et la voici : Durant le régime de Mao Zedong, les "intellectuels" sont envoyés en "rééducation" dans les campagnes. Le narrateur et son ami Luo se retrouvent dans un village de montagne. Grâce à leur intelligence, ils gagnent la confiance du chef qui les envoie régulièrement au cinéma pour qu'ils racontent ensuite ce qu'ils ont vu. De fil en aiguille (c'est le cas de le dire !) il rencontre un jeune fille, tailleuse. Elle ne sait pas bien lire et n'a presque pas reçu d'éducation. Il rencontre également le "Binoclard", intellectuel qui, comme eux, est rééduqué. Ce dernier possède un véritable trésor : une valise remplie de livres interdits par le régime de Mao. Grâce à ces livres, le narrateur et Luo vont amener de la joie et de la culture à la petite tailleuse...
   
   Un livre fort bien écrit, dans un style sobre et dépouillé, avec des descriptions splendides. Ce roman m'a quelque peu fait penser au style de Maxence Fermine (dont j'avais fait une critique il n'y a pas longtemps...). Je le conseille à tous ceux qui aiment les belles histoires, et également à ceux qui s'intéressent à la Chine des années 1970...
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critique par Onlykey




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Arrière-goût délicieux
Note :

    «L'histoire se déroule dans la Chine de la Révolution culturelle. Mao a décidé de faire "rééduquer" tous les jeunes "intellectuels" de la ville en les plaçant à la campagne afin qu'ils apprennent la vraie vie. Le héros et son ami, Luo, sont envoyés dans la montagne, bien qu'ils ne soient pas vraiment des "intellectuels": leurs parents sont considérés comme des opposants au régime, ce qui ne leur laisse que "3 chances sur mille" d'être un jour renvoyés vers la ville. Après le désespoir qui suit leur arrivée dans un monde à mille lieues du leur, Luo et son ami font la rencontre d'une jeune fille, la Petite Tailleuse, comme on l'appelle dans la région. A la même époque, ils découvrent qu'un de leurs amis, le Binoclard, qui effectue sa "rééducation" dans un village proche du leur, possède une valise remplie de livres interdits, sans doute de romans occidentaux. Le jour où le Binoclard accepte, contraint et forcé, de leur prêter Ursule Mirouët de Balzac, leur vie va basculer... »
   
    Un roman agréable à lire, court, et qui a le mérite de faire de Balzac un moyen de résistance à l'oppression intellectuelle qui sévissait dans la Chine maoïste.
   
   Les situations sont souvent décrites avec humour, notamment le choc des gens de la ville contre ceux des campagnes, lors de l'arrivée de Luo et de son ami (belle réutilisation d'une sonate de Mozart au profit de l'idéologie maoïste!), ou lorsqu'ils entreprennent de traiter la dent cariée du chef du village au moyen d'une machine à coudre (une belle scène de cruauté...). Les personnages sont évoqués avec une tendresse particulière, et l'on suit avec délices leur découverte de la littérature occidentale, Balzac, Hugo, Dumas...
   
   Un joli livre en somme, qui pèche parfois par un excès de naïveté, mais empreint de poésie. Le style est fluide et espiègle, et le dénouement surprenant, mais vraiment touchant, avec une utilisation inattendue de Balzac comme vecteur d'émancipation féminine chinoise...
   
    Un livre aussi doux qu'une friandise, qui se laisse dévorer d'une seule traite, et qui laisse un arrière-goût délicieux en bouche. Une ode à la lecture qui vaut le détour!

critique par Elizabeth Bennet




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