Lecture / Ecriture
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L’Homme-Jasmin de Unica Zürn

Unica Zürn
  Sombre printemps
  L’Homme-Jasmin

L’Homme-Jasmin - Unica Zürn

Plongées irrationnelles
Note :

   Ce livre est un très intéressant et très touchant témoignage sur l’univers de la folie et de l’asile psychiatrique tel qu’il pouvait être vécu dans les années 50-60.
   
   Unica Zürn est une artiste surréaliste (peintre, graveur, écrivaine) allemande qui fut la compagne d’Hans Bellmer et dont les crises psychiatriques se révélèrent sur le tard. Ces crises auront finalement raison d’elle puisqu’elle se suicida en 1970, après une dizaine d’années de maladie.
   
   Ce qui m’a le plus marquée dans les descriptions qu’Unica Zürn fait de sa maladie c’est sa manie de voir des signes magiques partout, ainsi elle interprète les taches et les marques sur sa porte de chambre comme des dessins de visages, et de même pour la forme des nuages où elle décèle des animaux magiques qui sont soit maléfiques soit bénéfiques. Il me semble d’ailleurs que le monde de l’enfance est aussi peuplé de ce genre de signes et symboles.
   
   Unica Zürn, lors de ses crises de folie, a aussi tendance à tout abandonner : elle quitte l’endroit où elle se trouve en laissant son sac avec ses papiers et son argent et se retrouve comme une vagabonde en pleine errance, dépossédée de tout.
   
   Lors de ses hospitalisations, elle décrit avec beaucoup de précision les autres malades, pour lesquels elle semble ressentir une grande pitié mais aussi de la curiosité devant leurs bizarreries.
   
   Elle est surtout obsédée par un homme qu’elle a rencontré à Paris, H.M., dont il est difficile de savoir si elle est amoureuse de lui ou si elle voudrait se mettre sous sa protection, et qu’elle appelle aussi "L’homme blanc" – je crois qu’il s’agit d’Henri Michaux mais je n’en suis pas certaine.
   
   Nous voyons aussi dans ce livre les méthodes de la psychiatrie dans ces années-là : premiers traitements médicamenteux, camisoles de force, internements à vie, enfermements… mais pour autant, Unica Zürn ne verse jamais dans le mélodrame, et montre au contraire beaucoup de reconnaissance pour ses médecins.
   
   Un livre finalement assez plaisant à lire, malgré le sujet difficile, et où règne une sorte de magie.

critique par Etcetera




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