Lecture / Ecriture
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Les Beaux Jours d'Aranjuez - un dialogue d'été de Peter Handke

Peter Handke
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AUTEUR DES MOIS D'OCTOBRE & NOVEMBRE 2016

Peter Handke est un écrivain autrichien né en Carinthie en 1942.

Il est le fils d'une cuisinière d'origine slovène et d'un soldat allemand. Il n'a pas connu son père et doit son nom à son beau-père, allemand également.

Il s’intéresse à la littérature dès son jeune âge et publie ses premiers textes dans le journal du lycée.

Il opte pour une écriture expérimentale et l'avant-gardisme.[

Le Prix Ibsen lui a été décerné en 2014 pour son « œuvre hors pair, dans sa beauté formelle et sa réflexion brillante».

Les Beaux Jours d'Aranjuez - un dialogue d'été - Peter Handke

Conversation au jardin
Note :

   Dans cette mise en scène de la parole, l’Homme et la Femme, dont les noms ne sont dévoilés qu’à la chute du rideau, — Fernando et Soledad — conversent, assis, dans un jardin d’été. Il jouent un jeu "prévu", aux règles précises. L’Homme mène l’échange ; ses interrogations aident la Femme à se remémorer — "sans tes questions je suis aveugle et muette" —, ses diverses aventures amoureuses, et à "gagner en profondeur". Tous deux tentent de comprendre le mystère de l’amour. Le dialogue de sourds s’installe parfois, quand chacun s’égare dans ses souvenirs. Peu à peu Soledad prie Fernando de l’interrompre, apeurée d’aller au bout de sa vérité. Le désir les habite, l’acte d’amour les libère, c’est un accomplissement qui les métamorphose en dieux.
   
   Fugace jouissance... Mélancolique de son enfance que symbolise la pomme, l’Homme dit sa peine de n’avoir pas trouvé l’amour dans la cabane forestière d’Aranjuez ; et la Femme confie sa douloureuse solitude. Toujours l’amour manque à leur désir : "j’ai faim" dit-il ; "j’ai soif" réplique-t-elle.
   
   Peter Handke nimbe sa pièce de poésie, et prête à ses personnages son extrême attention aux arbres, aux animaux, au mystère de la nature. Néanmoins la nostalgie amère atténue la lumière estivale car, à jamais, "chacun cherche son autre, même l’unicellulaire".
   
   Reste à espérer que l’adaptation de cette pièce à l’écran n’en brise pas l’extrême légèreté.

critique par Kate




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