Lecture / Ecriture
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Toujours la tempête de Peter Handke

Peter Handke
  Le Malheur indifférent
  Histoire d’enfant
  Le Colporteur
  L'angoisse du gardien de but au moment du pénalty
  Les gens déraisonnables sont en voie de disparition
  La femme gauchère
  La leçon de la Sainte-Victoire
  Par les villages
  Essai sur la fatigue
  Essai sur la journée réussie
  Par une nuit obscure je sortis de ma maison tranquille
  La Perte de l'image ou Par la Sierra de Gredos
  Don Juan - raconté par lui-même
  Kali - Une histoire d'avant-hiver
  Les Beaux Jours d'Aranjuez - un dialogue d'été
  Toujours la tempête
  Souterrain blues - Un drame en vingt stations
  La Grande Chute

AUTEUR DES MOIS D'OCTOBRE & NOVEMBRE 2016

Peter Handke est un écrivain autrichien né en Carinthie en 1942.

Il est le fils d'une cuisinière d'origine slovène et d'un soldat allemand. Il n'a pas connu son père et doit son nom à son beau-père, allemand également.

Il s’intéresse à la littérature dès son jeune âge et publie ses premiers textes dans le journal du lycée.

Il opte pour une écriture expérimentale et l'avant-gardisme.[

Le Prix Ibsen lui a été décerné en 2014 pour son « œuvre hors pair, dans sa beauté formelle et sa réflexion brillante».

Toujours la tempête - Peter Handke

« Tu reviendras hier »
Note :

   Le rideau se lève sur les huit membres d'une famille, placés dans un décor presque lunaire, en tout cas, désincarné. "Une lande, une steppe, une lande-steppe, ou n'importe où."
   
   Pourtant, contrairement à ce que ces indications pourraient laisser penser, c'est bien de ce pays-là tout particulièrement, la Carinthie, auquel ces personnages sont si attachés et dont l'auteur lui-même est originaire, qu'il va être question. tout du long
   
   L'action est donnée pour se passer "Maintenant, au Moyen-Age ou n’importe quand." mais
    là encore, ce seront les soubresauts bien précis et violents qui déchirèrent l'Autriche dans la première moitié du 20ème siècle qui seront détaillés.
   
   L'idée étant, on l'aura bien compris qu'à travers cette histoire familiale, et celle de ce pays, on atteindra une vérité universelle touchant aux douleurs de tous les peuples auxquels les guerres incessantes refusent une existence paisible.
   
   Le narrateur "Moi" convoque les souvenirs des membres de sa famille, qui se plaignent d'ailleurs qu'il le fasse trop souvent, mais il répond qu'il ne peut faire autrement. On comprend que sa vie actuelle, après guerres et invasions, est encore obérée par ce passé dont il est issu, et qu'il ne pourra vivre pleinement tant qu'il ne l'aura pas "digéré". Mais cela est-il possible ? C'est que de plus, il est bâtard de soldat allemand, aimé mais jamais retrouvé. Il évoque ce que vécurent à ce nœud de l'Histoire qui vit sa conception, sa mère et sa tante, ainsi que ses trois oncles et également ses grands-parents, tous regroupés en une ferme familiale ou plutôt une pommeraie, la famille étant spécialisée dans la production de pommes. Pro ou anti allemands, la plupart ne survivront pas et tous souffriront dans leur chair, dans leurs terres aussi bien familiales que nationales, et dans leur langue, victime comme eux des totalitarismes.
   
   "L'Histoire a dévoré ma vie, notre vie, le sentiment même de la vie."
   
   "Apprendre de l'Histoire ? Oui, la désespérance."

critique par Sibylline




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