Lecture / Ecriture
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Les Sautes d'Humour d'Elisabeth II de Karen Dolby

Karen Dolby
  Les Sautes d'Humour d'Elisabeth II

Les Sautes d'Humour d'Elisabeth II - Karen Dolby

... et de toute la cour
Note :

   Cela fait un moment que je louchais sur cette collection "Les Sautes d'humour"... j'hésite toujours à m'offrir celui de Jane Austen mais me dis que je dois retrouver la plupart des extraits dans ses romans. Qu'à cela ne tienne, lorsque j'ai repéré ce titre sur Elisabeth II, j'ai eu envie de tenter ma chance. Une reine anglaise pleine d'humour? Je veux bien le croire !
   
   Si on découvre ou re-découvre ici des anecdotes reflétant la personnalité de la reine, le livre porte néanmoins mal son titre. Tout d'abord, on aurait peut-être pu l'intituler "Les sautes d'humour de la famille royale" - le prince consort en particulier n'est pas en reste ici. Mais finalement, l'humour n'occupe qu'une place modeste. Ce livre est plutôt une sorte de petit guide d'introduction à la reine, à la famille royale, au protocole et à divers évènements qui ont marqué le règne d'Elisabeth II avec, il est vrai, des petites touches d'humour de-ci, de-là.
   
   Karen Dolby nous présente une Elisabeth II assez attachante, au caractère bien trempé, certes pas toujours commode mais jamais vraiment antipathique. Et surtout, une reine plutôt malicieuse. On la découvre ainsi dans sa jeunesse, qui se mêle à la population londonienne avec sa sœur pour fêter la fin de la guerre et qui raconte même avoir vu deux fois ses parents de loin, alors qu'elle était au milieu de la foule. Ce dernier soir on les reconnut mais, dès qu'un agent de police eut indiqué que les princesses désiraient "être traitées comme de simples particuliers", plus personne ne vint les importuner (p20). Autre exemple de son fort tempérament et de son audace, lorsqu'en 2012 on propose de faire un film d'introduction aux J.O. avec James Bond et la reine, celle-ci accepte et décide même de jouer son propre rôle. Même les princes Charles, William et Harry n'étaient pas au courant.
   
   Beaucoup de faits relativement connus, de petits détails du quotidien dans ce livre qui n'est pas sans évoquer parfois les émissions de Stéphane Bern, il faut bien l'avouer. Il en va ainsi de ses tenues excentriques, choisies pour ressortir dans la foule, de ses parapluies transparents permettant de toujours la voir ou encore de la façon dont elle évite les cadres gênants. Ainsi, lors de l'inauguration d'une exposition de Lucian Freud, elle confia avoir veillé à "ne pas être photographiée entre une de ces paires de grosses cuisses" (p40). Et à quelqu'un qui lui demandait si l'artiste l'avait représentée, Sa Majesté de répondre "Si, mais pas comme cela !" (p41).
   
   On découvre également une reine "du quotidien". Il y a des années de cela, avant l'invention du magnétoscope, elle alla demander à l'évêque anglican qui préparait la prière du soir à Windsor : "Cela vous ennuierait beaucoup de repousser l'heure de l'office ? Maman veut absolument regarder son feuilleton" (p138). A ceux qui s'imaginent une reine grande lectrice, attendez-vous à une certaine déception. La télé semble avoir davantage de succès. Quant aux lectures, elle aime les policiers et les livres avec des chevaux... notamment ceux d'une certaine Jilly Cooper, auteur d'un best-seller érotique Riders et d'autres batifolages plutôt osés se déroulant à la campagne ! (p138)
   
   Autre petite anecdote amusante : à l'un des convives qui parlait fort à Windsor pour couvrir le bruit des avions atterrissant à Heathrow, la reine passa le repas à préciser le nom de chacun des avions en train de passer (boeing 747, airbus...). Un peu plus étonnant (ou pas, pour une Anglaise ?), la reine croirait aux fantômes et aurait vu celui d'Elisabeth I alors qu'elle était enfant !
   
   Comme je le disais plus haut, le prince Philip est lui aussi régulièrement cité dans l'ouvrage. Ses remarques sont parfois drôles, parfois franchement condescendantes. Lui-même dit un jour : "La platopédalogie est la science qui consiste à mettre les pieds dans le plat, une science que je pratique depuis pas mal d'années déjà" (p45). Certaines de ses remarques ne le rendent pas franchement sympathique, comme son opinion sur la classe économique en avion, qui doit être vraiment "horrible", même s'il peut aussi être amusant. Il dit ainsi en 1966 à la directrice d'un hôpital antillais : "vous avez les moustiques, et moi j'ai la presse" (p147).
   
   Dans les traits d'humour que j'ai relevés, citons encore les surnoms au sein de la famille royale, et notamment celui de la princesse Alexandra, appelée "Pud" comme "pudding" parce qu'elle est née à Noël. Ou encore, l'opinion de la reine sur le golf : "Le golf me paraît une façon bien compliquée de se promener. Moi, je préfère sortir les chiens" (p119). Sans parler d'un certain flegme ou d'un humour pince-sans-rire. Le jour où elle trouva un domestique complètement soûl affalé au pied d'un escalier, elle se contenta de demander : "Quelqu'un pourrait-il aider Frank à se relever ? J'ai l'impression qu'il n'est pas dans son assiette" (p159).
   
   A recommander aux néophytes ou aux curieux. Une lecture légère et plaisante, parfaite pour se divertir un peu.
   
   
   PS : Dans la même veine, l'éditeur a publié Les Sautes d'Humour de Winston Churchill", "Les Sautes d'Humour d'Aibert Einstein", de Proust, d'Austen, de Freud...

critique par Lou




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