Lecture / Ecriture
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Premier sang de David Morrell

David Morrell
  Premier sang

Premier sang - David Morrell

Allo, Rambo bobo !
Note :

   En toute honnêteté en prenant ce livre en vue de la préparation d’une soirée consacrée aux Editions Gallmeister, je ne m’attendais pas à découvrir le premier roman des aventures de John Rambo ! Cela appelle deux commentaires : le premier est qu’il faut parfois lire les 4èmes de couverture, le second est que je n’ai vu aucun de la série des films avec Sylvester Stallone.
   
    Un homme, pour des raisons très futiles, s’attire les foudres d’un shérif autoritaire à la tête près de son étoile. La présence d’un jeune homme "Gamin" sur son territoire l’indispose au plus haut point. Ce dernier, barbu et chevelu, est raccompagné manu militari hors de la ville, mais il en a soudain assez de courber la tête ; alors il refuse de partir, question de principe, au nom de la sacro-sainte liberté américaine.
   
    Dans sa fuite des bureaux des autorités, il tue un fonctionnaire de police. Alors commence une chasse à l’homme et un mano a mano entre les deux anciens militaires.
   
    John Rambo est un ancien des forces spéciales américaines, fait prisonnier, torturé et humilié pendant plusieurs mois avant de s’évader.
   
    Le shérif, Wilfred Logan Teasle, lui, est un ancien de Corée, il est titulaire de "La Distinguished Service Cross", une des plus hautes distinctions américaines pour actes de bravoure.
   
    La fuite de John Rambo va transformer cette poursuite en une affaire personnelle entre ces deux vétérans, machines à tuer formées au combat. L’un jeune et solitaire, l’autre vieillissant, mais refusant des aides extérieures, puis il sera contraint d’accepter.
   
    Le fuyard va rencontrer dans la nuit deux hommes, le père et le fils, bouilleurs de cru clandestins, le plus vieux va accepter de l’aider, le nourrir, l’habiller et lui donner un fusil.
   
    Au matin l’armada du service d’ordre est en place avec un hélicoptère diffusant des messages disant aux promeneurs de se méfier et appelant Rambo à la reddition.
    Mais entre lui et Teasle c’est devenu une lutte à mort, que le meilleur gagne…
   S’il est encore possible qu’il y ait un vainqueur ?
   
    Après un carnage dans les rangs des forces de l’ordre, Teasle est obligé d’accepter le renfort de la "Garde Nationale"…
   
   John Rambo, soldat traumatisé de la guerre du Vietnam, erre sans but dans l’Amérique profonde, son souhait le plus cher, retrouver la paix extérieure et intérieure, même si cela est très difficile. Mais suivant les circonstances son entraînement de tueur, formé à l’école des forces spéciales, reprend le dessus. Plusieurs personnes y perdront la vie, mais il ne maîtrise plus rien. Son seul but, encore une fois, c’est la survie. Même les surhommes restent des humains…
   
   Wilfried Teasle, en plus de sa charge de travail, doit gérer un problème de couple, son épouse est partie et il attend une lettre d’elle. Et celle-ci n’arrive pas ! Alors passer sa mauvaise humeur sur ce garçon, sorte de hippy clochard, vagabond moderne qui lui semble inoffensif, grave erreur !
   
    Orval est plus prudent, lui et ses chiens pisteurs sont appelés en renfort, mais ses relations avec Teasle sont tendues. Il conseille à celui-ci d’attendre des renforts, ce qui serait de la plus grande sagesse.
   
    Un final en forme d’apocalypse sanglante, semble-t-il différente du film, dans les superbes décors du Kentucky.
   
    Un très bon roman mêlant aventures, constat social avec le refus de la différence d’un shérif vis-à-vis de John Rambo, et des superbes descriptions de paysages.
   
    Chaque chapitre a son propre narrateur ce qui permet de suivre l’histoire avec deux points de vue.
    En fin d’ouvrage, l’auteur nous explique la création de ce roman.
    Pour moi une découverte inattendue.
   
    Extraits :
   
   - Même de jour, ces montagnes sont difficiles, et je ne vais pas y lâcher mes chiens de nuit, courant à l'aveuglette, juste parce que tu as envie de te faire mousser.
   
   - On aurait dit de l'alcool à 200°, fort, brûlant sa langue, sa gorge, réchauffant chaque centimètre jusqu'à son estomac. Il manqua de s'étrangler.
   
   - Il n'avait envie de tuer personne, mais il n'avait pas le choix non plus.
   
   - C'était tout à fait ça. Un coq. Voilà ce que tu es Teasle, un coq de combat.
   
   - L'habitude de la mort revenait.
   
   - Par la faute de Teasle, il était devenu, une fois de plus, un tueur et il était recherché pour meurtre.
   
   - Je déteste la guerre, mais je crains encore plus le jour où les machines remplaceront les hommes. Au moins, pour l'instant, un homme peut encore survivre grâce à son talent.
   
   - Deux morts de plus. Cela en faisait combien, en tout ? Quinze ? Dix-huit ? Il mélangeait soigneusement les chiffres dans sa tête pour éviter de connaître le nouveau total.
   
   - Ou alors, tu peux te tuer. Ça aussi, on t’a appris à le faire. Au cas où vraiment, tu n'en pourrais plus.
   

    Titre original : First Blood (1972).

critique par Eireann Yvon




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