Lecture / Ecriture
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Le Diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger

Lauren Weisberger
  Le Diable s’habille en Prada
  People or not people

Le Diable s’habille en Prada - Lauren Weisberger

Drôle et frais, une épopée superficielle mais… rondement menée !
Note :

   Evidemment j’ai vu le film. Il m’a amusé, ce qu’il faut. J’aime Meryl Streep, je peux donc tout lui pardonner. Et maintenant, quelques mois plus tard, voilà qu’on m’offre le livre. Bon. Comment réagir face à ces six cents pages vues sur grand écran ? Et là, j’ai eu comme un réflexe que je pourrais qualifier de « Bridget Jonessien ». J’avais lu ce journal croustillant dont l’humour m’avait transporté de rire jusqu’aux larmes, là où le film qui en avait résulté m’avait profondément déçu. Me voilà donc en passe de faire le chemin inverse avec « The Devil Wears Prada ».
   
   Et quelle surprise ! Encore une fois l’adaptation était très approximative et finalement assez loin des pages du roman. Beaucoup plus drôle, beaucoup plus complexe et beaucoup plus précis également. Moins machiavélique au fond. Mais on y découvre une Andrea bien plus spirituelle, bien plus torturée par son propre renoncement face à toute l’horreur que lui inspire l’univers de la mode. Lauren Weisberger, l’auteur, nous convie à une exploration subtile et méthodique de toute la cruauté installée par la mante religieuse Miranda Prestly. Ce n’est pas qu’un glaçon géant qui balance à tour de bras des réparties cruelles piquées au best-of d’émissions comme La Nouvelle Star. C’est une femme partie de rien et arrivée au sommet. Ce n’est pas une manipulatrice sadique mais seulement une femme caractérielle à qui personne n’a jamais osé dire « merde ».
   
   Ce roman reste un accessoire extrêmement plaisant pour accompagner une serviette de plage et un tube de crème solaire. Beaucoup d’autodérision dans la description d’une perfection illusoire que personne n’atteindra jamais.
   
   Pour ceux qui y avaient échappé jusqu’alors, le pitch :
   Miranda Prestly est la rédactrice en chef de Runway, LE magazine de mode qui fait la pluie et le beau temps dans ce domaine sur tout le territoire mondial. C’est une affreuse mégère tyrannique devant qui tout un chacun est pétrifié de trouille. Andrea Sachs, fraîchement émoulue de la fac, se retrouve un peu par hasard recrutée par le magazine et devient l’assistante personnelle de Miranda. Ce livre raconte son calvaire, au départ fixé à un an.
   
   Le parallèle doit être fait : l’auteur a été l’assistante personnelle d’Anna Wintour, dame patronnesse du magazine Vogue à New York, réputée pour être la grande prêtresse mondiale de la mode et l’employeur le plus tyrannique qu’il soit (mais dans le vrai monde !).

critique par Kassineo




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L’enfer de la mode
Note :

   Andrea Sachs, vingt-trois ans, rêve de faire carrière dans le journalisme. Quand, à la fin de ses études, elle se voit offrir le poste d'assistante personnelle de Miranda Priestly, rédactrice en chef du prestigieux magazine de mode new-yorkais Runway, elle croit tenir la chance de sa vie : des milliers de filles se damneraient pour ce job, réputé ouvrir toutes les portes dans le monde de la presse. Mais Andrea ne va pas tarder à découvrir que Miranda est un tyran en jupons, narcissique et adepte de la torture mentale, qui la harcèle d'exigences 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. La vie d'Andrea devient un enfer permanent, tandis qu'elle s'éloigne peu à peu de sa famille et de ses amis. Pour écrire ce roman, Lauren Weisberger s'est inspirée de sa propre expérience d'assistante d'Anna Wintour, directrice de Vogue, ce qui apporte à l'intrigue un certain réalisme.
   
   Etant allergique à la mode et aux magazines féminins, «Le Diable s'habille en Prada» avait a priori peu de chances de m'intéresser. Eh bien je dois reconnaître que j'ai été agréablement surprise. Andrea, qui n'a rien d'une "fashion victim", porte un regard férocement lucide sur le milieu superficiel qui l'entoure. Le monde de la mode et ses corollaires (le culte de la minceur entre autres) sont disséqués avec une ironie mordante et jubilatoire. On s'amuse des exigences irréalisables de Miranda, et du parcours du combattant que doit accomplir Andrea pour les satisfaire (exemple : se procurer en avant-première deux exemplaires du 4ème volume des aventures d'Harry Potter et les envoyer en jet privé à Paris où séjournent Miranda et ses jumelles!).
   
   Aussi sympathique qu'il soit, le roman n'est cependant pas exempt de défauts. Il souffre de longueurs, la fin est convenue, l'auto-satisfaction de l'héroïne agaçante. En outre, le trait dans la description du personnage de Miranda est un peu forcé : son caractère exagérément méchant manque de subtilité. On sent que Lauren Weisberger règle ses comptes avec son ancienne patronne.
   
   Sans être le roman du siècle, «Le Diable s'habille en Prada» se lit avec plaisir grâce à son cocktail très efficace de glamour, de drôlerie et de sadisme.

critique par Caroline




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