Lecture / Ecriture
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Utu de Caryl Férey

Caryl Férey
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  Famille Nucléaire
  Condor
  Les nuits de San Francisco
  Plutôt crever
  Comment devenir écrivain quand on vient de la grande plouquerie internationale
  Utu
  Pourvu que ça brûle

Caryl Ferey est un écrivain français né à Caen en 1967.

Utu - Caryl Férey

L’ombre sombre du passé !
Note :

   Retour en Nouvelle-Zélande avec ce roman, prolongement de "Haka". Sauf que suite à la mort très mystérieuse de Jack Fitzgerald l’enquête sur laquelle il travaillait n’est toujours pas résolue.
   
    Roman en trois parties : "Un goût de caillou","Rechutes" et "Le gardien des os".
   
   Paul Osborne s’est exilé en Australie, mais les autorités Néo-Zélandaises, pour essayer de faire oublier le fiasco de l’enquête sur un meurtrier, qui s’est soldée par la mort de plusieurs policiers et le "suicide" du chef enquêteur, lui demandent de rentrer au pays.
    C’est un des meilleurs spécialistes des questions maories et il ne croit pas à la thèse officielle de la mort de son supérieur Jack Fitzgerald.
   
    Une hache de collection a été volée chez Nick Melrose, un riche homme d’affaire et écrivain sulfureux et controversé ! Pas d’effractions malgré les systèmes de sécurités ? Ni lui ni sa fille Mélanie n’ont rien entendu.
   
    Le corps d’une jeune femme est découvert à moitié dévoré par les requins, problème : des traces d’une drogue végétale, le "Tutu", en quantités phénoménales sont découvertes dans ses cheveux ! Il s’avère qu’elle avait un emploi de comptable dans une des entreprises de Melrose. Les deux affaires ont-elles un lien ?
   
    Les méthodes d’Osborne ne sont pas du goût de ses supérieurs, son penchant pour l’alcool et la drogue lui valent quelques démêlées dans les bars de la ville.
   
    Il croise le chemin d’Ann Brook, superbe et jeune mannequin sans tabou. La nuit sera festive, alcool, drogue et sexe à outrance… le réveil sera dur, appartement saccagé, Ann Brook est découverte assassinée.
   
    Les souvenirs d’Osborne sont fragmentaires, que s’est-il passé durant cette nuit ?
   
   Paul Osborne est un homme hanté depuis des années, depuis son enfance par son père qu’il n’a pas connu, et qui l’a rejeté quand il a tenté de renouer le contact. Il porte aussi le poids de Hana jeune femme dont il a été follement amoureux. Chez lui maintenant alcool et drogue font bon ménage ! Pour le meilleur, mais aussi pour le pire.
   
    Il veut savoir ce que sont devenus Zinzan Bee, maori au passé trouble, et Malcolm Kirk, sérial killer, qui lui aussi s’est volatilisé ? Sont-ils morts ou tirent-ils encore les ficelles dans l’ombre ?
   
   Cet excellent roman nous plonge dans le monde des traditions maories, faites de croyances anciennes, de rancœurs suite à la spoliation de leurs terres par les Européens. Certains d’entre eux adhèrent à des mouvements extrémistes et n’hésitent pas à tuer.
   
    L’auteur dans le domaine littéraire parle d’Alan Duff pour son livre, dont il a été tiré un film, "L’âme des guerriers", très bon roman sur la condition des Maoris dans la Nouvelle-Zélande moderne et, ici, fortement corrompue, violente et au racisme latent.
   
   
    Extraits :
   
    - Fin de la repentance : car, indemnités ou pas, la condition des Maoris n’était guère reluisante, surtout comparée à celle des Blancs. Sous-diplômés, chômeurs à près de 20 %, condamnés à survivre d’allocations, dépossédés de terres que leurs ancêtres avaient vendues en connaissance de cause ou qui leur avaient été abusivement confisquées, marginalisés, appauvris, beaucoup de Maoris étaient aujourd’hui contraints de chercher refuge dans les villes.
   
   - Quant aux squales, il y en avait au large, des petits, et, pour peu que la fille saignât, il était fort possible qu’ils en aient fait leur festin. Mais de là à lui arracher les jambes, les pêcheurs faisaient la moue : ici c’était pas l’Australie…
   
   - Après, le trou noir : MDMA, alcool, datura, acide, tout lui explosa au cerveau. Un vide total où, privé de conscience, il se délecterait bientôt de sublimes approximations éthyliques.
   
   -Car ces mokos, si raffinés fussent-ils, étaient des tatouages de guerre.

critique par Eireann Yvon




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