Lecture / Ecriture
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La baïne de Eric Holder

Eric Holder
  La Belle Jardinière
  Les sentiers délicats
  La baïne
  Bienvenue parmi nous
  La belle n'a pas sommeil

Éric Holder est romancier français né en 1960.

La baïne - Eric Holder

Finalement...
Note :

   Finalement, je ne sais pas trop quoi penser de ce livre
   
   Voilà un livre pour lequel je suis encore dubitative quant à mes ressentis. À vrai dire, je ne sais pas vraiment si l’ensemble m’a plu ou non car bien des sentiments opposés m’ont traversée tout au long de la lecture.
   
   L’histoire, tout d’abord, est on ne peut plus convenue, abordée déjà dans tant et tant d’ouvrages, mais pimentée ici d’une touche dramatique qui rehausse quand même l’ensemble et m’a fait continuer la lecture jusqu’au bout.
   
   Sandrine, une jeune mère d’une trentaine d’années, s’est installée sur les terres de son époux à Soulac, dans le Médoc. Elle y mène une existence assez harmonieuse et tout à fait ordinaire où les jours se succèdent sans qu’il s’y passe grand chose et ouvrent petit à petit une lucarne à l’ennui. Jusqu’au jour où elle rencontre Arnaud qui sollicite ses connaissances de la région en vue de réaliser un film. Assez vite, l’histoire glisse dans une relation adultère très classique avec son lot de sentiments qu’il faut dissimuler, ces questions qu’il faut éviter, ces mensonges à construire et cette prudence à entretenir toujours.
   
   Jusque-là rien d’original ! Pas de quoi aiguillonner des émotions particulières. À noter toutefois, ces très belles descriptions d’une région que je ne connais absolument pas. Et surtout cette partie du littoral entre fleuve et océan, victime des éléments et qui renferme bien des secrets et des mystères.
   Une région toutefois où ses habitants entretiennent un caractère communautaire excluant insidieusement tout étranger. Et Sandrine reste invariablement une « étrangère » pour le voisinage, quoi qu’il en soit. Ainsi, les commérages vont bon train et les surveillances se font de plus en plus étroites jusqu’aux règlements de compte punitifs.
   
   Après la lecture de ce livre (très rapide) et la prise de notes de premiers ressentis, j’ai volontairement attendu quelque temps afin de pouvoir arrêter mon avis. Force est de constater qu’après quelques jours, son impact s’étiole assez rapidement pour qu’il n’en reste en mémoire, tout au moins dans la mienne, que quelques bribes d’une histoire assez banale, tout à fait ordinaire très proche de tout un chacun (plutôt chacune, je crois). Ce qui peut lui conférer une éventuelle force. Mais voilà, les quelques émotions qui m’ont traversée n’ont pas été durables.
   
   Je remercie toutefois l’auteur pour la découverte de ce petit coin de France et notamment cette baïne « une lagune entre le rivage et un banc de sable, formée par la houle de l'Atlantique. Des failles dans le banc génèrent un courant violent, appelé " sortie de baïne ", qui attire au large le nageur imprudent. »
   
   En définitive, il me semble que ce livre a plutôt l’allure d’un synopsis de téléfilm susceptible d’émouvoir un tant soit peu par son final tragique.
   
   PS : Même si Vincent Delerm chante dans "Fanny Ardant et moi" : ♫♪♫♪"Elle est posée sur l'étagère, entre un bouquin d’Eric Holder, un chandelier blanc Ikea ..."♫♪♫♪
    ↓

critique par Véro




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Adultère à terre
Note :

   Plusieurs raison à ce jeu de mots ras du sol. D'abord cette autopsie d'un amour extraconjugal est somme toute banale. La description est complète et, à mon goût, peu sublimée par le style. C'est un récit agréable à lire, bien rythmé, où l'on s'attache au personnage principal mais peu aux seconds couteaux. Ensuite c'est une histoire qui se veut ancrée dans un terroir, celui du Médoc. L'auteur d'ailleurs s'excuse en fin de livre, eh oui... auprès des gens du cru qu'il aurait blessés de ses descriptions. Il prend l'excuse du point de vue de "l'étranger", celui qui ne saisirait pas tout des traditions locales en quelque sorte...
   
   Alors nous sommes en compagnie de Sandrine, marié à Julien, amie avec Anne-so et Manou, mère de Maxime et Célia... Quand elle croise dans son Soulac hors-saison, ville du bout du Médoc, Arnaud "l'étranger", elle tombe sous le charme...
   
   Puis nous sommes en compagnie d'Arnaud, parisien solitaire, loser amoureux, pas encore tout à fait détaché de son histoire familiale douloureuse, une mère partie trop vite et un père égoïste qui lui a peu facilité son épanouissement... Quand il rencontre, en repérage pour un téléfilm provincial pour son père à Soulac, Sandrine, c'est une bouée à laquelle il s'accroche pour ne pas tomber au fond de l'océan...
   
   Ces deux-là avaient besoin l'un de l'autre. Ils entament alors une relation épisodique qui leur fait du bien... Elle sort de son ennui et petit à petit reprend confiance, resplendit. Il sort de sa période dépressive, elle lui rend le goût...
   
   Mais la vie est sinueuse, compliquée, belle et parfois tragique...
   
   Je pense que j'oublierai vite les moments qui m'ont semblé sonner faux, certains personnages secondaires peu fouillés, certaines situations un peu bateau, ces parenthèses rajoutées après certains mots locaux... Le tout m'a semblé un peu "parisien" découvrant la sauvage "province"... Reste une histoire sensible avec des personnages en proie aux doutes... Bien que certains grands écarts, l'ingénieur de mari au caractère d'un bourru et peu ouvert paysan, m'aient semblé peu crédibles, j'ai apprécié la sensibilité du point de vue sans trouver le tout transcendant.

critique par OB1




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