Lecture / Ecriture
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Vagabonds de la vie de Jim Tully

Jim Tully
  Vagabonds de la vie

Vagabonds de la vie - Jim Tully

Autobiographie d’un hobo
Note :

   J’avais lu, il y a plusieurs années maintenant un livre sur le même sujet : Boxcar Bertha de Ben Rietman, "Les hobos américains". Plusieurs ouvrages sur le sujet ont été édités dernièrement dont celui-ci, datant de 1924.
   
    Jim Tully, que je découvre à cette occasion et grâce à la préface de Thierry Beauchamp, fut de son temps un écrivain en vogue avant de tomber dans l’oubli.
   Un jeune garçon, né le 3 juin 1886 descendant d’une lignée de "brigands irlandais, pleins de verve et de grandiloquence". Au décès de sa mère, il connut l’orphelinat, puis il fut l’esclave d’un fermier fou.
    Puis en 1901, sa décision est prise, c’est le voyage, la liberté malgré son jeune âge et les dangers et privations qui le guettent.
    Pendant six ans, il mena l’existence des hobos, vagabonds nord-américains voyageant par le rail, squattant les trains postaux de marchandises, de transport de bétails, bref tout ce qui roulait d’une ville américaine à une autre. Soit ils étaient vagabonds, soit ils étaient ouvriers saisonniers passant ainsi d’un travail (mal payé) à un autre (aussi mal payé).
   
    En voiture… et les aventures ne manqueront pas !
    Des plus agréables, le vol de la veste d’un pasteur bénissant ses ouailles dans le fleuve, un simulacre de procès en prison où plus l’accusé est un mauvais garçon plus il est absout. Mais les moments de solitude et de désarroi sont les plus nombreux. La mort est omniprésente, la maladie, les décès dus à la violence ou policière ou entre eux, pour de l’alcool ou tout autre motif. Il assiste aussi au lynchage d’un noir dans le sud profond. Il connut la vie dans la "Jungle" (déjà !) mais aussi des amitiés profondes avec des jeunes de son âge mais aussi moins souvent avec des femmes que l’on pourrait péjorativement qualifier de mauvaise vie !
    Il y a comme dans dans toutes sociétés des forts et des faibles, ici le mot "Jocker" est un être dominant qui exploite un plus jeune qui lui est un "Punck" qui est parfois échangé ou vendu !
   
    Beaucoup de personnages dans les années de cheminots, en particulier "Oklahoma Red" enfant de Dublin, colosse martyrisé durant son enfance qui sera particulièrement bienveillant pour Jim. Il mourra ivre en loupant la marche d’accès d’un train en marche ! Une mort digne d’un hobo !
    Edna, jeune et belle prostituée, violée par son père et son frère, l’enfant né de ces incestes mourra à la naissance. Elle tuera ses deux violeurs et sera acquittée de ces meurtres !
   
   Certains critiques américains considèrent que ces écrivains voyageurs furent les précurseurs de la "Beat Generation".
   Il est à noter le vocabulaire parfois très imagé des hobos par exemple "Planteur d’hommes" pour entrepreneur de pompes funèbres !
    Les principales villes des États-Unis ont leur diminutif : Cincy pour Cincinnati, Chi pour Chicago, Pittsy pour Pittsburgh, etc.
   
   Un excellent livre d’une lecture très enrichissante, où il est beaucoup question de littérature !
   
    Extraits :
   
    - Merveilleux ! Tu as un bel avenir d'ivrogne devant toi, petit.
   
   - Il me fallut des années pour comprendre que les hommes et les femmes sont à peu près les mêmes au sommet et à la base de la société. Mais ces pauvres diables n'en surent probablement jamais rien.
   
   - J'eus accès à une quantité de livres et de magazines. Je vagabondai en Inde avec le King de Kipling et sur les routes d'Angleterre avec la Tess de Hardy.
   
   - J'ai été guéri de la typhoïde et de la malaria, mais la fièvre du voyage me brûlait toujours autant.
   
   - La nature humaine étant ce qu'elle est, j'oubliais mon compagnon de misère et partit avec l'ouvrier au bleu de travail souillé d'éclaboussures de plâtre.
   
   - Des années plus tard, quand mon premier livre fut publié, un célèbre écrivain déclara, non sans une certaine condescendance, qu'il était difficile d'apprendre à écrire pour un ancien vagabond.
   

    Titre original : Beggars of Life. Autobiography of a Hobo. (1924).

critique par Eireann Yvon




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