Lecture / Ecriture
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M comme: Chiisakobé de Minetarô Mochizuki

Minetarô Mochizuki
  M comme: Chiisakobé

M comme: Chiisakobé - Minetarô Mochizuki, Shügorô Yamamoto

Plutôt pour ados
Note :

   Fauve de la meilleure série au festival d’Angoulême 2017
   
   Vous lirez partout le plus grand bien de ce manga qui vient de surcroit d'obtenir le Fauve de la meilleure série au dernier festival d’Angoulême, et mon commentaire sera peut-être le seul plus réservé que vous aurez l'occasion de lire, alors profitez-en bien.
   
   L'histoire est l'adaptation d'un roman de l'écrivain populaire Shügorô Yamamoto (1903-1967) écrit en 1957, et sa transposition à notre époque, alors que le roman original situait l'action à l'époque d'Edo – 17ème au 19ème siècle, c'est large ! - (source éditeur, car je n'ai pas lu le roman de Yamamoto, les autres commentateurs non plus d'ailleurs, mais moi, je le dis). Bon, poursuivons.
   
   Le héros, Shigeji Daitomé, qui travaille sur le chantier paternel après ses études qui viennent de se terminer, apprend brutalement la mort de ses deux parents dans un gigantesque incendie qui a ravagé leur quartier et, par là-même, qu'il devient le nouveau patron de cette entreprise de charpenterie dont dépendent plusieurs ouvriers et employés. Il a l'aspect d'un hippie et même un peu le look de Chewbacca (en moins décidé) et personne ne croit qu'il va être capable de mener cette tache à bien. (évidemment, tout le monde se trompe, je me demande si vous l'aviez deviné). Il termine son chantier, montrant ainsi sa force de caractère, puis retourne dans la maison familiale. Il s'y est adjoint les services d'une jeune et jolie jeune femme qui se chargera du ménage et de la cuisine (et avec laquelle on est sensé se demander s'il va s'entendre) Elle a logé dans la maison quelques orphelins dont l'orphelinat voisin a brûlé (ainsi que les responsables semble-t-il car plus personne ne s'occupe d'eux). Shigeji n'apprécie guère cette invasion, d'autant que les garnements sont loin d'êtres sages et demande aux service sociaux de venir les récupérer au plus vite. Les services sociaux viennent, mais finalement... Devinez.
   
   Voilà, nous avons là le début d'une série qui comportera cinq volumes, dont quatre que je ne lirai pas. Vous aurez peut-être deviné que je trouve l'histoire bien trop convenue et que j'y vois pour ma part l'accumulation d'une tonne de clichés. Je pense qu'il serait bon de considérer que ce manga vise un public adolescent. Au delà, il doit avoir plus de mal à convaincre.
   
   Le dessin est très beau mais extrêmement statique. On a l'impression de voir, non un film, mais une série de photos. C'est un parti pris de l'auteur et on doit l'accepter. Beaucoup de cases montrent des détails, et parmi ces détails, beaucoup de poings fermés, de mains crispées, d'attitudes raidies. On a constamment une impression de forts sentiments contenus. Un procédé que je trouve un peu lourd pour nous faire comprendre qu'il y a beaucoup de sous-entendus ou de non-dits. C'est un peu moins vrai quand il y a les enfants. Les dialogues sont brefs, les expressions de visages le plus souvent neutres.
   
   Incontestablement, c'est un manga seinen (ce qui signifie qu'il est destiné à des adolescents ou jeunes adultes). De ce point de vue, il n'est pas mauvais. Au-delà, non, ça ne va pas.

critique par Sibylline




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