Lecture / Ecriture
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Le roi du K.O de Harry Crews

Harry Crews
  La foire aux serpents
  Car
  Nu dans le jardin d'Eden
  Des mules et des hommes
  Le roi du K.O

Harry Crews est un romancier américain né en 1935 et décédé en 2012.

Le roi du K.O - Harry Crews

On n’est jamais si bien sévi que par soi-même
Note :

    J’ai lu Harry Crews avec des fortunes diverses, mais des deux romans déjà lus et chroniqués sur ce site, aucun ne m’a laissé indifférent. Le verdict, ici, est le même !
   
    Le côté obscur de la Nouvelle-Orléans qui semble peuplée uniquement de personnages sulfureux !
    Eugene a plusieurs surnoms souvent un peu péjoratifs "Knockout", "K.O." ou "Cogneur" Après une carrière plutôt minable comme boxeur, terminée par une série de défaites par K.O., il vivote à la Nouvelle-Orléans ! Pour arrondir ses fins de mois, il se produit dans des endroits louches de la ville. Le clou de ce spectacle est qu’il se met K.O. lui-même.
   
    Au cours d’un de ses spectacles, il fait plusieurs connaissances qui vont changer le cours de sa vie, et pas toujours dans le bon sens ! Il y a d’abord Jake qui se fait passer pour son manager femme.
   
    La soirée est organisée par l’Huitre ! Qui ?? est là en spectateur, nu et tenu en laisse avec un collier à clou, par un jeune garçon obèse ! Le reste des invités est à l’avenant ! Mais cet argent fait du bien.
   
    Son seul ami est Pete, un autre ancien boxeur, qui l’a défait lors de son dernier combat et responsable de son dernier K.O. en combat. Pete est projectionniste dans une salle de cinéma pour le moins hors normes. La plupart des films sont des "Snuff movies". Il boit énormément et est amoureux d’une strip-teaseuse, bref une vie de misère pour lui aussi.
   
    L’Huitre est en réalité un riche homme d’affaires, J.Albert Blasingame, qui au cours d’une croisière sur son yacht propose aux deux amis un travail, Il finance l’achat d’un jeune boxeur prometteur et Eugène et Pete deviennent ensemble entraîneurs et coach d’un jeune canut pas trop futé, Jacques Deverouge.
   
    Bonne affaire ou marché de dupe…
   
   Eugene Talmadge Briggs semble broyé par une sorte de malédiction profonde. Pauvre gars de Georgie du Sud, parents sans instruction, il espérait que la boxe allait le rendre un peu riche et célèbre, mais hélas non. Abandonné à la Nouvelle-Orléans par son dernier manager, après une défaite de trop, il vivote de petit boulot en petit boulot ! Les personnages qui gravitent autour de lui ont eux aussi leur lot de cadavres dans les armoires !
   
    Que sont réellement les "recherches" de Charity ? Ses papiers sont rangés dans le tiroir d’un bureau fermé par un cadenas ! Elle héberge Eugene, semble financièrement très aisée, pouvant se permettre de l’habiller de pied en cape avec des vêtements de prix !
   
    Peu de gens normaux dans ce roman, tous semblent à des degrés divers un brin dégénérés ou décadents ! Seul le jeune boxeur, Jacques Deverouge, est humain… pour combien de temps ?
   
    Un des livres les plus étranges que j’aie lu dans ma modeste carrière. Sorte d’OVNI littéraire.
    Un récit envoutant, hypnotisant que l’on dévore pour rester sur sa faim ! Seul le final laisse, à mon goût, un peu à désirer.
    Une plongée sans oxygène, dans non pas les bas-fonds, mais les hauts fonds du vice où l’argent semble tout permettre !
    Une fin en forme de fuite… après nous le déluge ! Après nous…
   
   
   Extraits :
   - Il n'avait pas eu l'intention de faire ça, mais l'intention n'entrait pas en ligne de compte.
   
   - Il savait qu'il aimait sa mère, son père et frère, et qu'eux l'aimaient. Ça il le comprenait. Mais l'amour entre un homme et une femme, c'était un mystère, ça l'avait toujours été. Il n'avait jamais vu son père ne fût-ce que prendre sa mère dans ses bras.
   
   - Il mentait, donc, mais pas vraiment, parce que ici c'était la Nouvelle-Orléans, et il savait qu'une fête dans cette ville n'avait rien à voir avec une fête comme chez lui.
   
   - Il songea qu'il n'avait probablement jamais frappé un boxeur aussi fort qu'il s'était lui-même frappé aujourd'hui. Il saliva un peu de manière à pouvoir parler.
   
   - ... Et c'est ainsi finalement qu'il fut amené à découvrir ce qu'il considérait à présent comme la sous-ventrière poilue et puante de la Nouvelle-Orléans.
   
   - Il lui apparut qu'aller faire son numéro lui était de plus en plus difficile. Il repensa au lion au fond de sa fosse. S'échapper n'était pas seulement impossible, c'était inimaginable.
   
   - Il faut que j'y aille, Jake. Comme on dit en Georgie du Sud, j'ai des cochons à appeler et des poulets à nourrir.
   

    Titre original : The knockout Artist. (1988)

critique par Eireann Yvon




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