Lecture / Ecriture
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Le testament de Lapérouse de François Bellec

François Bellec
  Le testament de Lapérouse

Le testament de Lapérouse - François Bellec

Au fils des ans et des flots
Note :

    La disparition de l’expédition commandée par La Pérouse, forte de plus de deux cents hommes est longtemps restée un mystère. Celui-ci se dissipe petit à petit au fil des siècles !
   
    Il est maintenant certain que le naufrage a eu lieu au large de l’île de Vanikoro et que plusieurs marins furent rescapés, ayant réussi à gagner la terre ferme.
   
    François Bellec construit un roman qui mêle les dernières découvertes scientifiques et le plausible, la vie de trois survivants attendant en vain un navire européen qui ne viendra qu’après leurs morts.
   
    Les titres des chapitres font référence à plusieurs saisons, celles de la vie d’une île et des naufragés qui vivent dans une prison en plein air. "La saison des Tempêtes, "La saison des pluies", "La saison des orages", et se termine par "Le calendrier des bambous".
   
   Tuer le temps, s’occuper, tenir jusqu’au lendemain etc… etc…
   
   Trois hommes réunis par un "accident de mer", La Pérouse, comte et commandant de l’expédition, Rollin, chirurgien, botaniste et naturaliste, Caraucant, l’homme d’équipage.
   
    Se retrouver au moins une fois par jour, aux environs de midi autour d’une lunette d’astronomie, ne pas perdre le fil du temps, manger, lire ce qui a pu être sauvé de la bibliothèque de bord. Rollin, lui, a, à portée de mains, un domaine inexploré qu’il découvre avec empressement. Caraucant, plus terre à terre et sans préjugés, a trouvé une femme, Maïna, il est moins présent. Les autochtones, enfin certains d’entre eux, les ont bien accueillis.
   
    Les discussions vont bon train, on philosophe, on se chamaille parfois, on crée un club de Francs-Maçons. Ces deux hommes tentent de rester civilisés, prennent soin d’eux-mêmes avec les moyens du bord.
   
    Ils assistent à certaines guerres tribales, subissent les caprices de la météo, des tempêtes tropicales et autres moussons.
   
    Parfois La Pérouse ou Rollin qui tiennent tant bien que mal un calendrier pensent à ce qui se passe à Versailles ; ils imaginent des fêtes pour l’anniversaire du roi… alors que la révolution est passée par là et que le Roi a été guillotiné. La légende dit que celui-ci montant au supplice aurait demandé :
    "A-t-on des nouvelles de monsieur de La Pérouse ?"
   
   Le contraste est flagrant, entre les points de vue des deux hémisphères, en France la Bastille a été prise, la Révolution bat son plein, l’Europe nous déclare la guerre, les troupes étrangères envahissent le pays.
   
    Malgré cela une expédition commandée par Bruni d'Entrecasteaux (1791-1793) reviendra bredouille.
   
    La Pérouse et Rollin tentent de prendre la mer, Caraucant qui est maintenant père de famille refuse de se joindre à eux !
   
    Trois personnages principaux, venant de mondes différents : le commandant de l’expédition, Jean François de Galaup, comte de La Pérouse, Rollin, chirurgien et naturaliste, et un homme d’équipage Caraucant (il est d’ailleurs amusant ou consternant que La Pérouse ne lui demandera son prénom que sur son lit de mort !)
   
    Livre qui oscille entre documentaire, c’est réussi, et roman que j’ai moins aimé. Une écriture que j’ai trouvé un peu sèche, manquant de poésie et de lyrisme. Néanmoins un ouvrage intéressant pour découvrir ce grand navigateur que fut La Pérouse.
   
    Extraits :
   - C'est en se réveillant de leur sommeil comateux qu'ils réalisèrent qu'ils étaient désormais des morts vivants. Des marah.
   
   - Notre devoir d'hommes est de nous échapper d'ici.
   
   - Nous sommes des moines malgré nous, Rollin. Inutile comme tous les parasites en robe de bure que nous avons rencontrés dans les missions espagnoles d'Amérique. Sauf que nous sommes moins paillards qu'eux.
   
   - Personne n'avait imaginé j'en conviens, Monsieur, de prévoir des rechanges de corps pour quinze ans.
   
   - Ils se sont laissé entraîner dans une barre mortelle, comme à Étel, ont dit les Bretons qui connaissaient des coins aussi dangereux. C'est la fortune de mer, voilà tout.

critique par Eireann Yvon




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