Lecture / Ecriture
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Géologies de Pierre Bergounioux

Pierre Bergounioux
  Carnet de notes 1991-2000
  Une chambre en Hollande
  Jusqu’à Faulkner
  Carnet de notes – 2001-2010
  Chasseur à la manque
  Miette
  Carnet de notes, 2011-2015
  Géologies

Pierre Bergounioux est né à Brive-La Gaillarde en 1949. Ancien élève de l'École Normale Supérieure, il enseigne le français en région parisienne. Marié et père de famille, il vit dans la vallée de Chevreuse. Passionné d'entomologie, il pratique également la sculpture.
Portés par un style poétique remarquablement ciselé, ses livres entendent éclaircir la douloureuse question des origines et du déracinement, non seulement géographique mais ontologique

Géologies - Pierre Bergounioux

Au commencement était la terre...
Note :

   Le 29 mai 2012, apprenant ma situation géographique, Pierre Bergounioux m'écrivait ceci : "Curieusement, je note une ressemblance entre le N.E. et le S.O : c'est le grès. On a le même, plus ou moins bariolé, qui sert aussi à bâtir. Ça donne à la vie une teinte sépia, comme sur les vieilles photographies, comme si on était déjà mort."
   
    Aujourd'hui, je vois quelles préoccupations étaient les siennes et quel livre il avait en tête ou en chantier. Outre le côté primesautier du bonhomme, on aura reconnu dans ses mots la traduction d'une idée qui parcourt aussi ses autres textes : celle selon laquelle le terrain dont on est issu détermine toute notre existence. Au terrain géographique et économique (qui en est la conséquence) il ajoute ici le terrain géologique, le fondement matériel, minéral de nos vies. Dans un récit qui, une fois de plus, replonge dans l'enfance corrézienne, Bergounioux explique son intérêt pour la géologie, raconte ses premières explorations et en tire les conséquences habituelles :
   "L'éloignement, la médiocrité du sol, le tour d'esprit qui en résulte inévitablement, nous dérobaient la cause de nos agissements, c'est-à-dire l'éloignement, la médiocrité du sol..."
   
   
Le propos de Bergounioux tourne toujours autour des mêmes thèmes mais se présente toujours sous un jour neuf qui happe le lecteur : après avoir entamé cette lecture dans le 7 heures 38, je n'ai pu faire autrement que de la poursuivre et de la terminer sur un banc, à la descente du train, au risque de rater quelques minutes de boulot. J'ai pu ainsi commencer ma journée en apprenant avec plaisir que les "étoiles de mer" que je déterrais il y a quarante ans sur la colline de Sion, n'étaient autres que des "articles de lys de mer, des entroques."

critique par P.Didion




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