Lecture / Ecriture
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Briser la glace de Julien Blanc-Gras

Julien Blanc-Gras
  Gringoland
  Touriste
  Paradis (avant liquidation)
  Briser la glace

Julien Blanc-Gras est un écrivain et journaliste français né en 1976.

Briser la glace - Julien Blanc-Gras

Groenland
Note :

   En deux mots
   "Un périple sur un voilier à travers les icebergs. Un narrateur incapable de naviguer. Un portrait tragicomique du Groenland."
C’est ainsi que Julien Blanc-Gras résume, avec beaucoup d’à-propos, ce joli récit de voyage.
   
   Où?
    Le roman se déroule au Groenland, allant de Kangerlussuaq à Nuuk, puis à Ilulissat et dans la baie de Disko, à Rodebay, Qeqertaq, Aasiaat et Kitsissarsuit.
   
   Quand?

    L’action se situe de nos jours.
   
   Ce qu’en dit l’éditeur :

   "Voilà, j’arrive dans un pays où les vaches se déguisent en chèvres, où l’on vend des flingues à la supérette, où l’on prend l’avion avec des guêtres. Un panneau indique Paris à 4 h 25 et le pôle Nord à 3 h 15." Le ton est donné.
    Une immersion polaire tout en finesse par un écrivain-voyageur au ton unique.
    Ni aventurier, ni ethnologue, ni sportif, ce "Touriste" faussement candide relate un périple au Groenland où l’on croise des chasseurs de baleine et des aurores boréales, des pêcheurs énervés et des dealers fanfarons, des doux rêveurs et surtout des icebergs. Beaucoup d’icebergs.
    En ville, devant les glaciers ou sur les flots, les rencontres incongrues et les panoramas grandioses invitent à la réflexion. Le Groenland est une des destinations les plus prisées des français, et en même temps une des plus mystérieuses."

   
   Ce que j’en pense

    Je me souviens avoir passé de très belles vacances au Groenland.
    Je me souviens que ma première réflexion, après avoir posé le pays à Kangerlussuaq, aura été de traduire le nom du pays en français et compris que ce "pays vert" était en effet très verdoyant.
    Je me souviens avoir été frappé par le beauté des paysages, par la majesté des icebergs, par l’hospitalité des habitants.
    Je me souviens du choc des cultures entre ce peuple de chasseurs et de pêcheurs et leurs HLM, leurs antennes satellite et leurs gros 4×4.
    Je me souviens aussi des baleines, des chiens de traîneau, des bœufs musqués et de l’absence d’ours.
    Autant d’images que j’ai retrouvées à la lecture du récit de voyage de Julien Blanc-Gras. Pour une première incursion dans les pays du Nord, sa verve et sa curiosité font merveille. Durant un mois, il aura parcouru le pays de Nuuk, la capitale au petit village de Kitsissarsuit dans la baie de Disko.
   
    Je partage sa fascination pour cette terre "brune, austère, dépourvue d’arbres dignes de ce nom. Simplement des arbustes aplatis par le vent, des buissons, des mousses et des lichens" et son approche des pays qu’il traverse, mélange de notations prises sur le vif, d’une solide documentation et d’un humour qui entraîne le lecteur à ne plus lâcher ce délicieux guide.
   
    Avec un sens de la formule qui fait mouche, il nous fait comprendre comment ce pays grand comme quatre fois la France, mais peuplé de moins de 60000 habitants, aura plus changé dans les dernières années que durant les siècles précédents : "Prenez un pêcheur dans un village au mode de vie traditionnel. Transplantez-le dans une cage à lapin pour en faire un chômeur urbain pourvu d’une télévision. Multipliez par quelques milliers. Récoltez les conséquences sociales et la réputation dégradée qui va avec."
   

   J’admire aussi la technique qu’il a élaborée pour mieux découvrir cette "gentille bourgade avec son port, ses artères bien tracées, son unique cinéma, ses fonctionnaires qui sortent du bureau pour faire un tour à la galerie marchande avant de rentrer dans leur maison colorée en saluant leur voisin."
    Cette méthode pour apprivoiser l’âme du lieu est simple, même si elle n’a pas sans risque : "Je sors de l’aéroport et je file au bistrot. Je l’ai éprouvée de Bakou à Valparaiso et je n’ai jamais été déçu, il en ressort toujours quelque chose, un premier écrémage des passions locales, une piste à suivre, parfois des amitiés. J’entre dans le premier établissement qui croise ma route et j’en ressors vite car il n’est peuplé que de grands blonds – je n’ai rien contre les grands blonds, mais ce ne sont pas eux que je cherche aujourd’hui. Je traverse la rue et pousse la porte du Max, qui présente l’avantage d’accueillir une clientèle plus typique. C’est un pub. Boiseries, fléchettes et écran géant diffusant un match de handball allemand. Kiel a trois buts de retard à la mi-temps. On se canarde au comptoir avec jovialité et tristesse, comme dans tous les bars du monde où l’on vient chercher un peu de détente en engourdissant son cerveau. Un couple de quinquagénaires attablés s’enlace avec tendresse. Un trio féminin joue à papier-caillou-ciseaux en enquillant les shots sur le comptoir.
    Le patron me souhaite la bienvenue, puis un pilier tente d’engager la conversation. Très bien, je suis venu pour ça. Nous n’avons hélas que peu de mots en commun. Le groenlandais, idiome officiel, n’a pas de racine indo-européenne. Comme toutes les langues de la famille eskimo-aléoute, elle est polysynthétique et ergative. Je ne comprenais pas exactement ce que cela voulait dire avant de m’être documenté, et après m’être documenté, je ne comprends toujours pas."
   

   Maintenant que vous avez compris à la fois la méthode et le style de l’auteur, je gage que vous n’aurez de cesse à la suivre dans ses pérégrinations qui vont vous réserver de belles surprises. Quelques coups de chaleur plus tard – avouez que la chose n’est pas évidente sous ces latitudes – une vraie réflexion in situ sur le réchauffement climatique et l’opportunité qu’il peut représenter ainsi que sur le destin de ces habitants – qui restent pour l’instant sous administration danoise – vous aurez tout à la fois appris des tas de choses aussi utiles que futiles, mais vous aurez surtout passé un bon moment de lecture. Un plaisir qu’il serait dommage de ne pas s’offrir.
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critique par Le collectionneur de livres




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Un magnifique voyage
Note :

   Aah le Groenland, la neige, les glaciers, les fjords, les aventuriers, le lichen, les bœufs musqués, les phoques, ces esquimaux vivant dans des igloos eh la ! cela date un peu, on ne dit plus esquimaux mais inuits et ils habitent dans des maisons, faut pas rêver. Bon bref, l’ours polaire que l’on va pouvoir affronter de face… surtout sous forme de carte postale.
   
   Pour parvenir sur cette terre de rêve, il vous faudra attendre au milieu de nulle part sur l’aéroport de Kangerlussuaq (ancienne base militaire américaine à l’origine durant la seconde guerre mondiale, noeud stratégique pour le ravitaillement des bombardiers). Vous devrez patienter quelques heures tout en observant les humains déambulant et attendant patiemment comme vous. Trois groupes se distinguent : les locaux, les Scandinaves et les touristes.
   
   Avant d’entamer le voyage : juste une petite note historique. Groenland vient de Gronland nom que donnèrent les Vikings à cette terre qu’ils découvrirent. Gron car ne vous y trompez pas, l’herbe pousse aussi là bas et quelle est sa couleur ? Verte donc Gron, Groen.
   
   Beaucoup de siècles ont passé et depuis le Groenland appartient encore en partie au Danemark, en partie car économiquement ils sont indépendants de leurs colonisateurs. Pas vraiment dirons nous car le Danemark consacre encore la moitié de son budget annuel à cette contrée.
   
    Mais comme tout convoiteur capitaliste repère toujours l’aubaine avec le changement climatique, le Groenland est convoité de toute part : les groenlandais sont prêts à laisser tout ce que l’on désire extraire de leur sous-sol. Money is money.
   
   "Le Groenland est une île, c’est même la plus étendue du monde. J’ai plus de deux millions de kilomètres carrés sous les pieds. Ce pays qui n’en est pas vraiment un pourrait contenir quatre fois la surface de la France et il est moins peuplé que l’agglomération de Bourg-en-Bresse. Toute sa population pourrait tenir dans un stade. Elle se concentre sur cette étroite bande de terre escarpée se faufilant entre l’eau solide et l’eau liquide".
   

   Première escale, Nuuk déclarée comme métropole arctique. Juste le temps de faire connaissance avec les autochtones dans un bar, visiter le musée National du Groenland désertifié par les visiteurs, une bonne nuit et direction le point de ralliement le Sermeq Kujalleq près d’Ilulissat capitale touristique du Groenland.
   
   "on se presse pour admirer la beauté d’un monde qui part en morceaux, avec le frisson qu’offre le spectacle des apocalypses en cours"
   

   et là, Jack London n’est pas qui veut, ce ne sera pas moi qui serai le capitaine du voilier, je n’y connais rien en navigation. J’embarque avec trois bretons : le capitaine, son second et un peintre. Camarades qui se révèleront supers sympas durant tout le voyage.
   
   Durant le magnifique voyage, je vais découvrir les icebergs et devoir les apprivoiser afin qu’ils ne buttent pas contre le voilier, manger du foie de phoque peu après la pêche, admirer une aurore boréale, avoir un manque d’internet après un certain temps, faire un tour en zodiac, parler, penser, rêver, admirer… etc.
   
   "Ici comme ailleurs, la tentation est grande d’opposer le grandiose de la nature, même si elle est cruelle, à la bassesse dont les humains sont capables. Je ne cède pas à cette tentation, je préfère garder un peu de confiance en l’humanité, égoïstement , parce que j’en fais partie"
   

   Si vous avez besoin de vous remonter le moral, si le rire manque à votre vie, dévorez avec gourmandise le récit de Julien Blanc-Gras. Outre la nature qu’il décrit avec poésie, vous comprendrez l’historique de cette terre très lointaine. Très beau récit d’un voyage au milieu des icebergs.

critique par Winnie




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