Lecture / Ecriture
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Un voleur parmi nous de Tobias Wolff

Tobias Wolff
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  Un voleur parmi nous

Tobias Wolff est un écrivain américain né en 1945 dans l'Alabama.
Il enseigne à l'université de Syracuse dans l'État de New York.
En 1985, il a reçu le PEN/Faulkner Award de la meilleure fiction pour "Engrenages".

Un voleur parmi nous - Tobias Wolff

Américains moyens (très)
Note :

   Titre original : The Barracks Thiefs (1984)
   
    Auteur américain né en 1945 dans l’Alabama que je découvre avec ce court roman qui a obtenu le PEN/Faulkner Award en 1985.
   
    Nous sommes à Fort Bragg, Caroline du Nord en 1967. Trois jeunes qui se sont engagés dans l’armée, un peu par dépit découvrent la vie et l’apprentissage des futurs soldats. Tout en venant d’horizons très différents, ils sont malgré tout assez semblables, des américains moyens pour ne pas dire médiocres, des jeunes sans beaucoup d’avenir.
   
   Philip Bishop subit les problèmes de sa famille, un père instable, un frère Keith pas mieux que son géniteur. La vente de la demeure familiale marque la fin du couple. Pendant son stage de formation à Fort Bragg, Keith disparut, parti pour Dieu sait où ! La formation de marines est très dure, plus éprouvante que prévue. Lors du dernier saut en parachute, un jeune engagé fait une chute mortelle.
   
    Philip Bishop et deux autres jeunes recrues sont désignés pour garder un dépôt de munitions le 4 juillet, jour de la fête nationale. Les ordres sont très stricts, personne ne doit s’approcher ou toucher la clôture. "Tirer pour tuer" sera la dernière consigne du sergent-chef !
   
    Chacun prend son tour de garde, sauf qu’une voiture s’arrête, un homme en descend, leur dit qu’un incendie s’est déclaré et que le dépôt de munitions peut sauter si le feu se dirige vers eux ! Chacun des trois militaires réagit à sa manière, même la venue du shérif adjoint ne les détourne pas de leur mission.
   
    Dès lors, ils vont traîner ensemble, participer à des missions de maintien de l’ordre.
   
    L’ambiance en Amérique est lourde, les manifestations contre la guerre du Vietnam se multiplient, la jeunesse ne comprend pas l’engagement américain.
   
    Dans la caserne des faits nouveaux se produisent, de petits vols se succèdent, jettent la suspicion sur tous…
   
   Trois bidasses plus ou moins concernés par la carrière militaire.
   
    Philip Bishop se débat dans ses soucis familiaux, il se pose la question : est-ce cela qu’il aurait voulu être ? Si une étincelle avait fait sauter le dépôt de munitions, cela aurait été quelque chose, pensera-t-il plus tard.
   
    Hubbard est un fan de voiture, il parle de ses deux grands copains, Vogel et Kirk, qui partage sa passion. Il regrette, dit-il, de s’être fait rouler par un recruteur, qui bien sûr n’a pas parlé du Vietnam !
    Lewis est une grande gueule, un flambeur qui se vante d’être un tombeur, la terreur des filles du Kentucky !
   
   Un voleur, un futur déserteur et un homme ordinaire, un trio de loosers dans une Amérique qui a perdu son innocence avec la mort du président Kennedy assassiné à Dallas, et qui se fourvoie dans le bourbier du Vietnam.
   
    Un roman bien écrit, des personnages bien campés des "héros" bien pitoyables, mais pas un livre qui me laissera un souvenir impérissable.
   
    Extraits :
   
   - Tout à coup, il avait décidé qu’il était contre la guerre.
   
   - Ils les avaient rassemblés dans le gymnase et leur avait passé des films où l’on voyait des soldats se faire masser par des filles en Corée et boire des chopes de bière en Allemagne.
   
   - Certaines de ces femmes étaient jolies, dans le genre mélancolique, et ça ne nuisait pas à leur cause. Les hommes, c'était autre chose.
   
   - Il dit que dans son esprit, une compagnie d'infanterie était comme une famille, une famille sans femme, mais une famille tout de même.
   
   - La plupart des prostituées en ville sont des femmes sensées. Elles ont leurs raisons à elles et ne sont pas des âmes charitables, mais elles ne sont pas folles non plus.
   
   - Le soleil est brûlant sur sa nuque. Une goutte de transpiration glisse entre ses omoplates, puis une autre. Elles le font frissonner.
   
   -Un visage comme je n'en avais jamais vu auparavant, empreint d'humiliation et de peur, un visage que je n'ai jamais cessé de voir depuis.

critique par Eireann Yvon




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