Lecture / Ecriture
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Relire de Laure Murat

Laure Murat
  La maison du docteur Blanche
  Passage de l'Odéon
  Flaubert à la Motte-Picquet
  Relire

Laure Murat est une historienne et écrivaine française née à Paris en 1967.

Relire - Laure Murat

304 pages ultra passionnantes !
Note :

   Pourquoi relit-on ? A quoi s’apparente la relecture : "répétition, reprise, réinterprétation, redécouverte, refuge" ? Aiguise-t-elle le sens critique, y a t-il du re-plaisir ? Est-ce pour retrouver la personne que l’on était à la première lecture ? La relecture peut être "une opportunité unique pour prendre la mesure de l’écoulement du temps, de la vivacité et de l’obsolescence du souvenir" ou "relire, c’est élire, se créer son propre univers. On relit comme on se construit une personnalité, à l’aide d’identifications répétées, raison pour laquelle, entre autres, l’enfant pratique la relecture avec tant de passion". Relire est-ce picorer dans un livre déjà lu ou alors le lire encore de la première à la dernière page ?
   
    Pour son enquête sur la relecture, Laure Murat a adressé un questionnaire à deux cent personnes qui baignent dans le milieu : des auteurs, des traducteurs, des éditeurs, des comédiens, des universitaires, ....
   
   Dans un premier temps et à partir des réponses, Laure Murat nous livre sa synthèse. Entre autres, on apprend que Proust (à qui une question du questionnaire est consacrée) figure en haut du palmarès de l’auteur le plus relu suivi de Flaubert. Montaigne, Nietzsche et Woolf se partagent la troisième position. Mais Laure Murat ne nous fournit pas que des noms, des chiffres et des proportions. Car elle donne les réponses complètes de son questionnaire de quelques uns des interviewés: Annie Ernaux, Céline Minard, Jean Echenoz, Agnès Desarthe et d’autres.
   On entre dans l’intimité du rapport à la lecture et c’est un pur régal !
   
   De l’enfance et des livres qui y sont associés, du parcours aux habitudes de lecteur, les interviewés ont souvent apporté des anecdotes et se sont prêtés au jeu des réponses avec franchise. Sans oublier de l’humour avec Philippe Forest ou Eric Chevillard qui à la question se relire répond : "Faire l’archéologie de soi-même ?". Et une mention spéciale au traducteur Bernard Hoepffner qui m’a décomplexée car comme lui je n’ai jamais lu (et donc relu ) Proust.
   
   Cet essai est ultra passionnant et enrichissant car relire englobe plusieurs facettes (et on peut se retrouver par "fragments" dans certaines des réponses).
   
   Un essai à lire par tous ceux pour qui "La littérature, c’est vivre intensément" (que l’on soit relecteur ou non) !
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critique par Clara et les mots




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Lire, relire, c'est toujours lire
Note :

   Cela pourrait être le titre d’une série de billets sur mon blog car relire pour moi est totalement naturel et indispensable.
   
   Relire est-ce faire une nouvelle lecture ou simplement répéter la lecture précédente s’interroge l’auteur.
   
   "j’ai décidé de relire la Recherche" (ça c’est Tania) ou encore "j’ai relu les Rougon-Macquart" (c’est moi) ou encore Claudialucia qui replonge dans Shakespeare
   
   Laure Murat note avec humour que l’on ne parle que de relecture de GRANDS livres et plus rarement de peccadilles (comme moi)
   
   Son enquête, car enquête il y a, porte donc sur la pratique de la relecture. Elle a adressé à 200 intellectuels français un questionnaire, elle a reçu 100 textes en réponse.
   
   J’aurais bien aimé être interviewée, pourquoi toujours les intellos célèbres et jamais nous pauvres lecteurs ? Car pour moi comme pour beaucoup des lecteurs interviewés, relire est "une passion littéraire".
   
   Pourquoi relire demande Laure Murat ? Les réponses vont de l’addiction pure et simple de celle qui relit chaque année les 8 volumes de la "Petite maison dans la prairie", à ceux qui relisent pour des raisons professionnelles, ou pour répondre à la demande d’un professeur, c’est ce que martèle Laure Murat à ses étudiants "la relecture (d'un poème, d'un roman, d'un essai, d'une pièce) est essentielle pour se saisir soi-même du sens d'un texte."
   
   Mais viennent ceux et celles pour qui la relecture est un refuge ou une façon de lire une œuvre commencée et jamais terminée.(pour moi c’est "Ulysse" de Joyce...)
   
   Certains redoutent la relecture c’est J Echenoz qui dit qu’il veut "garder intact l'éblouissement de la première lecture."
   

   Un auteur domine les autres par le nombre de ses relecteurs. Vous ne serez pas étonnés car il était déjà celui qu’on emportait prioritairement sur une île déserte : Il s'agit de Marcel Proust.
   
   J’ai été heureuse de constater que je n’étais pas la seule à aimer relire dans une édition particulière, j’ai beaucoup de mal à relire le Journal d’Anne Franck autrement que dans mon livre de poche portant le n°287 ou Vipère au poing n° 58 ou les Années d’illusion n° 198 ou enfin Le Grand Meaulnes n°1000. Ils sont plus qu’écornés car ils sont passés de mains en mains et de mère en filles.
   
   Dans les livres un peu anciens, les plus relus par les lecteurs de Laure Murat sont Montaigne, à moi toute seule j’aurais fait pencher la balance, mais aussi Mme de Lafayette ou les Liaisons dangereuses. Virginia Woolf est en bonne position mais cité essentiellement par des femmes !
   
   "Je relis maintenant Don Quichotte [...]. J'en suis ébloui, j'en ai la maladie de l'Espagne. Quel livre! Quel livre!"
c’est Flaubert qui le dit dans son journal, du coup le relecteur se sent en bonne compagnie.

critique par Dominique




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