Lecture / Ecriture
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L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón

Carlos Ruiz Zafón
  L'ombre du vent
  Le jeu de l'ange
  Ados: Le prince de la brume
  Marina
  Ados: Le Palais de Minuit
  Le prisonnier du ciel

Carlos Ruiz Zafon est né en 1964. Il se lance très tôt en Écriture, puisque son premier roman voit le jour quand il n’a que 14 ans…
Après un passage dans la publicité, Carlos Ruiz Zafon connaît un premier succès en 1993 avec son quatrième roman, "El principe de la niebla" (Le prince du brouillard) qui remporte en 2000 le prix de la jeunesse d’Édebé.
Une nouvelle carrière de scénariste s’ouvre alors pour Carlos Ruiz Zafon, qui émigre à Los Angeles, d’où il poursuit en parallèle son œuvre personnelle. Le considérable succès de "l’Ombre du Vent", couronné du prix Planeta en 2004, vaut au roman d’être traduit du Castillan en Anglais, français, allemand et …Catalan!

L'ombre du vent - Carlos Ruiz Zafón

Promenades dans la Barcelone
Note :

   Prix du Meilleur livre étranger 2004.
   
   On m'a parlé de ce roman au Club Lecture du lycée. Très vite, j'ai eu envie de le lire. Et bien mal m'en aurait pris de ne pas l'avoir fait ! Pour moi, ce roman est mon coup de coeur de la première moitié de l'année 2006 (je l'ai lu en juin).
   
   Ce livre est écrit pour tous ceux qui aiment les livres en tant qu'êtres, en fait et surtout pour ceux qui aiment, outre le livre-objet, le livre-âme. Et tout ce qui se cache derrière.
   
   Dans les années 1940, en plein coeur de Barcelone, Daniel, le narrateur, est emmené par son père dans le cimetière des Livres Oubliés. Il tombe alors sur un roman intitulé "L'ombre du vent". L'auteur est un illustre inconnu prénommé Julian. Mais qui était il vraiment ? Et pourquoi tant de personnes cherchent-elles à posséder ce roman ? Qui se cache derrière ce livre, quel est son secret, et le celui de son auteur ?
   
   Entouré de personnages secondaires épatants et attachants, Daniel va aller de surprises en découvertes, pour au final recevoir une véritable leçon de vie.
   
   J'avais la gorge nouée à la fin... Et je n'ose pas trop vous en dire, car trop en dire serait vous dévoiler les fils cachés de ce livre magnifique... A lire au moins une fois dans sa vie !
   
   Le résumé, quand même :
   1945, Barcelone. Le jour de ses dix ans, le père de Daniel l'emmène dans une mystérieuse et fantastique bibliothèque. Là, comme le veut un étrange rituel, l'enfant adopte un livre : L'ombre du vent. Livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais, l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets...
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critique par Onlykey




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Que du bonheur
Note :

   Barcelone, 1945. Un matin de juin, un modeste libraire emmène son fils de dix ans - Daniel Sempere, le narrateur - dans un lieu mystérieux du quartier gothique appelé le Cimetière des Livres Oubliés, où reposent des centaines de milliers de volumes tombés dans l’oubli. Daniel est convié à «adopter» un des livres. Ce sera «L'Ombre du Vent», un roman d’un dénommé Julián Carax qui va changer le cours de son existence en l’entraînant dans une suite d’aventures aussi palpitantes que bouleversantes qui mêlent mystère, passion et tragédie…
   
   Attention, énorme coup de coeur ! Voilà longtemps que je n’avais pas été enthousiasmée à ce point par un livre. Il faut dire qu’il est littéralement envoûtant, et qu’il fait carton plein à tous les niveaux.
   
   L’intrigue tout d’abord est foisonnante, imaginative et remarquablement bien construite. Elle s’articule autour de deux destins, celui de Daniel Sempere, le narrateur, et de Julián Carax, l’écrivain maudit, qui se croisent et se font écho jusqu’à se rejoindre dans les derniers chapitres. L’Ombre du vent entremêle plusieurs genres littéraires avec brio : roman d’apprentissage, historique, policier, gothique, d’aventures, d’amour, fantastique etc. Il y en a pour tous les goûts, et le mélange est savoureux. Romanesque au possible, l’intrigue est riche en rebondissements, on ne s’ennuie pas une seconde malgré la longueur du livre (plus de 600 pages).
   
   Les personnages, principaux comme secondaires, sont tout simplement fabuleux, et c’est peu dire qu’ils sont attachants. A la fois très humains et hauts en couleurs, il est difficile de les quitter quand on arrive à la dernière page. Que ce soit l’énigmatique et séduisant Julián Carax, l’inquiétant individu défiguré qui brûle ses livres, l’hilarant Fermin Romero de Torres, le mélancolique Miquel Moliner, le terrifiant inspecteur Fumero ou encore le vieux gardien du Cimetière, Isaac, et sa fille, Nuria, ils concourent tous à faire de «L’Ombre du vent»un petit bijou. Et n’oublions pas la ville de Barcelone, qui est un personnage à part entière du roman. Une Barcelone sublimée, nimbée de brume et de mystère, mais également angoissante car encore hantée par la guerre civile qui a opposé franquistes et républicains.
   
   Cerise sur le gâteau, les aventures de Daniel Sempere sont racontées dans un style superbe, empreint de poésie (beaucoup de belles métaphores), d’humour et d'émotion. C’est un vrai régal (saluons au passage la qualité de la traduction de François Maspero).
   
   Que dire de plus ? Lisez, et laissez-vous emporter par la magie de cette histoire captivante, qui constitue un très bel hommage au pouvoir de la littérature et à l’amour des livres. Ce n’est que du bonheur, de la première à la dernière ligne.
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critique par Caroline




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En dehors du temps
Note :

   Bien qu’il soit fait référence explicitement à la guerre civile espagnole, ce qui permet de «dater» l’époque, au bout du compte, «l’ombre du vent» laisse une forte impression d’intemporalité. «Belle du seigneur» d’Albert Cohen m’avait également fait cette impression. Je ne poursuivrai pas pour autant la comparaison entre les deux ouvrages et les deux auteurs, «l’ombre du vent» s’avérant davantage soutenu par une histoire, moins philosophique.
   Poésie, sans nul doute, nostalgie, un grand souffle romantique, voilà ce qui caractériserait cet ouvrage.
   
   «Un jour, j’ai entendu un habitué de la librairie de mon père dire que rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s’ouvre vraiment un chemin jusqu’à son coeur. Ces premières images, l’écho de ces premiers mots que nous croyons avoir laissés derrière nous, nous accompagnent toute notre vie et sculptent dans notre mémoire un palais auquel, tôt ou tard – et peu importe le nombre de livres que nous lisons, combien d’univers nous découvrons – nous reviendrons un jour. Pour moi, ces pages ensorcelées seront toujours celles que j’ai rencontrées dans les galeries du Cimetière des Livres Oubliés.»
   
   Et le premier livre que Daniel, jeune garçon de onze ans, va découvrir d’une manière surréaliste et poétique dans ce «Cimetière des Livres Oubliés», où l’emmène son père, c’est … justement … «l’ombre du vent» d’un dénommé Julian Carax. Et pour sûr qu’il ne va pas l’oublier puisque le roman (celui qu’on a entre les mains !) consistera en une quête éperdue de Daniel, pendant plus de dix ans, sur le pourquoi, le comment de ce livre, et le «qui» de ce Julian Carax.
   
   Une histoire donc, un peu abracadabrantesque, rocambolesque qui pourait n’être que cela mais qui parvient à nous ensorceler, nous envoûter par l’imagination sans bornes de l’auteur, et un style agréable, plutôt exubérant, très «latin». On est dès lors prisonnier d’un maquis de mots, d’idées, d’images fortes dont abonde la plume de Carlos Ruiz Zafon.
   
   J’ai évoqué «Belle du seigneur» à titre de comparaison. Une autre me parait s’imposer par son côté «histoire étrange» totalement imbibée par une ville : «Le Matou» de Yves Beauchemin (pour Montréal, en ce qui le concerne).
   
   «L’ombre du vent» semble universellement appréciée des lecteurs. Peut-être parce que c’est d’abord l’histoire d’un livre, de livres à sauver de la mort, de l’oubli ? C’est qu’il en contient, le Cimetière des Livres Oubliés !
   Et si nous avions chacun le nôtre ?
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critique par Tistou




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Coup de coeur!
Note :

   J'ai fini ce roman en une journée.
   Cette première phrase est déjà révélatrice, non?
   En effet, c'est le genre de livre qu'il est impossible de lâcher avant la dernière ligne.
   
   Ce roman dense, foisonnant, m'a entraînée au coeur d'une Barcelone brumeuse et nimbée de mystère. Il s'en dégage une atmosphère particulière, envoûtante. J'ai été entraînée sur les traces de Daniel et Julian...
   
   Le suspense est toujours présent, soutenu par un style clair, poétique, riche en métaphores. Les personnages m'ont touchée, ils sont très attachants et leurs dialogues agréablement relevés par des touches d'humour.
   
   Plusieurs critiques ont trouvé ce livre plus faible dans sa seconde moitié et ont déploré un trop grand nombre de personnages, d'intrigues parallèles. Pour ma part, cela ne m'a absolument pas gênée. Je n'ai senti aucune baisse de rythme, ce roman m'a passionnée de la 1ere à la dernière ligne. Quant aux personnages, pas un ne m'a semblé inutile, chacun apportant sa pierre à l'édifice, pour ainsi dire.
   
   Bref, un vrai coup de coeur pour cet ouvrage alliant avec panache suspense, aventures, secrets dévastateurs, histoires d'amours et d'amitié, peinture de caractères et une pointe de fantastique...
   
   Un auteur à suivre!
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critique par Morwenna




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Histoires à tiroirs
Note :

   Dès la dernière page avalée, j’ai eu envie de m’y replonger. Et de me demander pourquoi. J’essaie d’analyser ce qui constitue le plaisir de cette lecture.
   
   D’abord, l’histoire, crédible, admirablement bien construite, mélangeant passé et présent avec gourmandise, sans longueur (le livre fait plus de 600 pages) mais sans courteur (sic!), non plus, car l’auteur prend le temps de raconter. En bref une histoire extrêmement bien menée qui finira, et j’imagine que les droits sont déjà négociés, au cinéma. Cet inévitable passage au grand écran ne sera pas l’occasion, j’espère, de rajouter des tonnes d’effets de suspense sur les passages d’action car dans le livre ils n’en font que des kilogrammes.
   
   Ensuite les personnages, bien éclairés dans leurs complexités, dans leurs passés compliqués, mystérieux sans trop (bon à une ou deux invraisemblances près!). Au final, on y croit et on les suit avec plaisir.
   
   Enfin le cadre, l’univers des livres, des librairies, des écrivains et des amoureux des livres. Un univers fait de poussière et de passion.
   
   Barcelone constitue le décor de cette histoire. Un homme, libraire, emmène son fils Daniel Sempere dans un lieu caché aux yeux du commun des mortels: le Cimetière des Livres Oubliés. Daniel, narrateur de l’histoire, nous raconte alors que son père lui demande de choisir un livre parmi les milliers conservés dans cette bibliothèque particulière. Il choisit un livre au hasard: "l’Ombre du Vent" de Julián Carax. S’ouvre alors, avec ce livre, un univers de mystères à élucider et une vie à réaliser. De nombreux personnages, du présent et du passé, croiseront le chemin de Daniel, tous différents, tour à tour inquiétants, rassurants, fantasques ou déstabilisants pour le jeune homme en pleine construction qu’il est. Des jeunes femmes Clara et Beatriz. Un grand père de substitution Fermin. Et puis Fumero, Pénelope, Nuria… et Isaac le gardien de ce cimetière dont les livres choisis vivent une seconde vie tels des revenants ayant le pouvoir d’effrayer et de fasciner en même temps.
   
   En bref, un grand plaisir de lecture à ne pas bouder.
   
   
   Extrait:
   
   « Sans plus de cérémonie, je repartis en me fiant aux repères laissés à l’aller. Tandis que je traversais des tunnels entiers de livres dans l’obscurité, je ne pus éviter une sensation de tristesse et de découragement. Je pensais que si j’avais découvert tout un univers dans un seul livre inconnu au sein de cette nécropole infinie, des dizaines de milliers resteraient inexplorés, à jamais oubliés. Je me sentis entouré de millions de pages abandonnées, d’univers et d’âmes sans maître, qui restaient plongés dans un océan de ténèbres pendant que le monde qui palpitait au dehors perdait la mémoire sans s’en rendre compte, jour après jour, se croyant plus sage à mesure qu’il oubliait.»

critique par OB1




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