Lecture / Ecriture
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Mythologies d'hiver de Pierre Michon

Pierre Michon
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Pierre Michon est un écrivain français né dans la Creuse en 1945. Il a été élevé par sa mère, institutrice.
Il a fait des études de Lettres à Clermont-Ferrand jusqu’à un mémoire de maîtrise sur Antonin Artaud.



* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Mythologies d'hiver - Pierre Michon

Blanchard et Pécuchon
Note :

    Ne jamais quitter la Creuse, c'est une règle, sans un hommage à Michon, même si l'on sait celui-ci peu sensible à toute marque d'éloge, d'intérêt ou de simple civilité.
   
    Lire Michon me ramène immanquablement vers un certain André Blanchard. Blanchard est un homme de Haute-Saône, Vesoul je crois bien, qui publie de temps en temps ses carnets au Dilettante. J'en ai lu quelques-uns. Il s'y montre assez médiocre aphoriste, assez bon observateur des ridicules des temps modernes, moraliste de galerie, mais là n'est pas l'essentiel. L'essentiel, c'est la haine qu'il a pour Michon, qu'il ne peut s'empêcher de déverser dans chacun des volumes qu'il publie. Je n'en ai pas sous la main, sinon je donnerais des citations. Blanchard déteste Michon. Michon - et le reste de la Création - s'en fout, ce qui doit donner à Blanchard une autre raison de le détester. On ne peut que détester Michon quand on a soi-même essayé un jour d'aligner deux phrases sur un bout de papier et qu'on s'est aperçu qu'on ne pouvait faire que du Blanchard. Le détester pour son écriture chaotique, tellurique, ses phrases qui dévalent les pages en cataractes. Le détester pour son sans-gêne, sa manière de s'approprier les vies minuscules de ses compatriotes creusois, celles de Van Gogh, de Rimbaud, de réécrire ou d'inventer des épisodes mythologiques et historiques comme il le fait ici. Le Michon est haïssable, c'est ainsi, pauvres Blanchards que nous sommes. On peut aussi, mais qui aurait cette idée saugrenue, le trouver admirable.
   
   
   Quatrième de couverture:
   "Il importe peu que le Gévaudan et l'Irlande soient les scènes où se jouent ces drames brefs. Ce qui importe, c'est qu'avec le monde on fasse des pays et des langues, avec le chaos du sens, avec les prés des champs de bataille, avec nos actes des légendes et cette forme sophistiquée de la légende qu'est l'histoire, avec les noms communs du nom propre. Que les choses de l'été, l'amour, la foi et l'ardeur, gèlent pour finir dans l'hiver impeccable des livres. Et que pourtant dans cette glace un peu de vie reste prise, fraîche, garante de notre existence et de notre liberté. Ce peu de vérité mortelle qui brûle dans le cœur froid de l'écrit, la beauté chétive de l'une et la splendeur impassible de l'autre, voilà ce que je me suis efforcé de dire ici."

critique par P.Didion




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