Lecture / Ecriture
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La mort de Brune de Pierre Bergounioux

Pierre Bergounioux
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  Une chambre en Hollande
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  Carnet de notes – 2001-2010
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  La mort de Brune

Pierre Bergounioux est né à Brive-La Gaillarde en 1949. Ancien élève de l'École Normale Supérieure, il enseigne le français en région parisienne. Marié et père de famille, il vit dans la vallée de Chevreuse. Passionné d'entomologie, il pratique également la sculpture.
Portés par un style poétique remarquablement ciselé, ses livres entendent éclaircir la douloureuse question des origines et du déracinement, non seulement géographique mais ontologique

La mort de Brune - Pierre Bergounioux

Brive l'étouffante
Note :

    140 pages, c'est un long format pour Bergounioux, si l'on excepte ses Carnets de notes. Cette longueur inhabituelle, alliée à la présence du livre dans cette collection, m'avaient fait penser qu'il pouvait s'agir d'un roman. Un roman dans lequel une fille nommée Brune, un amour de jeunesse de l'auteur sans aucun doute, aurait trouvé la mort tragiquement, dans un torrent dévalant le plateau de Millevaches de préférence. Il faut attendre la moitié du livre pour avoir la clé du titre : Brune n'est pas une fille mais un maréchal d'Empire, celui-là même qui donna son nom à un boulevard parisien du XIVe arrondissement en bordure duquel se déroulèrent quelques épisodes de mon enfance. La mort de Brune est représentée sur un tableau du peu connu Jean-Jacques Scherrer (L'Assassinat du maréchal Brune) qui doit figurer au musée de Brive. En tout cas, Brune était né à Brive, comme Bergounioux. Parce que bien sûr, "La mort de Brune" n'est pas un roman : c'est, une fois de plus, un récit autobiographique dans lequel l'auteur revient sur son enfance corrézienne et explique d'ailleurs pourquoi le roman ne peut naître en ce milieu
   
   . "L'enfance décide", écrit Sartre dans "Les Mots". Bergounioux ne le contredira pas. Les lieux, les personnages (famille, voisins, inconnus), l'atmosphère au milieu desquels se déroulent les premières années de l'auteur entretiennent un sentiment d'étouffement qui ne peut s'éliminer que dans la fuite. Cet étouffement, Bergounioux le décrit à sa manière tortueuse et inimitable qui rend un livre de 140 pages aussi riche et aussi long à lire qu'un pavé de belle taille. Côté ambiance, on n'est pas loin, à certains moments, du sinistre avec lequel Chateaubriand décrivait ses soirées d'hiver à Combourg. Assombrir le tableau, ne pas reculer devant l'outrance, refuser tout embellissement, cela peut tenir de la posture mais quand c'est Bergou qui tient la plume, c'est toujours irrésistible.

critique par P.Didion




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