Lecture / Ecriture
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Les Enfants de Noé de Jean Joubert

Jean Joubert
  Les Enfants de Noé

Les Enfants de Noé - Jean Joubert

Et la neige tombait, tombait…
Note :

   Le père de Simon hérite d’un chalet dans les Hautes-Alpes. Une aubaine pour ces citadins qui étouffent dans le rythme effréné du quotidien parisien ! Alors, ils quittent tout : travail, appartement, commodité et confort pour aller s’installer à demeure à la montagne et vivre enfin au plus près de la nature et de ce que les parents perçoivent comme étant sans doute la vraie vie.
   Il leur faut donc changer radicalement leurs habitudes et ils s’y prêtent tous avec beaucoup d’enthousiasme.
   
   Puis, une nuit de février 2006, une violente tempête de neige s’abat sur le village. Mais rien de plus normal en cette saison, car cet élément est tout aussi indispensable pour que ce nouveau décor remplisse toutes ses promesses.
   
   Et là, ils ont de quoi se sentir gâtés car la neige tombe, invariablement et vigoureusement. Très vite l’accès à leur chalet isolé s’avère impraticable même pour les engins de déneigement.
   
   Et la neige tombe, invariablement et vigoureusement, de jour en jour, de nuit en nuit. Bientôt, il leur est même impossible d’ouvrir portes et volets. Il leur faut commencer à s’organiser autour de leurs réserves.
   
   Et la neige tombe, invariablement et vigoureusement. Le chalet finit par ne plus avoir du tout d’ouverture vers l’extérieur hormis une toute petite lucarne sur le faîte du toit.
    « La neige recouvrait tout le paysage, en effaçait les replis et le rendait méconnaissable.[… ] Au-dessus pesait un ciel bas, uniformément gris, mais comme phosphorescent.
   Et c’est bien la surface lunaire qu’évoque ce paysage mou et comme gommé, où tout vestige de végétation a disparu, laissant place à ce qui pourrait passer pour une poussière blanche. »

   
   Plongée dans le noir, sans électricité ni aucun moyen de communication avec l’extérieur, la famille se retrouve prisonnière du silence accablant de cette neige irréelle dont l’épaisseur atteint plus de sept mètres. Plus aucun signe de vie, ni même la trace régulière et quotidienne dans le ciel du vol aérien de 17h.
   La vie, dans ce huis clos, s’organise autour de ces trésors de débrouillardises toutefois entravés par bien des moments de désespoir, d’angoisse, de terreurs et avant tout de solitude, accentués par ce silence oppressant.
   
   Les raisons de ce déluge demeurent mystérieuses tout au long de l’histoire, à moins de lire la quatrième de couverture qui les dévoile. Je ne les ai découvertes qu’à la fin, puisque je ne lis plus depuis longtemps les résumés. En fin de compte, j’aurais même préféré ne rien savoir car je trouve qu’elles retirent une part de philosophie au texte. Mais, les curieux pourront comprendre.
   
   Un texte fort, puissant où l’angoisse croît au fil des pages. Parues dans la collection « Médium » de l’Ecole des Loisirs généralement réservée aux ados, l’histoire et son écriture dépassent largement cette catégorie de lecteurs. Bien que l’action se déroule en 2006, l’ouvrage est bel et bien un livre d’anticipation puisqu’il a été écrit en 1987.

critique par Véro




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