Lecture / Ecriture
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Bakhita de Véronique Olmi

Véronique Olmi
  Bord de mer
  Un si bel avenir
  Sa passion
  Numéro Six
  Le Premier amour
  La nuit en vérité
  La promenade des Russes
  Une séparation
  Cet été-là
  Bakhita

Véronique Olmi est une écrivaine française née à Nice en 1962.

Bakhita - Véronique Olmi

Un récit inhumain rempli d’humanité
Note :

   Rentrée littéraire 2017
   Prix du roman Fnac 2017
   
   Véronique Olmi est un écrivain français, née en 1962 à Nice. Elle est la petite-fille de Philippe Olmi, ministre de l'Agriculture, député des Alpes-Maritimes et maire de Villefranche-sur-Mer durant 20 ans. Après avoir suivi des études d'art dramatique elle a été assistante à la mise en scène. Auteur pour le théâtre, elle publie, en 2001, chez Actes Sud, son premier roman, "Bord de Mer."
   
   Son roman :
   "Elle avance dans la vie reliée aux autres par l'intuition, elle sait ce qui émane d'eux, par la voix, le pas, le regard, un geste."
   

   Elle ne sait pas comment elle s’appelle, elle a laissé son prénom au bord de la rivière. Elle voit les deux hommes, elle ne se méfie pas. Une fillette c’est ce qui se vend le plus cher, ils voient qu’elle est belle, une beauté de harem. Ils lui disent qu’elle se nomme Bakhita, son nouveau nom, elle entre dans le monde de la violence et de la soumission. Bakhita comprend que la fuite est du temps perdu, le monde des esclaves est le sien maintenant. L’argent circule, un nouveau maître à chaque fois, l’esclave une espèce animale qu’il faut dompter.
   
   Dans la première partie de ce roman il y a des scènes terribles, l’écriture toute en retenue de Véronique Olmi ne nous épargne cependant aucune horreur. Le monde de l’esclavage où l’on ne sait plus où sont les vivants et les morts, où la vie n’a aucune valeur et seule la mort peut soulager. Nous suivons Bakhita pendant plusieurs mois de marche à travers le Soudan, les coups qui arrachent la chair, un quart des esclaves meurt en route. L’auteur nous entraîne à sa suite à Khartoum, le Nil, la mer rouge, le canal de Suez, la méditerranée, et enfin l’Italie, un pays où les femmes sans enfants ne sont pas répudiées, où les femmes peuvent sortir seules et sans voile.
   
   Elle ne sait pas qu’elle est enfin arrivée chez elle, que son corps objet de profit et de tant de violences va lui être rendu. L’histoire vraie d’une âme simple et sensible, elle a vu le diable, maintenant elle veut voir Dieu. Elle veut devenir la fille d’un père qui ne l’abandonnera jamais. Cette seconde partie Véronique Olmi la rend plus douce malgré l’évocation de Mussolini et du fascisme où les races inférieures, les nègres et les juifs menacent la pureté du pays.
   
   Un récit inhumain rempli d’humanité. Un livre lumineux comme Bakhita l’esclave devenue sainte. Véronique Olmi nous livre une très belle évocation d’une personne humble et discrète. Et une fois ce roman refermé, le lecteur ne sait plus si l’émotion ressentie tout au long de sa lecture vient du talent de Véronique Olmi ou tout simplement de tout ce que la vie de Bakhita nous inspire, sûrement un peu des deux.
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critique par Y. Montmartin




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Esclave
Note :

    En 1876, une petite africaine née au Darfour est enlevée à sa famille par des tortionnaires négriers.
    Revendue dans un marché aux esclaves au Soudan, elle traversera le pays dans une marche de la mort et subira des sévices psychologiques et physiques de la part de ses différents maîtres pour finir religieuse à Venise après avoir été racheté par un consul italien.
   
    Cette petite fille a 7 ans, elle oubliera son identité dans la violence et la terreur subies par son enlèvement, on l’appellera Bakhita et Jean-Paul II en fera une sainte en 2000.
   
    Véronique Olmi dresse un portrait hors norme d'une petite esclave accompagnée de ses semblables livrés pire que des animaux à un monde cruel et inhumain.
   
    La première partie du roman est sa perte d'identité et de repères. Elle n'aura de cesse et d'espoir tout au long de sa vie de retrouver sa famille et sa sœur jumelle.
   
    Une petite fille perdue dans un monde où les hommes vendent, battent et mutilent d'autres hommes.
   
    Elle n'aura plus de vie, de joie et d'espérance. Pourtant elle s'attachera à ses maîtres, dévouée pour les autres elle recherchera toujours l'amour perdu.
   
    La deuxième partie nous montre la femme qu'elle est devenue. La souffrance et les cauchemars qui la hantent toujours les sévices subis et tus l’accompagnent encore.
   
    En grandissant d'autres rencontres se font, et naturellement elle s'attache aux enfants qui lui sont confiés et dans son amour de la vie elle illumine par sa présence.
   
    Bakhita ne sait pas lire, très peu écrire, elle parle dans une langue qui est un curieux mélange de tout ce qu'elle a entendu dans sa triste existence. Un jour on lui apprend Dieu et elle y croit.
   
    C'est un livre choc. La première partie parfaitement maîtrisée, décrit des scènes assez insoutenables mais les lire montre combien pire devait être la réalité. L'auteur nous dépeint le quotidien des esclaves, les marches forcées, la séparation des familles, les sévices avec un souffle de poésie qui fait frissonner.
   
    La deuxième partie, nous met un peu dans l'embarras. Si nous soufflons avec Bakhita dans sa rencontre avec ses maîtres italiens qui la respectent et ne la battent pas, nous constatons qu'ils restent quand même des maîtres et elle une esclave.
   
    Ce livre a une bien triste réalité. L'esclavage existe encore et toujours et l'homme possède toujours au fond de lui les pires idées du mal, prêtes à fondre sur les populations les plus vulnérables.
   
    C'est une lecture très poignante et qui nous touche longtemps.

critique par Marie de La page déchirée




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