Lecture / Ecriture
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Un funambule sur le sable de Gilles Marchand

Gilles Marchand
  Une bouche sans personne
  Un funambule sur le sable

Gilles Marchand est un scénariste et réalisateur français né en 1963 à Marseille.
(Wikipédia)

Un funambule sur le sable - Gilles Marchand

Emerveillée
Note :

   Rentrée littéraire 2017
   
   Gilles Marchand est bien le seul capable de nous laisser croire à la possibilité de naître… avec un violon dans la tête. Ce parti pris acquis, plus rien de la poésie douce absurde de l’auteur ne nous surprendra plus dans son roman.
   
    Un funambule sur le sable nous raconte donc cette histoire étonnante d’un petit garçon né avec cette infirmité, et de ses difficultés à s’insérer dans une société bien frileuse avec toutes les différences. Heureusement, Stradi rencontre très vite son ami Max, également handicapé, et passionné de musique. Et puis il y a Lélie, avec laquelle il passe de douces heures de complicité amoureuse, et qui ne s’effraie pas de sa particularité. Mais rien n’est prévu dans notre monde pour un jeune garçon qui a ainsi un violon dans la tête, et dont l’instrument se réveille à la moindre occasion, qui parle aux oiseaux… Les moyens pour gérer les difficultés, et notamment la croissance de l’objet, sont douloureux et Stradi, bien qu’entouré par une famille aimante, doit faire face tous les mois à des soins qui lui rappellent encore plus sa pathologie.
   
   Et toi lectrice, tu as plongé dans cette fable avec douceur et précaution. Tu avais déjà aimé "Une bouche sans personne", le premier roman de Gilles Marchand, qui possédait déjà cette poésie de l’absurde, et tu as été heureuse de constater que l’auteur n’a rien perdu de sa force d’écriture dans ce second opus, bien au contraire. Et tu as été touchée, à la fois par son talent d’écrivain, qui suit sans failles son fil narratif jusqu’à la fin, et par sa manière d’aborder avec délicatesse le thème des maladies invisibles, du handicap, et de l’insertion compliquée. Tu as vu ici et là que l’on comparait cette forme d’écriture à celle de Boris Vian, et tu te dis oui, bien sûr, qu’il y a de l’Ecume des jours dans ce livre là, mais qu’il y a aussi autre chose, un optimisme réel dans les capacités humaines à s’aimer et à se rencontrer.
   
    Un très beau livre, à offrir et à s’offrir. Un coup de cœur émerveillé.
    ↓

critique par Antigone




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Un violon dans la tête
Note :

   Le héros, vite rebaptisé Stradi (tant qu'à faire, autant choisir le meilleur), est né avec un violon dans la tête (de plus, il sait parler aux oiseaux). Autant dire que cette différence pas immédiatement visible ne va pas lui faciliter la vie. Une famille aimante (le père est un poil particulier tout de même), un ami, Max et une amoureuse, Lélie, lui serviront de ponts d'appui, sa ténacité et son optimisme feront le reste pour supporter étonnement, incompréhension, moqueries, ostracisme.
   
   Comme avec Une bouche sans personne, je suis entrée sans problèmes dans l'univers fantaisiste, décalé, teinté d'humour, de Gilles Marchand. Moi qui aime les essais (scientifiques si possible) mais tout publics, je suis loin de mes terres, mais tout se passe bien.
   
   J'aime les détails récurrents, Max et ses métiers choisis selon des titres de chansons, par exemple, et même l’apparition du héros d'Une bouche sans personne (page 296), cet homme à l'écharpe remontée, le chien tournant autour du réverbère... Tout cela pour la densité d'une histoire sinon romantique seulement mais ainsi transfigurée. On ne peut s'empêcher de penser à tous les gens 'différents', que cela se voie ou non.
   
   Une véritable gageure de maintenir l'intérêt avec un point de départ aussi improbable et c'est réussi.
   
   "Ma mère était une grande lectrice (...). Quand on lui demandait si elle avait lu tous les livres de sa bibliothèque, elle répondait que non mais qu’elle avait lu des livres qui ne s'y trouvaient pas."
Excellent, non?

critique par Keisha




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