Lecture / Ecriture
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Envoyez les couleurs de Donald Westlake

Donald Westlake
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Ecrivain américain auteur d'une centaine d'ouvrages, policiers pour la plupart.
Il est né à New York en 1933 et est mort d'une crise cardiaque au Mexique le dernier jour de 2008.
Il a publié sous presque une vingtaine de pseudonymes, dont Richard Stark.

Envoyez les couleurs - Donald Westlake

Et quand on dit couleurs...
Note :

   Chez les Abbott, on est enseignant puis principal du collège Colfax de père en fils et il n'est pas question de déroger à la règle. Situé dans un quartier noir défavorisé, promu par sa direction comme mixte ethniquement, l'établissement à la population scolaire ébène vit des heures chahutées depuis l'intronisation d'Oliver Abbott, dernier né de la dynastie, pas plus professeur dans l'âme que cela, mais on ne change pas des habitudes qui perdent.
   
    Grèves à répétition, confusion des luttes de pouvoir, surenchère entre les clans du statut quo et des revendications du peuple noir à disposer de son instruction. Et le groupe de la désescalade représenté par la sémillante et brillante Léona semble débordé par la situation, d'autant qu'une autre union tout aussi politique va mettre le feu aux poudres.
   
   Dans "Envoyez les couleurs", Donald Westlake sort de son héros récurrent John Dormunder (un looser maladroit mais d'un humour remarquable) et propose une intrigue bien écrite, un manifeste éducatif et sociétal. Le récit prend le temps des descriptions, le rythme est plutôt lent, les personnages sont bien ancrés. Sans être soporifique, il a manqué un certain dynamisme et de l'humour qui aurait donné de légèreté à ce roman sans diminuer la force du contenu.
   
   Sous couvert d'un fait de société – celui de la mixité des établissements "ghettos" -, il dresse le portrait d'une Amérique sclérosée, pose la problématique de tous les communautarismes, dézingue les combats insipides et inefficaces, qui répondent davantage à une volonté de domination plutôt qu'à une avancée pour le bien-être de tous.
   
   Le discours atteint l'universel : plusieurs scènes transposées au monde politique et scolaire en France y trouvent écho. Gagner une bataille ne signifie aucunement la victoire tout court. Certaines négociations se révèlent comme de vraies pertes, parce qu'à force de se laisser enfermer dans ses convictions, on perd le sens de ce qui doit être préservé. C'est vrai dans "Envoyez les couleurs", c'est vrai dans la vie aussi.

critique par Philisine Cave




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