Lecture / Ecriture
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David Bowie n’est pas mort de Sonia David

Sonia David
  Les petits succès sont un désastre
  David Bowie n’est pas mort

Sonia David est le nom de plume de Sonia Rachline, journaliste et écrivain.

David Bowie n’est pas mort - Sonia David

Tranche de vie
Note :

   Rentrée littéraire 2017
   
   Voilà comment on entre parfois dans un livre… grâce à la nostalgie réveillée par une vieille 4L sur une couverture, par le nom de David Bowie évoqué dans un titre, et on découvre soudain un joli bijou littéraire qui se transforme très vite en un évident coup de cœur !
   
   Hélène, la narratrice, a la cinquantaine et à un an d’intervalle va perdre sa mère, son père et David Bowie, pas nécessairement dans cet ordre, mais c’est ainsi que ces trois absences sont juxtaposées… Tout d’abord, disparaît donc la mère d’Hélène, détestée par ses trois filles, qui ont tant à reprocher à cette femme, égoïste, égocentrique, parfois castratrice, seulement préoccupée de décoration… Puis, disparaît le père des trois filles, séparé de leur mère depuis des années, en couple avec leur ancienne baby-sitter, avec laquelle il a eu une autre fille, Juliette… Un père bien souvent malade, mais également plein de vie, entouré de joie et d’amis, qu’elles vont découvrir après sa disparition et avec étonnement criblé de dettes.
   
    Entre temps, David Bowie a disparu, et cela a réveillé en Hélène le souvenir de son ancienne complicité avec sa sœur aînée, Anne, sa découverte du chanteur alors qu’elle était enfant. Et c’est surtout ce qui t’a énormément plu dans ce livre, tout ce que l’auteure a saisi de complexité dans les rapports humains, familiaux, tout ce qu’il peut y avoir de fort et de distant à la fois dans ces rapports-là. Elle met en avant surtout les relations entre sœurs et tout cela est doux, touchant, sensible, sincère…
   
   Mais rien n’est caché non plus des regrets, des manquements, des colères, et de ce qui ne fonctionne pas, et sera raté pour toujours, puisque la mort est là, qui termine parfois les histoires de manière impromptue et brutale… Et donc, toi lectrice, tu as été complètement séduite par ce titre, par l’écriture de Sonia David, très belle, et tu fais de ce récit un de tes coups de cœur de la rentrée littéraire !!
    ↓

critique par Antigone




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Eh bien non
Note :

   Le commentaire d'Antigone m'avait poussée à lire ce livre mais l'effet n'a pas du tout été le même sur moi.
   
   Nous avons ici le récit de trois deuils successifs subis par trois sœurs et racontés par l'une d'elle : perte de la mère, détestée (peut-être excessivement?), du père, adoré (peut-être excessivement?) et de David Bowie, idole de l'adolescence qui incarne cette période si riche et pleine de possibles ainsi que le rapprochement qui s'était fait sur son culte, entre deux des trois sœurs maintenant si distantes.
   
    Le gros reproche que je fais à ce livre, c’est de n’avoir jamais su dépasser l'anecdotique. On raconte les circonstances de la mort, de l'enterrement, du deuil, mais on ne réfléchit sur rien, on ne remet rien en cause, on ne réexamine rien, on n'approfondit rien. D'ailleurs les souvenirs évoqués pour chacun des deux parents sont assez brefs et parcellaires, livrés tels quels et pas "re-digérés". Normalement lors d'un deuil, on fait le bilan de ce qui a eu lieu ou pas avec cette personne. On repense à ce qu'on aurait dû - pas dû- faire, aux scènes du passé, en essayant de les comprendre mieux, ou d'imaginer les variantes qui auraient été possibles et réfléchir dessus. Ici, non. On repense aux scènes du passé, point final. On clame le grand égoïsme de la mère, mais on ne le prouve pas beaucoup ; on montre un père pas mal égoïste lui aussi, mais à lui, cela sera aisément pardonné ; on est pas mal égoïste soi-même... Sur tout cela, on ne réfléchit pas, on ne s'interroge pas.
   
    Normalement, après un deuil proche, on repense sa propre vie avant de continuer. Ici, aucune pensée dans ce sens, aucun approfondissement, une certaine complaisance dans la mise en vitrine de son ego, genre "Je suis comme ça", et basta. Ça, ce n'est pas un travail de deuil.
   
   De même, pas plus que le récit n'a amené de réflexion, le style n'a aspiré au littéraire. C'est une écriture claire, vive, aisée, avec une apparence d'oralité qui entraine le lecteur. Ce sont les articles de magazines qu'on écrit comme cela, pas les œuvres littéraires. Là, les 180 pages filent d'un coup et... rien.
   
   Je leur souhaite à toutes trois que leurs vies ne filent pas de la même façon, mais je ne lis pas de romans pour une vision si simple -pour ne pas dire superficielle- de la vie, je peux déjà l'avoir dans beaucoup de discussions. Des livres, j'attends plus.

critique par Sibylline




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