Lecture / Ecriture
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Toutes les familles heureuses de Hervé Le Tellier

Hervé Le Tellier
  Encyclopaedia Inutilis
  Quelques mousquetaires
  Eléctrico W
  Moi et François Mitterrand
  Toutes les familles heureuses

Hervé Le Tellier est un écrivain français né en 1957.

Toutes les familles heureuses - Hervé Le Tellier

Auto-fiction ?
Note :

   Rentrée littéraire 2017
   
    "Toutes les familles heureuses se ressemblent ; chaque famille malheureuse l’est à sa façon." (Tolstoï, Anna Karénine)
   

   Tu ne savais pas vraiment à quoi t’attendre avec ce titre de rentrée littéraire d’Hervé Le Tellier… sauf que tu avais beaucoup aimé son "Assez parlé d’amour" et son "Moi et François Mitterand", lus précédemment. Dans ces deux titres, tu as vite repéré une sorte de jeu oulipien (Car Hervé Le Tellier en est un des membres), que tu n’as pas du tout retrouvé dans celui-ci. Pour autant, le début de ta lecture a été un peu hanté par cette recherche, avant de te rendre à la conclusion légitime que l’auteur y racontait finalement certainement seulement l’histoire de sa famille.
   
    "Très jeune, j’ai compris que quelque chose n’allait pas, très tôt j’ai voulu partir, et d’ailleurs très tôt je suis parti. Un enfant n’a parfois que le choix de la fuite ; il devra à son évasion, au risque de la fragilité, d’aimer plus fort encore la vie."
   
   Comment survivre à l’absence d’un père dont au final on ne portera pas le nom ? A l’inconsistance d’un beau-père qui n’assume pas son rôle ? A l’inconséquence d’une mère au comportement toxique et mal aimant ? Hervé Le Tellier se permet de raconter son histoire dans ce livre, alors que tous les protagonistes sont morts et que sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, ne peut plus réaliser ce qu’il se passe autour d’elle. Il s’agit de partir à la recherche de ses souvenirs, et ce qui t’a avant tout choquée, toi lectrice, est le vide que le lecteur rencontre alors. La famille d’Hervé Le Tellier est malheureuse de cette façon, avec l’absence de sentiments, de gestes tendres, de sincérité, le tout baigné dans une atmosphère bourgeoise à la fois confortable et indifférente. Le jeune homme partira donc très tôt de chez ses parents, sur une sévère dispute, et rencontrera ailleurs la chaleur de l’amour et de l’amitié.
   
   Tu as été à la fois tenue éloignée (la plupart du temps) par ce texte et finalement émue par certains passages et de se rendre compte de ce que c’était que de grandir ainsi au milieu de tant de froideur… Il ne restera sans doute pas ton livre préféré d’Hervé Le Tellier, tellement tu avais été séduite par "Assez parlé d’amour", et tellement tu avais ri avec "Moi et François Mitterand". Un récit pudique et qui compte certainement beaucoup pour l’auteur.

critique par Antigone




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