Lecture / Ecriture
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Haute fidélité de Nick Hornby

Nick Hornby
  Vous descendez?
  Haute fidélité
  Juliet, Naked
  31 songs
  A propos d'un gamin
  Funny Girl

Nick Hornby est un écrivain anglais né en 1957 dans le Surrey.

Haute fidélité - Nick Hornby

L’immaturité faite homme
Note :

   Rob, le narrateur de Haute fidélité, a 35 ans et possède dans une ruelle perdue de Londres une boutique de disques pop au bord de la faillite. Laura, sa compagne, vient de le quitter, ce qui l'affecte beaucoup plus qu'il ne veut l'admettre. Cette rupture est l'occasion pour lui de faire le point sur sa vie ratée, sur les femmes qui ne l'ont jamais compris (Rob est un éternel plaqué), sur lui-même surtout puisqu'il s'autocritique avec un cynisme et une dérision réjouissants. Car notre héros est un adolescent attardé et plein d'angoisse qui ne veut renoncer à rien et refuse de s'engager sérieusement pour se garder toutes les possibilités ouvertes.
   
   Vous l'aurez compris, Rob n'a rien d'un prince de conte de fées, et pourtant il est extrêmement attachant. Il y a en effet quelque chose de touchant dans le portrait de cet homme maladroit qui refuse de vieillir et d'affronter la réalité du couple, trop différente de ses rêves d'enfance. Haute fidélité est de ce point de vue un roman criant de vérité. L'analyse des relations homme / femme et la description du malaise des trentenaires notamment m'ont semblé très réalistes.
   
   Même si Haute fidélité est souvent cynique, voire un peu amer, c'est surtout un roman très drôle. Les dialogues sont savoureux, certaines situations hilarantes, et les personnages hauts en couleurs (surtout les personnages masculins d'ailleurs), à commencer par Dick et Barry, les deux gars qui aident Rob à tenir son magasin de disques et qui sont encore plus décalés et immatures que leur patron.
   
   Beaucoup d'humour donc dans ce roman lucide et plein de justesse, très intéressant si l'on veut mieux comprendre le mâle moderne ! Mon seul regret est d'être passée à côté des nombreuses références musicales qui parsèment le roman et nourrissent les rêves de Rob.
   
   Voici pour conclure un extrait dans lequel on apprend que Rob est traumatisé par la perte d'une de ses grandes illusions sur les femmes (!) :
   "J'ai été affreusement déçu par les slips des filles quand j'ai commencé à vivre en concubinage. Je ne me suis jamais remis de cette découverte : elles font comme les garçons. Elles se gardent leurs plus beaux dessous pour les jours où elles savent qu'elles vont coucher avec quelqu'un. Quand on vit avec une femme, les vieux slips Monoprix délavés, rétrécis, informes font soudain leur apparition sur tous les radiateurs ; vos rêves lascifs d'écolier, où l'âge adulte apparaissait vautré dans la lingerie fine à jamais, dans les siècles des siècles... ces rêves retournent à la poussière."
   Le pauvre !

critique par Caroline




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