Lecture / Ecriture
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Colère en Louisiane de Ernest-J Gaines

Ernest-J Gaines
  Colère en Louisiane
  Par la petite porte
  4 heures du matin
  D'amour et de poussière
  Ti-Bonhomme.
  Dites-leur que je suis un homme

Ernest J Gaines est né en 1933 dans une plantation de Louisiane. A neuf ans, il y ramasse des pommes de terre pour 50 cents par jour. À quinze, il rejoint la Californie et commence à lire avec passion, en regrettant que "son monde" ne figure pas dans les livres. Il décide d'écrire pour le mettre en scène et s'affirme vite comme un des auteurs majeurs du "roman du Sud". Le National Book Award, décerné en 1994 à "Dites-leur que je suis un homme", ainsi qu'une nomination pour le prix Nobel de Littérature en 2004, récompensent l'ensemble d'une oeuvre magistrale. (Source l'éditeur)

Colère en Louisiane - Ernest-J Gaines

Mythique Sud.
Note :

   Présentation de l'éditeur:
   
   "Dans la chaleur moite du bassin du Mississippi, un coup de fusil ébranle la plantation Marshall. Le Cajun Beau Boutan a été abattu devant la porte du vieux Mathu, un Noir indépendant et fier, que tout accuse. Pour sauver du lynchage celui qui l'a élevée, la fille du propriétaire, Candy Marshall, se déclare coupable. Puis, tour à tour, ouvriers agricoles et métayers noirs racontent le drame chacun à sa manière et s'accusent du crime. Au cours de cette veillée où les confessions se répondent, conflits et solidarités entre communautés se révèlent. Le plus faulknérien des romans de Gaines."

   
   
   Gaines m'était inconnu. Il est dit sur la jaquette qu'il a été nominé en 2004 pour le Nobel de Littérature? Né en Louisiane, il en pince pour elle, c'est manifeste. Louisiane, Mississipi, ... les états du Sud semblent porter une sérieuse malédiction. Il est vrai que c'est là que la déségrégation a été (est) la plus délicate. C'est bien de cela qu'il s'agit. Des Noirs, des Cajuns, des Blancs, des Créoles, ... Une histoire de meurtre d'un Cajun, selon toute évidence par un Noir, et c'est l'embrasement de ce coin de campagne. Le réflexe type Ku Klux Klan est présent. Tout y est et traité par chapitres successifs, chaque chapitre étant traité du point de vue d'un protagoniste différent. Ca donne l'impression d'une boule à facettes qui renvoie la lumière sous des angles constamment différents. Très bien écrit et traduit, très dense (on est dans l'unité de temps chère au théâtre), l'attention ne se relâche pas un instant. Et on ne peut qualifier pour autant cet ouvrage de polar.
   
   Pas forcément représentatif du style, mais c'est dans un chapitre-point de vue d'un petit garçon, cet extrait:
   
   "Toddy, il m'a montré son sourire édenté, parce qu'il pensait que Grand-Ma m'avait fait rager en me disant de me rasseoir. J'ai serré le poing, mais il savait que je pouvais pas le battre, parce qu'il m'avait surpris en train de jouer au papa et à la maman dans les hautes herbes avec Minnie, et il m'avait prévenu que je pourrais rien lui faire pendant un an, même s'il me faisait des misères, sinon il dirait à Grand-Ma ce qu'il avait vu ..."

   
   Dans des chapitres-points de vue d'adultes, GAINES se montre moins primesautier! Les préoccupations et thèmes traités par FAULKNER surgissent en arrière-plan, Sud commun.

critique par Tistou




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