Lecture / Ecriture
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Une vie sans fin de Frédéric Beigbeder

Frédéric Beigbeder
  Nouvelles sous ecstasy
  14,99 € (ex 99 Francs)
  Au secours pardon
  Un roman français
  Premier bilan avant l'apocalypse
  Oona et Salinger
  L'amour dure trois ans
  Une vie sans fin

Frédéric Beigbeder est un auteur, critique et réalisateur français, né en 1965.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Une vie sans fin - Frédéric Beigbeder

Enfin mûr ?
Note :

   De Frédéric Beigbeder, tu ne connaissais que cette image de dandy lettré et un peu fantasque qui circule dans les médias… Se fier à l’image que les gens projettent d’eux n’est sans doute pas la meilleure manière de les aborder. Tu ne connaissais donc pas l’auteur, puisque tu ne l’avais jamais lu. Et tu dois dire que tu ne sais trop maintenant comment organiser ta pensée et tes réactions face à cette première rencontre, via ce livre, écrit sous la forme d’une pseudo auto-fiction.
   
   Dans ses premières pages, ce roman a été un véritable régal de lecture, puis s’est avéré un tant soit peu ennuyeux, puis complètement loufoque et extravagant, pour enfin t’arracher deux larmes à la toute dernière page… Le pitch ? Tout commence alors que le narrateur promet à sa fille qu‘à partir de maintenant plus personne ne meurt, et surtout pas lui, son père. La cinquantaine, les ennuis de santé de ses parents, tout lui donne en effet des raisons de s’inquiéter. Se sentir vieillir est un drôle d’événement à intégrer. Sa notoriété permettant les rencontres, il entreprend donc un périple médical et scientifique, le menant de Genève à Jérusalem puis aux Etats-unis, afin de devenir immortel, ou du moins réussir à prolonger au maximum sa vie. Un périple dans lequel il va entraîner sa fille de dix ans, Romy. Et c’est là que Frédéric Beigbeder est le plus fort, lorsqu’il parle du lien qui unit son narrateur à cet enfant, leur complicité manifeste, puis à Léonore, cette femme qu’il croise en Suisse, veut très vite épouser, et avec laquelle il désire avant tout faire un autre enfant.
   
   Le narrateur/Frédéric Beigbeder se pose plein de questions, nous livre tout un tas de données scientifiques (véridiques) mais dévoile aussi tout un tas de fantasmes (vrais ou faux) sur l’immortalité. L’accumulation de données scientifiques a par moments eu raison de ta concentration et de ton enthousiasme pour ce livre, ainsi que le délire dans lequel l’auteur nous emmène peu à peu. En effet, au moment où Pepper (le robot ultra perfectionné venu du Japon) devient le compagnon de jeu de Romy, tout part un peu en cacahuète dans cette histoire, même si tu as bien ri des situations cocasses et des réparties dudit robot. Le roman se targue aussi de quelques visites éclairs dans le futur et la science-fiction…
   
   D’autres lecteurs seront peut-être agacés de la présence récurrente de noms célèbres, notoriété de l’écrivain oblige. Tu es passée très vite dessus, n’étant pas très friande, toi, de révélations croustillantes sur les célébrités. Au final, Frédéric Beigbeder se révèle terriblement attachant et sincère dans les pages de ce livre, se mettant en scène avec humour et dérision, n’ayant aucunement peur du ridicule et pratiquant constamment l’auto-critique. Et de tout le fatras versé dans cette histoire, de toute cette bataille contre l’idée de trépasser bêtement comme tout le monde, de cette lutte (et même de l’ennui généré par cette lutte), émerge l’image d’un homme que l’on a soudain envie de mieux connaître et de mieux aimer. Certains en parlent déjà comme DU livre de la maturité de Frédéric Beigbeder.
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critique par Antigone




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Petite déception
Note :

   "La vie est une hécatombe. 59 millions de morts par an. 1,9 par seconde. 158 857 par jour. Depuis que vous lisez ce paragraphe, une vingtaine de personnes sont décédées dans le monde – davantage si vous lisez lentement. L’humanité est décimée dans l’indifférence générale.
   Pourquoi tolérons-nous ce carnage quotidien sous prétexte que c’est un processus naturel ? Avant je pensais à la mort une fois par jour. Depuis que j’ai franchi le cap du demi-siècle, j’y pense toutes les minutes.
   Ce livre raconte comment je m’y suis pris pour cesser de trépasser bêtement comme tout le monde. Il était hors de question de décéder sans réagir."
   F. B.

   
   Contrairement aux apparences, ceci n’est pas un roman de science-fiction.
   
   biographie:
   Journaliste et romancier, Frédéric Beigbeder tient le feuilleton littéraire du Figaro Magazine. Il est chroniqueur dans la Matinale de France Inter.
   
   "La puissance de la publicité est supérieure à la capacité de résistance d’un individu isolé. Pour ma génération, ce fut la cigarette: pendant toute mon enfance, la pub nous donnait l’ordre de fumer, ensuite l’État a lutté contre le tabagisme. Ta génération, c’est le sucre et le sel: durant toute ta jeunesse, on t’a fait rêver de bonbons, sodas, chips, etc., et aujourd’hui on lance des campagnes pour que tu manges moins salé et sucré! L’Occident est une usine à schizophrènes."
   

   Petite déception pour la petite fan de Beigbeder que je suis. Je possède tous ses livres et je dois ne pas en avoir lu seulement un ou deux dans le tas. Et pourtant, "Une vie sans fin" ne m’a pas autant plu que les précédents.
   
   Dans ce nouveau roman futuriste, on retrouve un Frédéric Beigbeder qui nous parle de lui et de sa famille, contrairement à ses nombreuses autofictions. On fait la connaissance de sa femme Léonore et de leurs deux filles, Romy et la dernière petite Lou. Le début très actuel de cette lecture a déclenché mon enthousiasme; j’ai adoré les réflexions de l’auteur sur notre époque. Mais après ce début amusant et intriguant, suit ce qui m’a déçue. Frédéric Beigbeder redoute de mourir. Chez lui, cela finit même par tourner à l’obsession. Au point qu'il décide de faire des séjours dans plusieurs cliniques (detox etc) à Paris, Jérusalem, Autriche, New York, Boston pour finir en Californie. À chaque endroit, il rencontre une personne du milieu médical avec laquelle il aura un long échange sur le renouvellement de cellules, le clonage, les changements possibles dans l’ADN humain et la robotisation. Frédéric Beigbeder sera accompagné tout le long de son périple par sa fille de 10 ans, Romy, et le robot Pepper qu’il lui a offert pour lui tenir compagnie. Un robot doté d’une intelligence artificielle et d’un écran sur sa poitrine.
   
   Le contexte est intéressant, mais ne valait pas autant de pages. Je me suis souvent perdue dans les longues explications des termes médicaux. Page 286, l’auteur écrit: "J’avais le nez dans mes photocopies d’articles de revues scientifiques et de bouquins dont je faisais semblant de comprendre le charabia". À plusieurs reprises, je me suis retrouvée dans le même état en lisant "Une vie sans fin". Je n’en reviens pas de dire ça à propos d’un bouquin de Frédéric Beigbeder, mais terminer cette lecture fut un supplice...
   
    "Ce qui me préoccupait ce soir-là chez ma fille, c’est qu’elle ne rêvait pas d’embrasser Robert Pattinson, ni même de lui parler ou de le connaître. Elle désirait seulement poster son visage à côté du sien sur les réseaux sociaux pour prouver à ses copines qu’elle l’avait vraiment croisé. Nous sommes tous, comme elle, engagés dans cette course effrénée. Petits ou grands, jeunes ou vieux, riches ou pauvres, célèbres ou inconnus, la publication de notre photographie est devenue plus importante que notre signature sur un chèque ou un contrat de mariage."
   

   Toute l’histoire tourne autour de la recherche de l’éternité de l’auteur qui finira par se rendre compte que le plus important c’est de profiter de sa famille, maintenant. J’ai malheureusement trouvé ce roman sans grand intérêt, et même si l’on y retrouve sa plume spontanée avec une touche d’humour, je préfère Frédéric Beigbeder dans des registres plus sentimentaux et humains, tels que "L’amour dure trois ans" ou "Un roman français".

critique par Tatiana F.




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