Lecture / Ecriture
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L’Ornière de Hermann Hesse

Hermann Hesse
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Hermann Hesse est né en Allemagne en 1877 dans une famille de missionnaires protestants contre laquelle il se rebella très tôt.
Pendant la majeure partie de sa vie professionnelle, il travailla dans une librairie et parallèlement commença à être publié à partir de 1898 (poèmes puis prose). Sa déficience visuelle lui permit de ne pas être soldat alors que son pays traversait deux guerres mondiales. Il manifestait d'ailleurs son mépris des querelles nationalistes.

Bien qu'inégalement reconnu par ses pairs et handicapé par une carrière littéraire mise en veilleuse par les guerres, il a obtenu le prix Goethe, le prix Bauernfeld en 1905 et surtout, le Prix Nobel de littérature en 1946.

Il est décédé en Suisse en 1962.

J-P de Tonnac s'est attaché à ses pas dans "Les Promenades d'Hermann Hesse"

L’Ornière - Hermann Hesse

Les derniers feux du romantisme allemand
Note :

   Il y a quelques jours je cherchais au rayon russe de ma médiathèque les romans de Tolstoï, rien, question à la bibliothécaire présente qui me répond "on les a archivés, c’est trop vieux pour rester en rayon".
   
   A l’heure des parutions gargantuesques deux fois par an j’ai décidé d’enclencher la marche arrière et je viens de prendre un grand plaisir à la lecture d’un auteur trop vieux pour être en rayon. Non ce n’est pas Tolstoï mais Hermann Hesse.
   
   Le roman se déroule à la fin du XIX ème ou début du XXème dans une petite ville de Souabe. Hans Giebenrath orphelin de mère vit dans "un petit trou de la forêt noire" et prépare le concours d’entrée au séminaire de Maulbronn, seule façon pour lui d’accéder à des études, son père n’étant pas prêt à lâcher son argent pour cela.
   
   Il est doué Hans et ingurgite sagement tout ce que lui proposent le Recteur et le Pasteur de la petite ville. Délaissant ses escapades favorites dans la nature, la pêche un passe-temps qu’il adore, il reste plongé des heures durant sur la traduction latine, leçons particulières de grec. Et il réussit!
   
   Il a d’abord droit à un peu de repos, il retrouve la rivière, il "sauta dans la rivière d’un seul coup. En nageant contre le faible courant, il se sentit peu à peu lavé des sueurs et des angoisses des derniers jours" Mais bien vite ses mentors proposent qu’il prenne de l’avance sur les cours, histoire de briller, et Hans qui a de l’ambition et ne veut décevoir personne accepte, et la ronde infernale des heures d’étude reprend.
   L’entrée à Maulbronn est une épreuve dont il se sort plutôt bien jusqu’à ce que son amitié pour Hermann Heilner vienne mettre en péril cette belle réussite.
   
   On est ici à l’opposé du roman d’apprentissage car ici l’épanouissement de l’adolescent est le dernier souci des ses maîtres, seule compte la réussite, porter haut le flambeau de l’école, répondre aux vœux de son père.
   C’est un roman qui met un système éducatif oppressant à l’index.
   Tout l’amour de la nature est étouffé chez Hans et il finit par oublier ses beautés
   "les longues rangées majestueuses de cierges de notre-dame aux feuilles laineuses et aux fleurs jaunes, les salicaires et les églantiers se balançant doucement sur leurs tiges"
   

   Hermann Hesse a mis assurément beaucoup de lui-même dans ce roman où la jeunesse est brimée par la rigidité de l’enseignement et même une certaine brutalité, les premiers émois amoureux sont étouffés. Hans est écrasé comme le fut Hermann Hesse en son temps
   
   J’ai beaucoup aimé ce roman empreint des derniers feux du romantisme allemand.
   J’ai rouvert mon anthologie de l’auteur, c’est certain je vais y revenir.

critique par Dominique




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