Lecture / Ecriture
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Leviathan de Boris Akounine

Boris Akounine
  La maîtresse de la mort
  L'amant de la mort
  Azazel
  Leviathan
  La prisonnière de la tour

Boris Akounine est le nom de plume de Grigori Chalvovitch Tchkhartichvili, historien et écrivain russe, né en Géorgie (URSS) en 1956.

Leviathan - Boris Akounine

Quand les Russes égalent les vieilles Anglaises
Note :

   Troisième aventure du délicat, mais perspicace Eraste Fandorine, "Leviathan" peut, comme toutes les autres, se lire indépendamment des autres enquêtes. Si l'auteur nous est tout à fait contemporain (né en 1956 en URSS), il n'en est pas de même de son personnage fétiche qui nous emmène à chaque fois avec lui en ce tournant 19-20ème siècle., et c'est un des grands charmes de cette série. Il faut dire, qu'homme cultivé et historien, Akounine est capable de nous transporter dans ces années sans la moindre faute ou anachronisme, jusque dans le moindre détail, et il sait reconstituer l'ambiance jusque dans les tics de langage.
   
   Cette fois, Fandorine, n'officiera pas en Russie, mais dans la société la plus cosmopolite qui soit, parmi les personnages de première classe d'un formidable paquebot qui se vante d'être les plus gros jamais construit : Léviathan. C'est jusque dans ce salon chic que le commissaire français Gauche a poursuivi l'odieux criminel qui vient de tuer une maisonnée de 10 personnes (pas moins!) pour un cambriolage qu'on ne comprend même pas bien, le butin ayant été abandonné immédiatement... Il y a là, outre Eraste Fandorine, diplomate, deux anglaises, enceinte ou vieille fille, quelques britanniques mâles, médecin, officier, second du navire, etc. et même un officier japonais (l'auteur est un spécialiste reconnu du Japon). Tous d'allure plus anodine les uns que les autres, et pourtant, le monstre est parmi eux. C'est la seule certitude. Le pauvre commissaire Gauche qui approche d'une maigre retraite et reluque avec amertume le luxe étalé autour de lui, n'a qu'une idée : boucler au plus tôt son enquête pour obtenir une ultime promotion et pour pouvoir quitter à la plus proche escale ce navire qui l'emporte vers les Indes où il n'a que faire.
   
   Pratiquement un huis clos, rétro et intelligent où personne ne semble pouvoir être suspecté, ou alors, tout le monde. C'est mené de main de maître du début à la fin. Outre le charme qu'exerce sur moi ce genre d'ambiance, j'ai tout autant apprécié une intrigue policière de qualité, maline, et qui garde toutes les pistes ouvertes. Même ma longue expérience et mon amour des whodonit ne m'ont pas permis de deviner le coupable avant la page 190 sur 320 (je l'ai noté), ce qui n'a en rien fait baisser mon intérêt tant j'avais envie de voir si la suite me donnait raison et de connaître le fin mot de l'histoire.
   
   Le ton est léger, et parfois même teinté d'humour présenté comme involontaire: "Sur ce paquebot, j'ai l'impression d'être un grain de riz tombé par inadvertance dans un bol de nouilles." se dit à un moment le Japonais. Ce qui agrémente encore la lecture.
   
   Un must pour les amateurs de ce genre de littérature. Notre Boris égalerait-il Agatha ?

critique par Sibylline




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