Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Une verrière sous le ciel de Lenka Hornakova-Civade

Lenka Hornakova-Civade
  Giboulées de soleil
  Une verrière sous le ciel

Lenka Hornakova-Civade est une écrivaine tchèque née en 1971.

Une verrière sous le ciel - Lenka Hornakova-Civade

Un roman lumineux
Note :

    Dès les premières pages de ce livre, tu as eu un véritable coup de foudre pour l’écriture à la fois poétique et romantique de l’auteure… Mais parfois les coups de foudre littéraires s’épuisent au fil de la lecture, ce qui n’a pas été le cas pour cette "Verrière sous le ciel" qui ne déçoit décidément pas.
   
   Dans ce récit, nous rencontrons très vite Ana, debout sur son quai de gare parisien. Ana vient de Tchécoslovaquie, et a tout juste 18 ans le jour même où elle doit rentrer chez elle. Elle était en France pour une colonie de vacances, mais n’a pas tellement profité de son séjour, toute tendue qu’elle était de pouvoir répondre à l’injonction parentale avant son départ… Ne reviens pas. Ana refuse donc de monter dans le train avec les autres. La délégation n’insiste pas, puisqu’elle est dorénavant majeure. Mais Ana est soudain saoule et perdue devant cette liberté toute neuve, et bien seule à Paris. Elle navigue au gré du hasard dans la capitale, puis se réfugie sur la tombe de Modigliani. Heureusement, elle est prise en charge par une mystérieuse femme, Grofka, qui va la cacher dans l’arrière salle d’un café. Petit à petit, Ana devenue mutique, va s’intéresser au monde qui l’entoure, s’ouvrir aux autres, tomber amoureuse… mais s’interroger aussi beaucoup sur ceux qu’étaient réellement ses parents et sur ce qu’ils lui ont transmis.
   
    Peut-on être libre quand on se cache, qu’on a le mal du Pays, qu’on aime et qu’on apprivoise à la fois son corps et une langue étrangère ? Ana découvre toutes ces questions dans l’arrière salle du café de Bernard et sous la lumière majestueuse de la verrière d’Albert, le peintre. Et toi lectrice, tu as aimé ce roman lumineux, à la prose nostalgique et belle. Lenka Hornakova-Civade signe ici un second roman très réussi, gros coup de cœur de lecture pour toi. Tu as hâte à présent de lire son premier roman, "Giboulées de soleil", qui a reçu le Prix Renaudot des lycéens en 2016.
    ↓

critique par Antigone




* * *



Peu convaincant
Note :

   "Contre un mur il y avait des étagères jusqu'au plafond, toutes garnies de livres, tous sens dessus dessous, on les aurait crus en grande discussion si ce n'est en pleine dispute. Ma mère en aurait été morte d'indignation et de colère. Elle aurait tout rangé, nettoyé, ordonné, clarifié. La vision de ma mère astiquant la pièce, avec torchon et serpillière, m'amusait. J'ai souri. En réalité, pas trace d'une main de femme ici. Pourtant tout respire, transpire la femme, ça exhale le suave et le sauvage, jusqu'à la moindre poussière. A cause de la lumière peut-être, la seule chose qui ne manque pas dans cet espace."
   

   Ana vient d'avoir 18 ans. Nous sommes en 1988 et elle est sur un quai de gare à Paris, sur le point de rentrer en Tchécoslovaquie. Elle a passé un mois en colonie de vacances, payée par le Parti. Sous le regard consterné de la délégation, elle décide de ne pas repartir.
   
   Grisée par son geste, elle erre un peu au hasard et finit par suivre une femme qui l'a repérée, l'énigmatique Grofka, qui l'emmène dans un café, tenu par Bernard, où elle sera hébergée quelque temps.
   
   Je vais commencer par évoquer ce qui m'a plu dans cette histoire, avant de passer aux réserves. Le café de Bernard abrite des personnages cabossés, un peu excentriques, qui mine de rien vont veiller sur Ana. Il y a Jacob et Yacoub, le Russe, Albert le peintre et son acolyte, Eugène. Ana va réaliser petit à petit que même en se retrouvant dans un pays dit libre, sa propre liberté ne va pas de soi et que c'est à elle de la conquérir.
   
   Elle observe, elle arpente la ville la nuit, elle ne dit rien mais elle engrange et sa vie va prendre un tournant lorsqu'elle commence à poser pour Albert. Grofka qui revient de loin en loin garde tout son mystère, le rôle qu'elle joue dans cette histoire restera opaque presque jusqu'au bout.
   
   Au fil du temps, l'impression qu'Ana garde de ses parents et de sa vie là-bas va se transformer, sa réflexion s'affiner, et son attitude s'éclaire lorsque l'on apprend ce qu'ils lui ont dit avant son départ.
   
   Alors, les réserves me direz-vous. Je n'ai pas réussi à entrer véritablement dans l'histoire. Je m'attendais à un récit réaliste, ce qui n'est pas le cas. Mon esprit pratique a renâclé devant le déroulement du périple d'Ana, assez invraisemblable et je ne me suis pas attachée à elle, pas plus qu'à Grofka. Heureusement que Bernard et ses clients sont venus adoucir l'atmosphère.
   
   C'est bien écrit, les réflexions sur l'exil, la liberté, l'art, sont intéressantes, mais j'avoue avoir trainé sur les derniers chapitres.

critique par Aifelle




* * *