Lecture / Ecriture
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Le 210e jour de Natsume Sôseki

Natsume Sôseki
  Petits contes de printemps
  Le 210e jour
  Je suis un chat
  Haïkus
  Les herbes du chemin
  Oreiller d’herbes
  Sanshirô
  Et puis
  Botchan

Sōseki Natsume (夏目 漱石) est un écrivain japonais né en 1867 et décédé en 1916.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Le 210e jour - Natsume Sôseki

Un bijou satirique venu du Japon
Note :

   Deux amis, Kei et Roku, bavards aussi impénitents que velléitaires, passent quelques jours de vacances au pied du Mont Aso, un volcan en activité qu'ils souhaitent escalader.
   
   Ce bref roman de Natsumé Sôseki est tout entier tissé de leurs conversations interminables, le soir à l'auberge, le jour sur la route. Leurs tempéraments en apparence radicalement opposés, leurs origines sociales très différentes - Kei est le fils d'un modeste marchand de tôfu, Roku est issu de la bourgeoisie aisée - leur inspirent des répliques inoubliables, tour à tour cocasses, revendicatrices, virulentes ou poétiques.
   
   A travers les dialogues décousus de ses deux héros, Sôseki dresse un portrait satirique de la société japonaise du début du XXème siècle, de ses clivages, de ses hésitations entre traditions et nouveautés importées d'occident. Un humour délicieusement absurde s'y mêle à cette attention aux détails, aux petits heurs et bonheurs de la vie quotidienne qui illumine l'oeuvre de Sôseki, fragiles étincelles de poésie surgies là où on ne les attendait pas. Un petit bijou tout en finesse!
   
   
   Extrait:
   "- Ensuite, il y a des tas de trucs bizarres. D'abord, j'ai été étonné de voir le cheval si calme. On avait beau lui limer et lui évider les sabots, il restait placide.
   - Ce n'est que de la corne. Les hommes aussi, quand ils se coupent les ongles, ils restent placides.
   - Les hommes peut-être, mais là c'était un cheval!
   - Homme ou cheval, c'est une histoire d'ongle. On peut dire que tu as du temps à perdre, toi.
   - C'est justement parce que j'ai du temps à perdre, que j'ai observé. Mais c'est si beau quand on bat le fer rouge dans la pénombre. Ça fait des étincelles en tous sens.
   - Hé oui, même en plein centre de Tôkyô, ça fait des étincelles.
   - Ça fait peut-être aussi des étincelles en plein centre de Tôkyô, mais c'est différent. D'abord, avec un maréchal-ferrant en pleine montagne comme ici, le son est différent. D'ailleurs, tu peux l'entendre d'ici." (pp. 9-10)

critique par Fée Carabine




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