Lecture / Ecriture
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Thomas l’obscur de Maurice Blanchot

Maurice Blanchot
  Après coup - Le ressassement éternel
  Thomas l’obscur

Maurice Blanchot est un homme de lettres français, né en 1907 et décédé en 2003.

Thomas l’obscur - Maurice Blanchot

Un livre étrange
Note :

   "Thomas l’obscur" est un livre étrange, énigmatique, déroutant, dont il est difficile de parler.
   
   Pour savoir quoi dire et quoi penser à propos de ce livre, il faudrait d’abord savoir qui est Thomas, le personnage principal, encore que le terme "personnage" ne soit pas forcément adéquat, car il pourrait aussi bien être une entité abstraite, un spectre, ou une idée. Au fur et à mesure de ma lecture, j’ai pensé successivement que Thomas était la Mort, un désespéré, un fou, Dieu, un ange ou un démon, le Néant, et à la fin je suis revenue à l’idée que c’était peut-être un humain, ou un fantôme. Pour décrire Thomas, Maurice Blanchot utilise en effet des phrases oxymoriques, des paradoxes, des absurdités : Thomas est à la fois mort et vivant, vide et plein, absent et présent, et les objets ou personnages avec lesquels il rentre en contact se retrouvent également vidés de leur substance, une jeune femme meurt d’avoir subi son étreinte, et c’est là tout le sujet de ce roman qui m’a paru surtout expérimental, mais en même temps très poétique, et de plus en plus beau au fur et à mesure qu’on se rapproche du dénouement.
   
    Roman très cérébral et quasiment abstrait, il s’agit d’une longue prose où les éléments naturels sont très présents (mer, terre, nuit) mais sous une forme là encore intellectuelle, analytique, et comme autant de reflets de Thomas, qui le prolongent, et rentrent en résonance avec lui, lui apportant à la fois une opposition, une résistance à sa volonté de mouvement, et un miroir de son angoisse.
    Je dois dire que l’accumulation de paradoxes et de phrases contradictoires, par son côté systématique, m’a un peu irritée par moments, mais j’ai néanmoins apprécié de rentrer dans un monde imaginaire tout à fait insolite, stimulant pour l’esprit, auquel on continue à penser plusieurs jours après l’avoir terminé.
   
   Thomas l’obscur est paru chez L’Imaginaire Gallimard, mais sa première publication date des années 1940.

critique par Etcetera




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